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Rued Langgaard (1893-1952) › Symphonie n° 6 "Det himmelrivende"

  • 2001 - DACAPO, 8.224180 (1 cd)

cd | 15 titres | 56:57 min

  • Symphonie n° 6- BVN 165 "Det himmelrivende" (1919-20 rev. 1928-30) | 21:42
  • 1 Thème (Version I) [3:15]
  • 2 Thème (Version II) [1:47]
  • 3 Var. I (Introduction) [1:44]
  • 4 Var. II (Fugue) [2:18]
  • 5 Var. III (Toccata) [2:29]
  • 6 Var. IV (Sonate) [6:22]
  • 7 Var. V (Coda) [3:47]
  • Symphonie n° 7- BVN 188 (version de 1926):
  • 8 Maestoso fiero [2:35]
  • 9 Allegro moderato maestoso [6:45]
  • 10 Scherzando grazioso [3:04]
  • 11 Fastoso allegro [3:59]
  • Symphonie n° 8 pour ténor- choeur & orchestre- BVN 193 "Minder ved Amalienborg":
  • 12 Maestoso pomposo [4:32]
  • 13 "Minder ved Amalienborg": Molto vivace [3:59]
  • 14 "Minder ved Amalienborg": Molto elegiaco - Allegro maestoso serioso [4:14]
  • 15 "Minder ved Amalienborg": Finale. Moderato sostenuto - Allegro moderato festivo [6:01]

line up

Danish National Concert Choir; Danish National Symphony Orchestra; Thomas Dausgaard (direction)

remarques

L'intégrale de l'oeuvre symphonique de Langgaard par Dausgaard est à privilégier absolument. L'acoustique, ainsi que la virtuosité du chef et de son orchestre sont sans équivalent dans ce répertoire, par ailleurs peu visité.

chronique

Styles
musique classique
moderne
romantique
Styles personnels
symphonie classe

Cette symphonie est un point nodal dans l'oeuvre de Rued Langgaard. Sa construction, sa logique progressive rigoureuse, ce choix de l'articuler autour d'un seul et même thème mélodique en font une des pièces les plus cohérentes et solides de l'étonnant compositeur. C'est aussi une de ces oeuvres de l'entre deux guerres dans laquelle le danois n'hésite pas à puiser dans le langage "disharmonieux" moderne de son époque, avant d'opter définitivement, à partir de 1925, pour un romantisme passéiste et crépusculaire assumé, parfois exacerbé. Le thème sert de balise, mais il est aussi le matériau initial auquel on va donner toutes les parures, toutes les intensités, tous les rôles. De la lente et douce plainte du premier mouvement à l'explosion hautement sonore du coda final, ces quelques notes vont passer par tous les stades, de l'arrière plan à l'avant scène, des cordes funèbres et calmes aux cuivres incandescents, noirs et liquides, d'argument central à ornement lointain. Langgaard profite de cette borne mélodique récurrente pour faire évoluer son décor à mesure des mouvements, de la douceur calme et peinée des premières minutes, entièrement vouées aux cordes, jusqu'à ces conjugaisons dissonantes, agitées, multiples et véloces qui gagnent peu à peu la partition. Thème version 2, introduction, fugue, toccata, sonate, coda... de ce qui ne se semble être au départ qu'un exercice de style, Langgaard réussit à faire une fresque suggestive, un mouvement symphonique aux pouvoirs renforcés par une logique sans faille. Si c'est d'abord lors de ces lourdes et régulières expositions aux cuivres que l'on identifie le fameux thème, on découvrira peu à peu qu'il constitue aussi largement la matière première avec laquelle est tissé le reste de la partition, ce canevas sans cesse plus complexe et agité de violons, d'altos et de bois qui nous mène d'une déclamation à l'autre. La partition est ainsi un tapis continu d'anguilles mélodiques, vives et insaisissables, autant de petits événements à l'intensité sonore parfois minuscule et qui fabriquent tour à tour un climat de douleurs, d'incertitude, d'agitation, jusqu'à l'effroi des poussées orchestrales, menées par des cuivres plus impitoyables que jamais. Comme toujours chez Langgaard les dynamiques sont exacerbées, le vacarme côtoie le silence, l'attente précède la tempête et celle-ci ne dure jamais vraiment. La fugue montre un compositeur particulièrement à l'aise et savant dans l'art du contrepoint chromatique et les harmonies obliques de son époque, "toccata" est une danse virevoltante d'innombrables événements anguleux et fuyants... la sonate est un véritable petit drame symphonique, avec ses suspens, ses ombres et ses climax, ses courses, ses moments de silence où l'on s'attend au pire. Dans cette sixième étalon, pourtant, la pluralité propre au bouillonnant Langgaard évite la dispersion; la récurrence mélodique, suffisamment tempérée par le travail méticuleux des variations et des décalages rythmiques, ainsi qu'un effectif orchestral un peu plus restreint mais surtout à l'expression plus contenue que d'ordinaire, permettent au danois d'atteindre une globalité particulièrement cohérente, intégrant les contrastes et les multiples langages dans un mouvement progressif général et linéaire. A l'inverse de la majorité de ses autres symphonies, Langgard donne ici l'impression d'une convergence fondamentale, et ce n'est qu'à mesure des écoutes que l'on perçoit la véritable complexité, la richesse dense, la très haute technicité de sa pièce. "Det himmelrivende", "le Ciel déchirant", s'impose comme une oeuvre particulièrement plastique, mais que la force suggestive, propre à son auteur, rend aussi formidablement habitée.

note       Publiée le jeudi 2 janvier 2014

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