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Olivier Briand › Rêves Et Cauchemars

cd | 9 titres | 91:26 min

  • 1 Introduction Onirique [ 7:57]
  • 2 Searching for a Sleep [ 11:58]
  • 3 Travelling Mind [ 8:31]
  • 4 Hypercool Pink [ 12:07]
  • 5 Living in a Dream [ 9:12]
  • 6 Mystic Revelation [ 12:14]
  • 7 Ambiant and Cosmic [ 13:12]
  • 8 Origin of Time [ 12:11]
  • 9 The End of a Dream [ 11:17]

enregistrement

Enregistré le le 13 Avril 2012 lors d'un concert en sons et images à la vile de Vertou

line up

Olivier Briand (Synthés Pro-1, Korg Z-1,Ms-20, Arp Odyssey et DW-8000 Korg. Séquenceurs Atari Falcon et Cubase Audio et échantillonneurs Emax et CD3000 Akai)

chronique

La MÉ est un art cérébral qui s'accouple à merveille avec l'art abstrait. On se souvient de ces concerts de musique électronique, progressive ou psychédélique des années 70? Souvent, ils étaient accompagnés de projections de dessins abstraits, d'images en constant duel entre l'arche de la civilisation et son œil cosmique ou de rayons lasers. C'était les mots, la vision des compositeurs de musique sans paroles, ou avec très peu. Cette façon de faire c'est perdu dans le temps, essoufflée par les prismes kaléidoscopiques qui se mouraient d'un manque de ressource, de créativité. Répondant à une invitation de la ville de Vertou, municipalité à l'ouest de la France, Olivier Briand et Guillaume Diard unissent musique et images pour un concert donné le 13 Avril 2012. “Rêves et Cauchemars” renoue avec cette vieille tradition. C'est le point de rencontre entre une MÉ qui étreint tous ses qualificatifs et tous ses artifices afin de suivre les panoramas hautement paradoxaux d'images de synthèses, d'images sépia, de dessins allégoriques et d'effets visuels qui encadrent tant la musique d'Olivier Briand que sa silhouette éphémère. C'est un Olivier Briand fort discret, mais pas sa musique, qui accepte de jouer les absents afin de laisser toute la place à cette allégorie d'images où nos cités se perdent dans des nuages en scission, où le cosmos se fond dans nos océans et où les filandres synthétiques se confondent avec les squelettes de nos technologies. C'est un concert de musique et d'images qui vaut tous les mots. "Introduction Onirique" étend la portée de son titre avec une introduction ambiante où la musique planante d'Olivier Briand épouse ces graphiques abstraits qui se meuvent comme les encres des gros poulpes. Le ton est lancé pour un concert de sons et images où les pouvoirs de l'art abstrait caressent les confins des imaginations fertiles. Le synthésiste de Nantes choisit un vocabulaire musical abstrait en faisant chanter ses synthés plus que rouler ses rythmes dans de lentes valses cosmiques qui cernent les images multicolores et polyformes de Guillaume Diard. Ces couches de synthé chantent et roulent jusqu'aux premiers balbutiements rythmiques de “Rêves et Cauchemars” avec "Searching for a Sleep". Le rythme est doux. Tambouriné, il offre une structure toujours ambiante qui accompagne les harmonies planantes d'un synthé aux odeurs de jazz sur un canevas visuel qui mélange habilement les images de cités, de cosmos et de mouvements abstraits aux couleurs aussi variées que les formes qui y dansent. Peu à peu le rythme se détache pour suivre la parade des synthés qui se font plus chantants alors que les images épousent les formes de l'eau, des nuages, des astres et des calques d'horloges tout en filtrant la silhouette d'Olivier Briand qui se plaît dans sa tranquille anonymat. "Travelling Mind" continue d'exploiter les rythmes lents de “Rêves et Cauchemars” avec des mouvements de séquences qui sautillent nerveusement dans les ombres de leurs doubles. C'est un beau rythme hypnotique que nous offre Olivier Briand. Un rythme qui suit une gradation et dont la cadence épouse littéralement le souffle des images abstraites. Alors que ce rythme continue de fragmenter ses harmonies, le synthé ne cesse de moduler de beaux solos aux enchantements de l'ère analogue. Après une douce intro morphique où les arpèges façonnent les rêves, "Hypercool Pink" bat d'une vie secrète où le rythme peine à percer cette douce étoffe soporifique. Les images dansent avec une nuée de filaments qui s'entrelacent et scintillent de leurs couleurs ignées, suivant le rythme des chants séraphiques des synthés qui communiquent avec les baleines et qui camouflent de leurs souffles éthérés les fines pulsations organiques d'un rythme absent. "Living in a Dream" sort “Rêves et Cauchemars” des limbes avec un rythme doux où les séquences subdivisent leurs harmonies rythmiques comme un vif ballet aquatique. Le mouvement est fin et rappelle ces structures de rythme cosmique de Tangerine Dream avec des frottements chevrotant dont les coups sonnent étrangement comme des souffles dans une bouteille vide, moulant ainsi une vive danse stationnaire qui s'agite constamment sous une nuée de nappes aussi abstraites que mélodiques. La symbiose du rythme et des images est à son comble avec ce chapelet de séquences scintillantes qui palpitent en tout sens, épousant à merveille les chatoiements artistiques de Guillaume Diard et de ses images qui scintillent comme des perles abstraites. Avec "Mystic Revelation", nous entrons dans un genre de vide intemporel. La musique sied bien la quantité d'images kaléidoscopiques qui défile tout en laissant apparaitre les contours et silhouettes de Briand et de ses équipements, un peu comme si les deux compères voulaient nous hypnotiser et nous attirer dans un gouffre sonique et visuel sans fond. Sauf que l'hypnose vient avec le doux rythme de "Ambiant and Cosmic" qui, pour moi, est le point culminant de “Rêves et Cauchemars”. L'approche rythmique me rappelle énormément Steve Roach, ou encore Michael Stearns, avec des petits pas qui tournoient dans un oblong colimaçon verticale parfumé par des strates de synthés aux troublantes visions futuristes de Vangelis. Le rythme est superbe et virevolte avec une telle netteté que nos oreilles en redemandent. Et Olivier Briand sait qu'il façonne un petit bijou car il met l'emphase sur des harmonies séraphiques qui s'agrippent à une spirale onirique où virevoltent des séquences feutrées et carillonnent les ailes des anges. C'est du très bon Briand. "Origin of Time" présente les cendres d'une belle berceuse oubliée dans les grabats temporels. La vision de Briand accote facilement les approches dantesques de Vangelis avec ce titre dont les dérives abstraites échouent sur un rythme qui éparpille ses séquences comme le temps échappe ses secondes dans une folle course contre son mécanisme. Nous sommes dans l'antre de l'art abstrait et en aucun moment nos oreilles, comme nos yeux, ne souhaitent une conclusion. Et pourtant "The End of a Dream" nous y amène avec les cendres carillonnées de "Origin of Time" qui se perdent dans ces dessins magiques, dans ses figures de calligraphies psychologiques qui nourrissent les approches abstraites et expérimentales d'un concert où les prismes sont plus que des dimensions soniques.

note       Publiée le vendredi 22 novembre 2013

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taliesin › mardi 26 novembre 2013 - 08:48  message privé !

Diable, j'ai eu mon regard attiré par cette chro car il s'agit de mon prénom, et à 2 lettres près, mon nom de famille... Pendant un tiers de seconde, j'ai cru avoir sorti un album à l'insu de mon plein gré ;-)