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Heimann Rudolf › Into the Unknown

cd | 10 titres | 69:23 min

  • 1 Voyages to Vinland [ 6:30]
  • 2 Moonshadow [ 10:47]
  • 3 Mount Roraima [ 7:25]
  • 4 Stanley Meets Livingstone [ 8:11]
  • 5 Terra Incognita [ 6:56]
  • 6 Bathyscaph Trieste [ 6:11]
  • 7 Nie Zurueck [ 5:20]
  • 8 Three Ships on the Horizon [ 10:30]
  • 9 Point of no Return [ 4:17]
  • 10 Blues for Robert Falcon Scott [ 3:16]

line up

Rudolf Heimann (Claviers, synthés, percussions électroniques, guitare électronique, vocodeur, échantillonnages et FX)

Musiciens additionnels : Manu Katche et PeterErskine (Boucles de percussions acoustiques) Constantin Paroth (Trombone)

remarques

On peut lire des informations supplémentaires, comme une autre chro, et entendre des extraits sonores de cet album sur le lien suivant de SynGate: http://www.syngate.biz/epages/15513652.sf/de_DE/?ViewObjectID=37459821

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
new berlin school mélodique

C'est avec des séquences résonnantes qui pulsent avec une accrochante arythmie rythmique que "Voyages to Vinland" nous introduit à la dernière expédition sonique de Rudolf Heimann. Le synthésiste Allemand brise un autre silence, celui n'est que de 3 ans par contre, en offrant un album de MÉ où le synth-pop s'accroche à des rythmes Teutoniques. Le mouvement des séquences sur "Voyages to Vinland" embrasse une approche minimaliste, comme tous les rythmes sur “Into the Unknown”, que des percussions électroniques harponnent avec délicatesse. Si on me demande d'établir un point de comparaison pour le style de “Into the Unknown”, j'irais avec les approches mélodieuses, de même que les rythmes délicats, de Johannes Schmoelling. C'est exactement ce qui accroche notre oreille, avec la mélodie forgée dans des souffles de synthé aux couleurs des flûtes de Pan, sur "Voyages to Vinland". Des bourdonnements d'une centrale en état d'urgence démarrent le rythme lent, quasiment ambiant, du superbe "Moonshadow". Le rythme se développe lentement. Il sautille délicatement sous des brumes irisées, des nappes éthérées et des vents cosmiques pour finalement emprunter un délicieux pattern de galop intersidéral. Le synthé souffle de suaves solos qui roucoulent dans des brumes emplies de voix chtoniennes. Et le rythme s'acoquine à de sobres percussions électroniques, moulant un superbe pattern qui me fait penser à un cavalier solitaire qui galope d'un trot paisible en sifflotant des airs mélancoliques sur les dunes cosmiques. C'est du très bon New Berlin School. Ce qui avait tant séduit avec Tide est de retour sur ce dernier effort de Rudolf Heimann. “Into the Unknown” est un album très versatile où les rythmes prennent toutes les formes sans jamais altérer une approche mélodieuse qui reflète assez bien mon point de comparaison avec Johannes Schmoelling. Ces chants très flûtés de "Moonshadow" sont le cœur des harmonies de “Into the Unknown”. Ils enjolivent le rythme de free rock que l'on retrouve sur "Mount Roraima" et de sa structure tribale progressive qui tranquillement dévie vers un rythme plus articulé, plus échevelé. Le rythme sautillant de "Stanley Meets Livingstone" s'abreuve des légers trots qui sautillent sous formes de riffs séquencés et qui magnétisaient dans "Voyages to Vinland". Le rythme est ambiant, clopinant avec de sobres percussions sous d'étranges échantillonnages musicaux et de douces strates d'un synthé très tendre. "Terra Incognita" offre un genre un peu funky/cosmique où le synthé tisse de suaves harmonies flûtées sur un rythme éparpillé entre ses percussions, ses séquences aux tonalités de xylophones et ses subtils souffles de trombone, joué par Constantin Paroth. C'est un titre où les rythmes sont aussi enjoués que les mélodies et qui rappelle indéniablement les structures de Johannes Schmoelling. "Bathyscaph Trieste" est le genre de titre où l'on accroche aisément. Est-ce la ressemblance avec Tangerine Dream? Parce que le lit de séquences qui fait sautiller ses ions d'une délicate arythmie rythmique est aussi accrocheur que le jeu des séquences de Franke. On tape du pied et on hoche de la tête. Et il y a aussi cette mélodie qui fait siffloter inlassablement ses lassos dans un dense nuage de brume mystique. C'est très accrocheur. Si on aime, "Nie Zurueck" qui est un peu plus enjoué, plus éthéré avec ces voix errantes qui accompagnent les discrets accords d'une guitare électronique, est un peu dans la même veine. Voletant d'un style à un autre, Rudolf Heimann nous entraîne dans un hypnotique New Berlin School avec "Three Ships on the Horizon" et sa ligne de rythme statique qui frétille fébrilement avec des ions sauteurs palpitant comme des pépiements cardiaques sous une avalanche de solos de synthé aux chants torsadés. Le rythme s'enfonce dans nos oreilles avec de solides percussions et une bonne ligne de pulsations basses qui alourdissent des ions sautillant comme une chevauchée galopante et dont la vélocité est ralentit brièvement par un passage plus ambiocosmique alors que les synthés tissent des harmonies et ambiances qui en engourdissent un brin la lourdeur. Il y a beaucoup d'ambiances et de tristesse autour de "Point of no Return", un titre ambiant où les synthés écornent les brises avec des souffles de trompettes qui flottent sur de funèbres notes d'un piano pensif. Moins triste mais plus déchirant, "Blues for Robert Falcon Scott" est un bon blues cosmique où une guitare très acidée déchire les ambiances sur un rythme lourd bien martelé avec de bonnes percussions. Les synthés et claviers me font penser à du Pink Floyd des années post Roger Waters. Faut-il passer par Tide afin d'apprécier “Into the Unknown”? Ça peut aider à comprendre la très grande diversité de Rudolf Heimann qui cette fois-ci offre des structures plus accessibles. Mais ce sont peut-être mes oreilles qui se sont habituées à tant de musique au fil des ans. Mais elles sont assez fiables pour vous garantir que vous allez passer de très bons moments avec “Into The Unknown”; une des belles surprises au rayon de MÉ rythmée et mélodieuse en 2013.

note       Publiée le vendredi 13 décembre 2013

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