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The Beta Band › Hot Shots II

  • 2001 • Regal REG59CD • 1 CD

cd • 10 titres • 45:57 min

  • 1Squares03:46
  • 2Al Sharpe03:34
  • 3Human Being04:31
  • 4Gone03:41
  • 5Dragon04:56
  • 6Broke04:40
  • 7Quiet04:49
  • 8Alleged05:30
  • 9Life03:50
  • 10Eclipse06:34

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Luke Gifford. Produit par Emmanuel aka C-Swing et The Beta Band

line up

Steve Mason, Robin Jones, Richard Grentree, John Maclean

remarques

chronique

Styles
rock
pop
psychédélique
electro
Styles personnels
pop psychée spatiale & mélancolique

Le chaos n'est pas une science exacte. La composition de chansons pop qui se tiennent, si. Le quatuor écossais du Beta Band a déjà largement expérimenté le chaos, sans auto-satisfaction particulière, il est temps pour eux de concentrer leur énergie dans l'écriture de morceaux qui prennent forme un peu plus précisément. Sans renoncer à leur goût du psyché protéiforme. Ce Hot Shots II, deuxième album de la formation, sera le bon, celui qui atteint à la grande mélancolie rêveuse et à la concentration de la folie de ces multi-instrumentistes dans des chansons certe toujours barrées, surprenantes, hybrides, mais surtout ciselées avec grand soin. Avec des refrains à reprendre en coeur, des mélodies qui s'impriment en tête et s'y logent douillettement. Du son qui vient de l'espace, qui dérive lentement en suspension de particules, qui scintille comme une aurore boréale, porté par la voix chaleureusement monocorde de Steve Mason. Un drôle de chanteur tristos et familier ce Mason, on dirait un peu un vieux copain qui viendrait vous sussurer des histoires à l'oreille pour vous bercer avant que les rêves ne prennent la relève. Toujours ces rythmiques diablement hypnotisantes, toujours ces moments où la mélodie se dilate dans l'espace sous le coup de la fatigue ou de l'absorption de pilules fluorescentes, toujours ces effets sonores hallucinogènes qui rendent les nuits moins tragiques et plus magiques. Des morceaux où les codas rallongées comme des queues de comètes prennent en charge le côté dérive psyché-stellaire qui a toujours fait la singularité du groupe, notemment sur "Dragon", d'abord pulsé au carré par des beats puissants puis lâchant prise dans le cosmos en ambient vertigineux et fantomatique. Ils en font clairement moins les petits gars du Beta Band, mais ils le font mieux que jamais. Juste quelques samples parcimonieux comme celui du Gunter Kallman's Choir utilisé sur le génial "Squares", ouverture avec staccato (au point que l'instrumental semble buggé) avant le déploiement de la mélodie en apesanteur (qui inspirera dans nos contrées une pub pour les produits laitiers, ce qui avait semble-t-il laissé les quatre écossais aussi amusés que perplexes); une citation de Carole King sur l'envoutant "Human Being" caressé de mélodica et secoué par un roulis débordant d'ampleur psyché à la fin du morceau. Des boucles un peu hip-hop qui soulèvent un groove inattendu et traversé d'éclairs électroniques sur "Broke". L'intro cosmique et presque inquiétante de "Quiet" qui décolle telle une navette pour fendre des cieux sur fond de polyphonies vers un refrain solaire digne du Summer of Love. Un sublime et cryptique "Alleged" scindé en deux parties distinctes aussi prenantes l'une que l'autre, au sens où elles vous prennent par la main et vous entrainent en des mélopées psychotropes et fraternelles. Car il y a ça aussi chez le Beta Band, des paroles introspectives, gentiment philosophiques comme ce "Life" où Mason répète incessamment "It's me for life", ou le plus direct et amusant "Eclipse", telle une discussion métaphysique un peu absurde sur le sens de la vie sur le mode questions/réponses, avec pizzas et bières au menu, déconneur et grave comme une longue fin de soirée entre potes. The Beta Band s'amuse à refaire le monde, en gravitant tout autour avec une mélancolie pudique, au son d'une pop étoilée et mystérieuse, expérimentale et jamais complaisante.

note       Publiée le jeudi 12 décembre 2013

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dariev stands › vendredi 13 décembre 2013 - 13:22  message privé !
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Wallace Collection ! le pire c'est que je connais! J'étais persuadé que leur "Daydream" était une reprise, vu que ça allait presque tjrs dans ce sens à cette époque post-yéyé... Et donc c'est eux l'original ! Ok, j'me coucherai moins bête, merci. Cela dit je préfère la version Gunter, moins portée sur la coda messianique, dans laquelle Isaac Hayes s'est effectivement servi allègrement (même si à la base cette ligne ressemble assez à Ain't no mountain high enough). Comme quoi on a pas attendu l'époque du sample pour faire dans le pillage ;-) Le Beta Band fait d'autant moins dans la facilité que leur morceau est bien plus créatif et piégé que les titres de Portishead et Tricky samplant Hayes, à mon avis.

(N°6) › vendredi 13 décembre 2013 - 00:16  message privé !
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C'est bien la chanson du groupe belge Wallace Collection ré-interprétée par le Gunter Kallman Choir qui est samplée dans "Squares" et non Isaac Hayes, mais faut dire que "Ike's Rap II", sorti deux ans plus tard, semble s'en être très fortement "inspiré", d'où la ressemblance. Mais on ne pourra pas taxer le Beta Band de facilité.;) C'est les mêmes zozos qui samplaient une carte postale musicale sur l'album précédent...

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › jeudi 12 décembre 2013 - 22:54  message privé !
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Ouh, faut que j'essaie, moi qui adore I,Monster qui recycle aussi ce 'daydream'...

dariev stands › jeudi 12 décembre 2013 - 22:45  message privé !
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"Daydream, I fell alseep amidst the floweeeeers..." Ou comment faire un putain de tube groovy-mélanco-planant à la Beck avec un sample recyclé, usité, galvaudé un milliard de fois : Ike's Rap II de Isaac Hayes (samplé par Tricky, Portishead, etc etc sur des singles). Et par dessus ça, tout le titre sample et reprend quasiment la structure de ce "daydream" de Gunter Kallman Choir, lui-meme inspiré du Lac des Cygnes. Beta Band, groupe le plus écolo du monde ? La vraie gageure c'est que tout ça ne sonne pas réchauffé mais au contraire supafresh.