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Gong › Gong Est Mort... Vive Gong !

cd • 12 titres • 77:59 min

  • 1Can’t Kill Me7:59
  • 2I’ve Been Stoned Before/Mister Long Shanks/O Mother6:42
  • 3Radio Gnome Invisble2:58
  • 4Zero The Hero & The Witch’s Spell9:56
  • 5Flute Salade4:04
  • 6Oily Way3:20
  • 7Outer Temple2:58
  • 8Inner Temple (Zero Meets The Octave Doctor) 5:54
  • 9IAO Chant & Master Builder6:49
  • 10Spinkling Of Clouds4:17
  • 11From The Isle Of Every Where To The End Of The Story Of Zero The Hero12:18
  • 12You Never Blow Your Trip Forever10:27

extraits audio

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enregistrement

Enregistré en public par Andy Scott à l’hippodrome de Paris le 28 mai 1977. Mixé par Daevid Allen et Christian Gence au studio Izason, Paris.

line up

Daevid Allen (Bert Camembert) (glissendo guitar et chant), Tim Blake (Hi. T. Moonweed) (synthétiseurs, claviers), Mike Howlett (Mister T. Being) (souper bass), Didier Malherbe (Bloomdido Bad de Grass) (saxo selmer float), Pierre Moerlen (Le Père Chushion de Strasbouger) (batterie), Gilli Smyth (Shakti Yoni) (space whisper)

remarques

chronique

On se prendrait à rêver, à lire l’histoire du truc. Histoire du truc : le 28 mai 1977, le groupe Gong – déjà formellement scindé depuis près de deux ans, les branches Planète Gong et Pierre Moerlen’s Gong n’ayant pour le moment pas encore trouvé officiellement leurs noms distincts, toutefois – réunit sa clique à l’Hippodrome de Paris pour un concert fleuve où sera jouée d’un bout à l’autre la saga Zero the Hero (soient l’album Camembert Electrique et la trilogie Radio Gnome – Flying Teapot, Angel’s Egg et You – dans leur intégralité !). Un rêve, un peu disais-je – et drôle de songe quand on y songe. De fan, d’aficionado. Mais Gong est Gong, sur pieds pour la première ou pour la dernière fois. C’est à dire que le rêve est chez ceux-là une ruse à déjouer ou bien à embrasser mais alors joueusement. Et que ce serait bien le diable, avec ceux là, de tomber bêtement groupie énamourée, collée au moindre objet émané, jeté ou posé en passant – eux-mêmes et nous dans leurs parages, qu’aurions-nous diantre à foutre de telles génuflexions ? Et puis le groupe, certes, a toujours… Déliré ? Dérivé ? Peut-être bien mais toujours en saisissant les bons courants, alors – ceux qui le portaient vers le moment idoine, l’hallucination la plus propre à déloger toutes routine et tout ennui, toute conscience engluée, en chamboulant attentes et sensation. Cessons, donc, d’extrapoler par avance ; lançons déjà le disque. Bien entendu, tout n’y est pas : c’est un simple CD (double vinyle à l’origine), l’immense somme du cycle ne saurait s'y tenir. Comme de juste, les crédits brouillent les cartes : à l’écoute on jurerait parfois y entendre Steve Hillage, par exemple – mais seule l’étrange histoire qu’on lira en spirale au dos du disque l’évoque, la liste des joueurs l’éludant pour sa part ; et puis à l’écoute, on n’entend jamais plus d’une guitare à la fois ; et puis ci ou là, est-ce tout à fait sa vélocité, sa précision fluide et glissante, ou bien serait-ce Daevid encore qui file en toute décontraction ? Évidemment, on y reconnaît tout. Évidemment… Tout bouge. Ce Gong là est en transit – c’est depuis le début sa nature. Une partie de ceux-ci barrent déjà en plein jazz, et le groove s’en trouve changé, les rotules des rotations subtilement infléchies, déplacées en degrés. Le reste de la troupe – qu’on entendra jouer bientôt ailleurs en d’autres compagnies autrement attifées, les tignasses autrement taillées – file en plein champ vers l’Anarchie Flottante, continuant de saisir l’électrique au passage en inhalant et recrachant les brumes qui agitent l’occiput et les courants internes. Gong n’attend rien, ne pose nulle base. Gong va, comme toujours, et c’est l’instant qui est le projet. Gong sait que l’instant d’après ne sera pas le même projet. Gong, là, se fait plaisir. Alors certes, on pourra bien regretter que certaines plages se voient raccourcies, tronquées, shuntées – c’est à dire éludées – plutôt que rendues en leur entier telles que jouées ce jour-là. Et sans doute, on s’interrogera, au début, sur ce choix, pour d’autres, d’étirer, d’allonger. On s’attend à ce qu’ils triturent et comme de juste, ça ne rate pas – mais la blague est que sans lire, sans comparer les durées annoncées pour celles-là et les versions connues, on aurait bien du mal à déterminer lesquelles dans quel sens, déployées ou pliées. Le son, de fait, est ici plus brut – carrément direct même, voix et guitares pas enveloppées ou presque, parties essentielles forcément jouées telle quelles ou adaptées à cet espace où rien ne peut se doubler, se recommencer. Le jeu, lui, n’a peut-être jamais été aussi délié, versatile (mais toujours tenu pourtant) ; moins serré certes que sur les disques studio (les morceaux tirés de You et d’Angel’s Egg, en particulier, ne sont pas donnés ici avec la même exactitude foisonnante de lignes et courbes mêlées virtuoses, renversantes) ; aussi… Ouvert, après tout. La pulsation s’alanguit et s’emballe, parfois d’un seul mouvement, parvient à nous surprendre encore par sa souplesse, sa profondeur. Le titre même est moins baroud qu’éclat de rire ou haussement d’épaules – énorme et finesse. Gong n’est pas le Roi. Il est le franc-viveur. Plus que de méchants Molotov, ce sont d’autres cocktails qu’ils nous lancent : grenadine, curaçao, menthe épicée, autres sirops liés à l’acide, à la psilocybine. Allen et les autres savent que l’idée ne meurt pas tant qu’elle reste en mouvement. Le groupe nous accueille en familier, nous tend une poignée de feuilles et de bourgeons à l’apparence trompeusement connue. Ce ne sera pas cette fois la claque, le truc mâché et avalé. Le truc dont c’est l’histoire, là, que j’ai tenté de vous ébaucher. Le disque, quoi. Et qui n’est pas un témoignage – ces choses là ne se recueillent que dans les "affaires" et là c’est autre chose, il s’agit d’un moment. Tranquille, transporté, fugitif et saisissable. Ce n’est pas comme dirait l’autre "seulement un rêve que nous avons tous fait, une après midi d’il y a longtemps", ce n’est pas une morte trace. C’est encore tellement frais qu’on prend le temps qu’il faut – relâche – pour l’apprécier. Gong est mort... "Et quel pied c'était". Après ça c'est pas le tout. Vient toujours le moment où ce n’est pas le tout.

