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Solefald › Pills against the ageless ills

9 titres - 46:16 min

  • 1/ Hyperhuman
  • 2/ Pornographer Cain
  • 3/ Charge of total affect
  • 4/ Hate yourself
  • 5/ Fuck talks
  • 6/ The death of father
  • 7/ The USA don't exist
  • 8/ Anti-city strategy
  • 9/ Hierarch

enregistrement

H-10 studio, Oslo

line up

Cornelius (Vocals, Guitar & Bass), Lazare (Vocals, Synthesizers & Drums)

remarques

chronique

Styles
metal extrême
gothique
Styles personnels
gothic/black metal avant-gardiste

"Neonism" affirmait de manière très ostentatoire ce que "Linear scaffold" laissait supposer : Solefald a la ferme intention d'explorer et d'ouvrager jusqu'à outrance sa musique, pour la mener bien au delà du metal extrême, et de se réinventer à chaque offrande. "Scaffold" précieux et baroque, "Neonism" avant gardiste... "Pills against the ageless ills" enterrine cette pratique de la complexité et du mélange cohérent des genres; il revient aussi, tout en gardant sa singularité, sur les routes grandiloquentes et mystiques du premier recueil. Encore très largement traversé de violences et de fureurs black metal, le troisième Solefald revêt de fait à nouveau ce manteau rouge et gothique qui sublimait "Scaffold", et par lequel les norvégiens diffusent leur tendance d'orfèvres alchimistes, leur besoin de confronter un vocabulaire extrême de blasts et hurlements à celui d'un rock sophistiqué et hautement mélodique, riche en sonorités diverses et travail des voix à l'avenant. Malgré un regrettable penchant pour le "trop calculé", "Pills.." se présente comme une déferlante de riffs et de fureur, déformant, encadrant, transfigurant autant d'instants rock et heavy metal croulant sous les chants clairs en choeurs et canon, les claviers religieux, ici malheureusement moins inventifs que sur tout autre offrande du duo. Les soudaines déflagrations black metal et la variété rythmique permanente donnent à cet album l'allure souhaitée de folie musicale, s'affirmant maîtrisée donc peu émotionnelle, et la richesse/densité du travail des claviers, desservi à mon sens par un choix de sonorités un peu pauvre et parfois inadapté (orgue d'église mais synthétique, nappes efficaces mais sans épaisseur... c'est à peu près tout) font de ce "Pills...", comme tout album de Solefald, une création ambitieuse à saluer. Mais si l'album possède évidemment son lot de réussites, trouvailles et autres apothéoses, et met aussi en place le vocabulaire plus calme et ouvertement gothique du recueil à venir, il laisse un sentiment ambigu de dispersion et d'inachevé. Le duo n'a pas abandonné son extrémisme et les agressions hurlées et blastées côtoient un peu abruptement des rythmiques heavy un peu primaires, dans une juxtaposition souvent malheureuse. De même, les ouvertures mystiques portées par les claviers sombres et grandiloquents et les voix déclamantes sont un peu nauséeuses, et n'atteignent pas encore la beauté dérangeante de "In harmonia...". L'atmosphère de dérangement psychologique ouvertement recherchée par les arpèges obsédantes de l'orgue de Lazare n'est pas très convainquante, le groupe ne laissant pas le temps aux choses de s'installer, pour vous hypnotiser. Il est certes difficile de ne pas saluer "Hyperhuman" ou "hate yourself"; il est d'ailleurs difficile de ne pas saluer comme il se doit cet album tout entier. Mais voici un essai qui semble à la fois un peu frileux, comparé aux autres du duo, et prétentieux. Frileux comme il se contente finalement de faire joujou avec les genres déjà visités par le groupe, et cela à l'aide de structures sans réelles qualités, et prétentieux puisqu'il n'en demeure pas moins un disque extrêmement travaillé et complexe, mais qui laisse un peu de marbre. Il est à la fois religieux et baroque dans ses ambiances et labyrinthes, tout comme vaguement moderne dans le choix de certains sons à l'impact tristement anecdotique, à l'image de la production toute entière, techniquement irréprochable mais sans aucune brillance, ni vérité acoustique. Son équilibre un peu parfait entre violence et émotion, la plus grande sobriété sonore et la maîtrise croissante de l'interprétation ont pu faire de "Pills against the ageless ills..." le premier véritable accomplissement du duo aux oreilles de certains. J'y vois plus pour ma part le déclin d'une démarche, les limites d'une volonté : celle de confronter extrêmisme prononcé et orfèvrerie musicalo-émotionnelle. L'abandon quasi total de la fureur dans "In harmonia universali", et la qualité cohérente et retrouvée de ce dernier, me confortent dans cette hypothèse.

note       Publiée le vendredi 7 janvier 2005

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notes

Note moyenne        15 votes

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stickgrozeil › mercredi 28 décembre 2005 - 11:52  message privé !
Mon préféré, le moins expérimental de tous, celui qui se rapproche le plus d'une certaine forme de normalité. En plus, on a pas encore droit à l'infame saxophone (s'il y a bien un instrument que je ne supporte pas, c'est bien le sax!).
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Arno › samedi 8 janvier 2005 - 19:55  message privé !
Il faut dire que je n'ai pas de point de repère par rapport aux deux premiers albums, puisque je ne les possède pas... Par contre, je suis entièrement d'accord pour dire que l'intérêt de la musique de Solefald réside autre part que dans les émotions... Puisqu'ici, elle n'en dégage presque pas, ou du moins, pas dans la veine métallique (ie mélancolie, tristesse)... Il s'agit plus d'un "esprit rococo-baroque" Je suis aussi d'accord pour dire que le p'tit dernier est plus réussi...
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Sheer-khan › samedi 8 janvier 2005 - 19:41  message privé !
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@arno : oui, je vois ce que tu veux dire, c'est une des grandes marque de fabrique de Solefald, mais justement ce trouve ce contraste beaucoup fou et impressionnant sur "Linnear scaffold", et bien plus réussi en même temps.
Hallu › samedi 8 janvier 2005 - 16:29  message privé !
C'est vrai qu'il un peu trop facilement accessible (limite tubesque par endroit) mais j'aime beaucoup ce disque.
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Arno › samedi 8 janvier 2005 - 15:34  message privé !
Je trouve justement que ce qui fait la grandeur de ce disque, c'est l'alternance de folies haineuses (le début du disque est une véritable descentes aux enfers) et de passages plus pop...
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