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Pyramid Peak › Anatomy

cd • 5 titres • 70:10 min

  • 1Anatomy 13:35
  • 2Iceland 14:23
  • 3Injection 13:38
  • 4Dark Energy 15:53
  • 5The Voyage 12:38

line up

Andreas Morsch et Axel Stupplich (Synthé, logiciels de synthétiseur et programmation) Uwe Denzer (Logiciels de synthétiseur et percussions électroniques)

remarques

On peut trouver des informations sur cet album, et sur P Peak, sur le sire web (en Allemand) du groupe: http://www.pyramid-peak.de/

chronique

Un maillage de cymbales fait tinter des élytres de métal dans un gothique Oyé, Oyé, introduisant les sombres ondes de synthé qui se tordent et flottent dans une intro cacophonique. Un délicat rythme chevrotant pulse maladroitement derrière les poussières de ce tintamarre où se greffent des voix lugubres qui fredonnent dans les airs égarées de synthés brumeux, poussant la pièce-titre de ce dernier opus de Pyramid Peak vers une intro ambiosphérique où le rythme se dénude peu à peu de ses accords et abandonne son faible pouls symétrique. "Anatomy" frappe le cap des 5 minutes. Et les os de rythme s'organisent derrière un chatoyant rideau de souffles abscons. Les séquences tintent et résonnent, comme l'écho de grosses gouttes d'eau dans une grotte, et le rythme de "Anatomy" infiltre nos oreilles de sa démarche tranchante et hachurée. La marque de Pyramid Peak. Les séquences sautillent en tout sens. Acceptant les pulsations et les percussions, elles engraissent une structure de rythme qui s'excite sous les solos chantants et charmeurs d'Andreas Morsch, Uwe Denzer et Axel Stupplich. L'empreinte harmonique de Pyramid Peak.
Pyramid Peak fait parti de la crème en matière de MÉ de style New Berlin School. Le trio berlinois réussit à merveille à tisser des structures de rythmes hypnotiques où le down-tempo flirte avec du up-tempo tout en dessinant des longs parcours musicaux dont les bases minimalistes refusent pourtant la simplicité. “Anatomy” est leur 9ième album, et je vous le dits de go; c'est un incontournable. Construit sur 5 titres qui avoisinent à peu près la même durée, “Anatomy” nous plonge dans le cœur des plus belles années de la MÉ cosmique avec de lentes intros qui débloquent sur de beaux rythmes harmoniques. Des rythmes qui adroitement changent de peaux et permutent vers un envoûtant univers sonique où les séquences papillonnent de leur frivolité sous les attaques de percussions qui martèlent la fragilité des ambiances éthérées avec des frappes qui déstabilisent l'écoute.
Une vive pulsation grésillante éveille les voix de spectres qui chuchotent en ouverture de "Iceland". Le rythme est linéaire et entraînant. Il pulse vivement et sans arrêt, masquant à peine les susurrements qui se perdent dans les douces caresses d'un synthé qui étale son manteau mellotronné. Il y a tempête de séquences avec ces accords de rythmes qui festoient dans un tourbillon statique où valsent les harmonies rêveuses des synthés. Et les percussions tombent. Ils percutent doucement ces ruades des séquences qui peu à peu acceptent d'éloigner leur voracité afin de laisser toute la place à un superbe down-tempo où chante un synthé des ses harmonies de diva. Il y a toute une vie rythmique sous ce canevas lyrique. Une vie qui fomente un duel harmonique avec des coups de séquences limpides dont les frappes désordonnées perturbent quelque peu les ambiances. Sauf que la tendre mélodie de "Iceland" reprend le pôle afin de séduire nos oreilles jusqu'a ses dernières secondes. C'est du pur Berlin School très mélodieux, tout comme "Injection" qui démarre avec une intro ambiosphérique. Des lignes de synthé brumeuses flottent dans une grotte où suintent et pépient des prismes soniques et résonnent des gongs lointains. On entend des loups hurler, comme on entend venir de loin un mouvement de séquences qui fait dandiner ses ions et dont les délicats sautillements se répercutent dans un écho stéréophonique. Les cymbales et les percussions viennent caresser cette structure de rythme oscillatoire avec de délicates frappes, guidant "Injection" vers une belle spirale rythmique à la Software. Le rythme est doux, envoûtant. Il tournoie de ses séquences lascives comme un oblong cercle stroboscopique autour des percussions qui claquent. L'hypnose fait rage lorsque des accords plus résonnants étoffent la structure en lui donnant une dimension plus dramatique que des nappes de mellotron amplifient de leurs voiles valsant avec les souffles de voix éthérées. C'est beau, mais pas autant que "Dark Energy" qui tourne constamment dans ma tête, et sur ma chaine hi-fi, avec sa délicieuse structure progressive. Les violons cosmiques qui pleurent dans le réconfort des voix brumeuses nous ramènent dans le temps d'Electronic Universe Part II de Software. Le rythme évolue lentement avec la présence de séquences qui vibrionnent dans les derniers mouvements de valse des violons esseulés. Une ligne de basse vient les ramasser. Elle palpite sinueusement, entraînant des accords harmoniques qui s'alignent dans notre tête comme une sérénade robotique. "Dark Energy" change de peau. L'ambiance néantisée devient rythme funky/groove finement saccadé que des percussions virent immédiatement pour un superbe down-tempo hypnotique. Et "Dark Energy" change maintenant de couleur. Les percussions claquent, fouettent et résonnent de partout, bousculant des séquences et pulsations qui sortent de nulle part alors que des solos torsadés et vampiriques ainsi que des voix de cosmonautes entraînent l'auditeur dans un délire sonique pas vraiment loin de ces belles années où la MÉ avait encore des chemins inexplorés. Divin!
Qu'est ce le corps et le cosmos ont en commun? Faudrait demander à Andreas Morsch, Uwe Denzer et Axel Stupplich, car “Anatomy” est bien plus près du cosmos que de notre corps. À moins que notre corps soit en étroite relation avec le cosmos. Ça aussi il faudrait le demander à Pyramid Peak. Mais peu importe car “Anatomy” est une ode cosmique électronique sans failles. Tout y est! Des rythmes évolutifs. Des ambiances cosmiques dont les chaleurs reviennent hanter notre âme avec des structures à la fois tendres, touchantes et ma foi assez mélancolique (le superbe down-tempo noir de "The Voyage"). Et surtout ce bouillon de séquences multidirectionnelles que des frappes de percussions ramènent dans un ordre cadencé aux multiples facettes évolutives. “Anatomy”! C'est du grand Pyramid Peak. Leur meilleur album à date où chaque seconde est brillamment pensée. C'est de la grande musique électronique et c'est possiblement le meilleur opus en 2013.

note       Publiée le vendredi 22 novembre 2013

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necromoonutopia666 › jeudi 24 juillet 2014 - 18:39  message privé !

ben il y a le Syndromeda de 2013 et Alluste Alien Enigmas

Phaedream › jeudi 24 juillet 2014 - 18:27  message privé !
avatar

Absolument. Je l'ai réécouté suite à ton commentaire et effectivement c'est un colosse! Curiosité: puis-je savoir tes 2 premiers?

necromoonutopia666 › mardi 22 juillet 2014 - 18:21  message privé !

Facilement dans mon top 3 de Mé Berlin school de 2013!

Dun23 › samedi 30 novembre 2013 - 12:04  message privé !

C'te pochette!