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Gerhard Schjelderup (1859-1933) › Brand, drame symphonique

  • 2009 • CPO CPO 777 348-2 • 1 CD

cd • 9 titres • 73:11 min

  • Brand drame symphonique (1909) | 33:38
  • 1Marche à travers le brouillard et la tempête7:12
  • 2Agnès4:05
  • 3Les exhortations de Brand3:59
  • 4L'amour dans la souffrance et le désir3:15
  • 5Tout ou rien!2:09
  • 6Celui qui a vu Jéhovah doit périr!4:04
  • 7Seul2:11
  • 8Mon dieu est la tempête!4:16
  • 9Mort d'un héros2:27
  • Symphonie N°2 "à la norvège" (1924) | 39:14

enregistrement

Enregistré à Trondheim du 20 au 25 aout 2007. Producteur exécutif : Burkhard Schmilgun.

line up

Trondheim Symphony Orchestra; Eivind Aadland (direction)

remarques

chronique

Styles
musique classique
romantique
Styles personnels
symphonique

Décidément, Henrik Ibsen aura été une source inépuisable d'inspiration pour ses compatriotes compositeurs. Après Grieg et avant Saeverud, c'est au tour de Gerhard Schjelderup (qui ça?) d'y puiser la matière de ce poème symphonique de plus d'une demi-heure, partition puissante et dévastatrice où dominent la noirceur et la violence. Expatrié durant plus de quarante années, Schjelderup n'en demeurera pas moins un compositeur typiquement scandinave, amoureux de sa Norvège natale (il lui dédiera sa deuxième symphonie que l'on retrouve ici en seconde partie de programme), qui saura mêler avec flamboyance les influences conjointes de Grieg et de la dramaturgie wagnerienne. Il en résulte des partitions à la fois sauvages, hautement picturales et suggestives, et particulièrement sonores. Brand, c'est cet homme investi d'une mission de vérité divine, qui devra affronter les montagnes, les tempêtes et la glace, la tentation de l'amour avant de succomber à la mort, seule rédemption possible. C'est le récit d'une marche essentiellement solitaire au milieu des éléments naturels les plus hostiles, et que le réconfort d'une rencontre angevine (Agnès) condamne in fine à la mort. À l'instar de la déclamation d'ouverture, cordes noires et tendues, bourrasques de cuivres, les thèmes mélodiques qui parcourent ce drame symphonique sont particulièrement marquants, tour à tour d'une puissance écrasante et d'une finesse lacrymogène proprement irrésistible. Le compositeur manie la richesse de l'orchestre avec une fascinante virtuosité, les déploiements harmoniques complexes s'allient aux rencontres acoustiques les plus généreuses, pour une demi-heure dramatique et absolument superbe durant laquelle défilent scènes de ténèbres et moments de douleurs, dans une extraordinaire dynamique de tensions et de faux relâchements, ces derniers n'étant jamais autre chose que de dérisoires répits, tapissés d'angoisses, porteurs de fatalité. "L'amour dans la souffrance et le désir", où le diaphane se voit soudain explosé par la force des cordes et des cuivres noirs ; "Tout ou rien", où les clarinettes serpentent lentement, inquiétantes, présages irréfutables que des traits de violons viennent attrister ; "Seul", dans la désolation sombre des cordes et des hautbois... jusqu'à la "mort du héros" qui réveille à nouveau l'irrésistible violence du dantesque premier mouvement, dans un déferlement de tempête sonore et harmonique où se conjuguent les pupitres les plus puissants de l'orchestre pour un coup de grâce d'à peine deux petites minutes, qui nous laissent exsangue. Schjelderup use des montagnes russes, des crescendos sonores les plus contrastés et des redescentes vertigineuses, des à coups brutaux tout autant que des oasis de quasi silence que viennent déranger les ondulations mélodiques les plus subtiles, et obscures. Des à pics gigantesques qui se dressent dans la tourmente glaciale, des nuages noirs de cendres qui se déchirent et laissent à voir l'atroce et aveuglante lumière des éclairs du destin. Ça gronde au fin fond du silence, ça jaillit au milieu de culminances de cordes et de cuivres que l'on pensait déjà insurpassables ; cris de violons, rages des cuivres, vices de flûtes diaboliques... Éprouvant, oui, et superbe encore une fois ; car le Norvégien se montre diablement inspiré, de la première à la dernière minute de ce flamboyant voyage, et maître de ses effets. La noirceur de ses orages, la violence de ses hurlements, la tension et l'inquiétude qui parcourent les instants les plus retenus malgré la beauté profonde et émouvante de ses mélodies, tout cela s'allie, se mêle et se succède pour faire de "Brand" une partition proche du chef-d'œuvre, sombre au possible, et formidablement visuelle. Vous allez être malmené pour votre plus grand plaisir, emporté au sommet des plus hautes montagnes avant d'y être jeté dans l'œil du cyclone; vous allez assister à la rencontre de Brand et d'Agnès dont l'incoercible attraction, dans ce qu'elle a d'atrocement funeste, vous plongera dans la plus étrange, fascinante et merveilleuse des émotions. Brand doit porter le message de Dieu... et mon Dieu est la tempête. Très, très belle pièce... tout au bord du 6.

note       Publiée le samedi 23 novembre 2013

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