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Pauline Oliveros (1932-2016) › The Roots Of The Moment

  • 1988 • hat ART ART CD 6009 • 1 CD
  • 1988 • hat ART ART CD 6009 • 1 CD
  • 2006 • Hatology hatOLOGY 591 • 1 CD

cd • 6 titres • 58:19 min

  • 1Crossing The Sands5:52
  • 2Traces9:05
  • 3« Blow Winds » 11:65
  • 4Striations14:45
  • 5Slipping Away10:21
  • 6Grains6:21

extraits audio

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enregistrement

Enregistré le 10 novembre 1987 au studio Lussi, Allschwil, Suisse par Frantz Sutter. Produit par Werner X. Uehlinger.

line up

Pauline Oliveros (1932-2016) (accordéon en intonation juste), Peter Ward (dispositif électronique)

remarques

Notes de pochette de l’édition de 2006 (hatOLOGY) par Joe McPhee.

chronique

On a le droit de s’interroger, d’émettre des doutes sur le concept de Deep Listening inventé par Oliveros. De tiquer sur le signe de copyright (©) qui suit le mot, presque automatiquement, dans ce qu’à son propos elle imprime ou met en ligne. De se demander s’il n’y aurait pas comme un peu d’enfumage dans le mystère dont elle entoure cette "méthode d’écoute intérieure", aux modalités révélées seulement lors de stages/retraites tarifés… Il n’empêche : en actes, en musique, l’Américaine, souvent, réalise toutes les promesses de ce bref intitulé. Seule ou en groupes, hors cadre même parfois de ce supposé guide (on l’écoutera sur le Flower After Flower de Susie Ibarra, entre mille autres exemples…), de ses premiers essais d’électronique "pure" à ses œuvres les plus acoustiques, Oliveros saisit des souffles, rend tangibles des espaces, des dimensions. L’instrument, l’orchestre, le dispositif comme éléments conducteurs, capteurs, amplificateurs des vibrations émises par lieux, êtres, trajectoires.

La voici seule, ici, aux "racines du moment". Seule mais discrètement multiple. Un dispositif électronique met en boucle son instrument – l’accordéon, devenu sien depuis longtemps, moyen privilégié avec ses longues respirations pulsées – en étire, en déforme subtilement les timbres. Des ritournelles fantomatiques presque, esquissées, se fondent en nappes, s’étalent et se moirent, s’irisent. L’instrumentiste superpose les strates identiques puis, modifiant un infime paramètre, en change les enveloppes, crée un effet de battement – phénomène acoustique qui survient lorsque sont jouées simultanément deux fréquences extrêmement proche en chiffres, en longueurs – où s’instaurent une tension, des lignes de forces qui s’éploient en faisceau. C’est un écoulement, vraiment, qui est encore une fois rendu sensible. Une mécanique, aussi, roulements de masses, enflements de textures, émanations climatiques sur un bourdon de rhombe, qui jaillissent, poussent, bourgeonnent. Une continuité avec ses contrastes, ses ruptures locales, élévations et chutes de pression. C’est une traversée de paysages changeants : brusquement ou en douceur, imperceptiblement, par touches en variations minuscules. Mais pas leur description. Pas une narration. Une absorption plutôt, intime, en leurs surfaces, en leurs matières, teintes, nuances. Une écoute profonde, oui, comme elle dit – des réverbérations, des résonances qui sont sensations, bien plus immédiates que l’anecdote, que tout récit. L’émotion s’y apaise, n’a nul besoin d’y être dite, dépeinte. Encore une fois rien ne se raconte, ici. Tout est vécu, senti sans la médiation de la péripétie rapportée. Loin des hypnoses New Age à bon marché, à bon compte, ce sont des charges qui se délient, se libèrent, nous traversent et nous atteignent. Ce sont des lumières – températures, intensités – que l’instrument et les circuits transportent en d’autres nombres, d’autres secteurs du spectre (de 20 à 20000 hertz, forcément, eh semblables humains – au deçà, au delà, ce sont d’autres phénomènes, par nous autrement ou aucunement perceptibles).

L’écoute est silence. La racine s’y plante. Cette musique bruit, se défroisse, puise et croît. Son aura fraîche et vive, haleine chaude parfois, ailleurs brouillard qui s'étend, émane à son mouvement, nous enveloppe et pénètre.

note       Publiée le lundi 6 janvier 2014

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