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Neil Young › Le Noise

cd | 8 titres | 37:59 min

  • 1 Walk With Me [4:26]
  • 2 Sign Of Love [3:57]
  • 3 Someone’s Gonna Rescue You [3:28]
  • 4 Love And War [5:36]
  • 5 Angry World [4:13]
  • 6 Hitchhiker [5:31]
  • 7 Peaceful Valley Boulevard [7:09]
  • 8 Rumblin [3:36]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Mark Howard. Produit par Daniel Lanois. Machiniste visuel : Adam CK Vollick.

line up

Neil Young (guitare, voix)

chronique

Neil Young a passé l’âge. D’y mettre les formes – autres que celles essentielles, habitées, qui dénudent l’écoute au ras de la chair, du muscle, des os qui en dessous font les reliefs et le port. Des mystères mineurs, aussi, d’être une légende, un peu – futilité qu’on réservera aux morts. De la vieille idée qu’il faudrait faire une espèce de neuf qui aguicherait des foules en instance de péremption. D’être un survivant, tiens, qui ferait pour la galerie son numéro de j’y-étais. A la place, Neil les raconte, ces époques révolues. Les épisodes, la vie d’alors et les flambées ; les cendres, aux ères en successions, les ulcères et les abcès quand après que l’une fut crevée, elle s’enclavait dans la suivante en éclat, en débris, en idée morte ou dernière écharde de conscience fichée dans l’abandon mauvais. Neil Young joue comme avant. Seul, cette fois. Avec ce son, encore, souvent : électrique, magma salissant, éclairs qui fêlent l'espace immense. Une seule guitare, un seul micro, planté debout dans une maison étrange, porche en colonnes et machine à lumière. Neil Young écrit comme toujours. Pas le temps, non-plus, de ressasser, de refaire, de falsifier des jours dorés. Des temps hippies, il ramène surtout cette certitude que le monde est vaste à l’échelle du marcheur, du nageur, du coureur. Qu’il faut partir quand tout pourrit. Qu’on ne saura jamais rien de l’Amour et de la Guerre, mais qu’il faut continuer d’entonner. Toujours ce verbe simple, ce timbre haut filé qui agace tant ceux qui tout de suite n’y entendent pas la voix amie qui ne cherche pas à les séduire. Toujours ces riffs en gros morceaux bruts, matière vitale lancée, grondée, criée ; souffrante et désirante de s’incarner en geste haché et sûr, violence faite aux paralysies. Ailleurs, aussi, la guitare s’apaise – mais ça n’est pas Harvest, ou Unplugged, ou tout autre fantôme d’un glorieux objet d’antan ; et si c’est folk, même, c’est que qu’on ne chante l’univers que depuis le creux du ventre, tout décorum jeté à terre. L’espace de ce disque – creusé, édifié avec trois fois rien : quelques effets, reverbs limpides, échos passants, à peine quelques boucles semées là sans doute par Daniel Lanois, ici producteur – est inouï, fantastique, immédiatement happant ; lignes de feu liquides dans la nuit sans limites, l’air froid qui saisit cœur et poumons et vient frapper la tête, purger tout ce qu’il traverse. Cette musique – oui – vous saute à la gueule et vous saisit au ventre. Neil Young a soixante-cinq ans, alors, et rien à foutre de s’en remettre. On ne s’en remet jamais, d’ailleurs, vu qu'on a plus à faire. C'est à dire : rien d’autre que de bouger, encore, jusqu’à la fin. On n'écrit pas le mot Fin au bout de ce fracas magnifique.

note       Publiée le samedi 14 décembre 2013

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E. Jumbo › mercredi 18 décembre 2013 - 01:04  message privé !

A noter également la sortie toute récente de "Live at the Cellar Door", un live acoustique enregistré en 1970 avec notamment une version au piano de "Cinnamon Girl".

Note donnée au disque :       
boumbastik › mardi 17 décembre 2013 - 23:40  message privé !

pochette classe, chro classe, musique classe

Note donnée au disque :       
Warsaw › lundi 16 décembre 2013 - 09:40  message privé !

Dans l'esprit "lonely", Le Noïse est sans doute l'album qui donne le plus de grandeur à ce titre

Dioneo › samedi 14 décembre 2013 - 00:59  message privé !
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Oh, ça me connait, la concision (hum...).

(Et je viens de découvrir l'existence du film, t'avouerais-je, pour ma part).

(N°6) › samedi 14 décembre 2013 - 00:56  message privé !
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Et la belle concision de la chro est raccord avec ce que j'imagine de l'album. Rien que le titre déjà, pas un phonème de trop. Le film sera parfait pour une fin de soirée.