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Gustaf Allan Pettersson (1911-1980) › Concerto n°3 pour orchestre à cordes

  • 1994 • CPO CPO 999 225-2 • 2 CD

cd1 • 2 titres • 51:42 min

  • Concerto n°1 pour orchestre à cordes (1950) | 24:25
  • 11-3
  • Concerto n°2 pour orchestre à cordes (1956) | 26:58
  • 24-6

cd2 • 3 titres • 58:40 min

  • Concerto n°3 pour orchestre à cordes (1957) | 58:40
  • 1Allegro con moto17:27
  • 2Mesto29:10
  • 3Allegro con moto11:52

enregistrement

Enregistré les 25 et 26 novembre 1992 (cto1); les 26 et 27 mai 1993 (cto2); les 14 et 15 décembre 1993 (cto3) à l'Historisches Zeughaus, Neuss, Allemagne. Producteur executif : Burkhard Schmilgun.

line up

Deutsche Kammerakademie Neuss, Johannes Goritzki (direction)

remarques

chronique

"C’est ma mère qui est ma musique. C’est sa voix qui s’exprime dans ma musique. J’ai crié ce qu’elles ne purent jamais dire, elle et ma sœur, ma sœur qui n’a jamais pu devenir une femme, elle qui fut bloquée dans sa croissance par une arthrite rhumatoïde, qui pratiquement se précipita par la fenêtre à cause de la souffrance et qui mourut une veille de Noël à l’hôpital Söder".

"Mon Dieu, ce que j'ai pu travailler, bûcher. Le temps que j'ai passé auprès de Leibowtiz fut un entraînement sévère. Il était radical, mais il conservait les formes anciennes. Mais à la fin, j'avais assimilé toutes ses théories. Je le connaissais, et je connaissais ses lois.". J'ai même été jusqu'à plier ma troisième symphonie à ses formes établies, ses quatre, absurdes, mouvements. Je m'y suis rebellé, prisonnier de quatre murs, encore une fois j'ai combattu. Quatre murs ne peuvent contenir le flux de la vie, du destin funeste qui s'abat sur les faibles. Je quittais à peine le joug de ce fils de pute qu'on me diagnostique une polyarthrite dégénérative. Les cuivres se sont bousculés, les dissonances ont jailli et mes colères sont rentrées de plein fouet dans les remparts de pierre de ces formes désuètes, déclenchant des percussions agressives et laides, bancales et néfastes. Voilà pour ta gueule Leibowtiz... j'avais encore raison. Mes symphonies seront des océans, et tes formes je vais les maîtriser, les baiser, les posséder, les éclater. J'ai déjà composé un deuxième concerto pour cordes, en trois mouvements, René, comme ceux que tu aimes : rapide-lent-rapide, comme le premier, comme mon concerto pour violon, comme celui que je suis en train d'écrire pour en finir pour de bon avec tes doutes et ceux de tes semblables. Depuis trois ans la maladie a progressé et je commence à souffrir de douleurs permanentes. A 46 ans je peine comme un vieillard. Comme si cela pouvait me faire taire. Comme si cela changeait quelque chose. Maintenant que je les tiens, je laisse la violence et l'agression aux cuivres et aux tambours ; de mon orchestre à cordes je témoignerai sans haine du sort des opprimés. "L'identification avec le petit, l'insignifiant, l'anonyme, avec ce qui demeure immuable, mais est toujours neuf, pur. C'est en cela que la vie de l'homme est préservée.". Et ces gens là sont tristes. Un orchestre à cordes... je maîtrise tellement mon sujet. Ces gens là sont tristes et ils sont effrayés. L'orchestre frappe et menace tout autour du soliste qui appelle à l'aide ; par sa voix qui s'élève au dessus des rythmes implacables et des mouvements funestes, j'aperçois leurs visages ; par mes tonalités et la douceur amorphe de mes tristes mélodies, je retiens leurs larmes et dit leur dignité. Leurs vies passées entre l'angoisse immobile d'une condition invisible et les chutes contondantes du destin qui s'acharne ; voici l'heure de musique où la désolation de cordes affligées doit subir les assauts d'ennemis qui leur ressemblent, où les cordes méprisent les cordes, comme les hommes méprisent les hommes. Sans excès ni colère, juste des cordes, dans cette fraternité lénifiante avec laquelle nos semblables broient nos semblables, dans le consensus général d'une société profondément répugnante. Une heure apprivoisée, où les tourments et les douleurs continuent de disperser l'effroi et la glace, le chaos et la dissonance, mais où je n'ai plus peur de la beauté des larmes et de l'amour des hommes. L'heure de musique où je peins les regards magnifiques et meurtris de mes frères de souffrance, leurs yeux azurs, leur foi devant l'épreuve, leurs sanglots étouffés ; où j'utilise ces formes de nantis et m'en remets plus volontiers à la beauté des notes, pour dire que le soleil leur est aussi destiné, que la compassion existe, et que si moi je ne pleurerai pas, j'aimerais qu'eux puissent le faire. "C'est le snob qui discourt sur les hommes et la musique de notre temps. L'homme d'aujourd'hui, c'est un petit enfant qui meurt de faim sur cette terre, en cette minute précise, et la musique d'aujourd'hui, c'est le geignement de cet enfant dans une foire pour charognards. C'est ce qu'en a fait l'homme adulte, l'homme difforme et graisseux."

note       Publiée le lundi 11 novembre 2013

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Moonloop › mardi 12 novembre 2013 - 12:02  message privé !

Je songeais à ce petit extrait des "Notes sur la mélodie des choses" de Rilke : "Et l’art n’a rien fait sinon nous montrer le trouble dans lequel nous sommes la plupart du temps. Il nous a inquiétés, au lieu de nous rendre silencieux et calmes. Il a prouvé que nous vivons chacun sur son île ; seulement les îles ne sont pas assez distantes pour qu’on y vive solitaire et tranquille. L’un peut déranger l’autre, ou l’effrayer, ou le pourchasser avec un javelot – seulement personne ne peut aider personne."