note       Publiée le lundi 30 décembre 2013

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Le Gnomonique › dimanche 15 février 2015 - 08:20  message privé !

C'est noté. Merci pour ta réponse.

Dioneo › samedi 14 février 2015 - 02:09  message privé !
avatar

Cimer pour la chro - et salut, bienvenu - GongHeadPixie... Perso, comme autre live officiel, je ne connais que le Floating Anarchy 1977 de Planet Gong, qui est déjà un tout autre groupe - Daevid et Gilli avec principalement les gens de Here and Now - et qui est bien bon dans un genre bien moins subtil qu'ici mais qui compense en pure énergie... Je crois aussi que pour ce disque - probable que ça puisse le faire pour d'autres de la même période - on est facilement "gêné" par l'impression persistante qu'ont laissée les versions des albums, souvent fantastiques ; et aussi - en tout cas pour ma part - un côté "argh, j'aurais aimer y être pour voir leur dégaine quand ils balançaient ça".

Le Gnomonique › vendredi 13 février 2015 - 20:00  message privé !

Belle chronique qui rejoint mes impressions alors que je redécouvre seulement Gong coté scène ; à la fois indispensable et inexplicablement frustrant. Que valent les autres live officiels, en particulier Le Live Etc ?

Kronh › lundi 30 décembre 2013 - 21:20  message privé !

La reprise de Master Builder de Gong sur You (ici IAO chant & Master Builder) par les Acid Mothers Temple est à la base est sur "OM Riff From the Cosmic Inferno" qui est le seul morceau de "Iao Chant From the Cosmic Inferno" puis reprise de reprise sur "IAO Chant From the Melting Paraiso Underground Freak Out" en tant que "OM Riff From The Melting Paraiso U.F.O."...

zugal21 › lundi 30 décembre 2013 - 21:15  message privé !

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