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Trash Palace › Positions

cd | 12 titres | 50:05 min

  • 1 Sex On the Beach [02:10]
  • 2 Bad Girl (feat. Lian) [04:00]
  • 3 The Metric System (feat. Brian Molko) [03:30]
  • 4 Your Sweet Love (feat. Alison Shaw) [05:04]
  • 5 Venus In Furs (feat. Cozette) [reprise du Velvet Underground] [03:31]
  • 6 Maculée Conception (feat. Jean-Louis Murat & Harriet Roberts) [03:58]
  • 7 The Insult (feat. John Cale) [05:37]
  • 8 Animal Magic [04:07]
  • 9 Mary (feat. Luna James) [04:11]
  • 10 Insatiable (feat. Lian) [03:44]
  • 11 Je t'aime Moi non plus (feat. Brian Molko & Asia Argento) [reprise de Gainsbourg] [04:21]
  • 12 X Dummy [02:20]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Dimitri Tikovoï.

line up

Dimitri Tikovoï (production)

Musiciens additionnels : John Cale (spoken word 7), Jean-louis Murat (chant 6), Alison Shaw (chant 4), Brian Molko (chant 3, 11), Lian (chant 2, 10) Luna James (chant 9), Asia Argento (chant 11), Dave Loughlin (guitare 5), Alice Wolf (alto 5)

chronique

Styles
electro
electroclash
trip hop
Styles personnels
electroclash demi-molle

Des promesses, toujours des promesses. Album concept axé cul, bourré jusqu'à la gueule de featurings et qui faisait la hype en son temps, très finement nommé Positions par un producteur frenchy au pseudonyme éloquent de Trash Palace. Tu la sens bien venir ma grosse déception ? Ah ça, pour de la note d'intention annonçant moultes orgasmes dans des salons érotiques et gorgés de luxure sophistiquée, le livret fait son office, dans un style bien emphatique. Alors on y croit et on pénètre (champ lexical, tu saisis ?) dans le sois-disant Palace de la baise, à moitié confiant et un chouia excité quand même. Sauf que voilà, les boites à partouze, c'est nul. C'est plein de vieux dégueulasses, de vieilles dégoutantes, voire de vieilles tantes tout court. Déjà que le prix d'entrée est rédhibitoire (détacher les syllabes, champ lexical)... Vous vous attendez à des scènes d'orgies mythologique à la Eyes Wide Shut, avec salopes sculpturales masquées et druides lubriques, ou au moins à une bonne vieille partie fine avec bourgeoises vicieuses vintage Marc Dorcel, un peu vieille France mais chic quand même. Et vous vous retrouvez dans l'équivalent du Macumba d'Angoulème décoré avec des bites géantes, où le magasinier du Carrefour le plus proche lorgne sur les miches de la boulangère entourée d'une poignée de VRP morts de faim, alors qu'elle gigote grotesquement sur du zouk, voire du Patrick Sébastien. Voire sur Patrick Sébastien lui-même. La débandade. Un peu comme ce machin justement retombé dans les abysses de l'oubli collectif, petite gloriole branchouille pour deux minutes que seuls des pervers pathologiques iront explorer aujourd'hui parce qu'ils n'ont que ça à foutre (champ lexical, faut suivre). Faut reconnaître que Tikovoï, puisque c'est le nom du taulier de ce triste club, sait bricoler quelques bonne lignes de basses et sortir des instrumentaux très electroclash, du versant le plus putassier de la chose, on pourra donc ressortir un "Animal Magic" ou un "X Dummy" et les coller sans honte aucune dans une playlist pour fiesta électro-pute-à-frange, c'est efficace, ça rentre dedans (champ lexical, c'est du boulot), c'est vraiment pas dégueux. Après, et comme souvent dans ce genre d'établissement, les hôtesses sont beaucoup plus ragoûtantes que les clients : voici donc Lian la diva du dancefloor qui fait son numéro groovy-soulful-électro-pop-late-90's parfaitement écoutable pour peu qu'on soit déjà bien bourré (pas champ lexical : il s'agit ici d'alcoolémie et non d'autre chose, vous êtes priés de suivre); voilà Luna la chaudasse technoïde qui racole plus faussement que Jennifer Jason Leight au téléphone dans Short Cuts d'Altman, elle simule à fond mais c'est mieux que rien. Parce que du côté des clients c'est quand même un peu la misère, avec ce relou de Brian Molko qui se donne en spectacle sur un single très vilain avant d'aller faire des déguelasseries dans les petits salons avec Asia Argento, caution officielle "trash et déjantée" et actrice sympatoche de nanards auteurisants, pour faire sa fête au cadavre de Gainsbourg qui n'avait rien demandé. Même si encore une fois, l'instru de DJ Dimitri est objectivement bien troussée (champ lexical désuet), il eut fallu que ses deux-là ferment leur gueule. Peut-être pouvait-on leur coller quelque chose dans la bouche pour éviter cet affront oral. Tiens, en parlant de débâcle, que venait foutre (bis) ce pauvre Murat dans cette galère ? Accouplé à une hasbe… chanteuse du nom d'Harriet Robert, il débite (en deux syllabes, jeux de mots) des conneries écrites à la va-vite probablement entre deux sessions arrosées de Golden Couillas. Le pauvre fait un peu peine à voir sorti de sa belle Auvergne. Quitte à cachetonner, écrire des chansons pour Isabelle Boulay est plus digne. Un peu plus loin, dans un coin sombre, quelle surprise de tomber sur ce vieux tordu de John Cale qui, à défaut de trombiner qui que se soit, raconte une histoire érotique qui casse pas des briques mais dont l'instru trip-hopesque colle parfaitement à l'ambiance moite, nocturne et vaguement inquiétante du récit. C'est pas "The Gift", mais compte tenu du niveau de la soirée, c'est plutôt un bon moment à passer à la table du bonhomme. Et comme par hasard, une mignonnette lui fait un clin d'oeil en reprenant "Venus in Furs", alto qui grince compris. Pas transcendant mais assez voluptueux et séduisant pour faire oublier les lourdingues évoqués plus tôt. Et pour accéder enfin à quelque chose se rapprochant de la luxure annoncée, faut convoquer une star, comme on invite quelques actrices porno pour assurer un minimum syndical de bandaison à la clientèle : sur un écrin trip-hop scintillant et suave c'est la douce Alison Shaw des Cranes qui assure de sa petite voix irrésistible la montée au septième ciel promise. Comme souvent, c'est celle qui en fait le moins qui a le plus de charme, c'est elle qui rafle la mise d'un sourire lointain et qui fait que la soirée n'était pas une perte de temps totale. Voilà. Le Trash Palace a bien vite fermé, Tikovoï a ensuite produit à la chaine, et la hype du moment n'est même plus un souvenir. On rira bien dans dix ans quand on ressortira l'album des Orties de la poubelle.

note       Publiée le jeudi 5 décembre 2013

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