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Frank Klare › Solodreams

  • 2012 • SynGate CD-R FK11 • 1 CD

cd • 7 titres • 73:56 min

  • 1Monomode (Part I) 29:15
  • 2New Age 5:09
  • 3Sequence Spheres 2:54
  • 4Fantasia 3:45
  • 5Rhythm Runner 4:38
  • 6Living Dreams 4:59
  • 7Monomode (Part II) 23:14

enregistrement

Composé entre 1985 et 1986 dans les studios de SYNCO, Allemagne

line up

Frank Klare (PPG-Modularsystem, Korg MS-Modularsystem, ARP 2600, ARP Odyssee et MiniMoog)

remarques

On peut entendre des extraits sonores de Solodreams en visitant la lien suivant: http://www.syngate.biz/Frank-Klare-Solodreams/en

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
new berlin school

Merci SynGate! Merci de nous faire découvrir les trésors cachés de la MÉ, notamment du style Berlin School. Frank Klare est un brillant musicien/synthésiste Allemand dont le talent n'a jamais dépassé les frontières de son pays. Fortement imprégné par les vapeurs musicales de Klaus Schulze, il s'intéresse à la MÉ très jeune et fonde avec Mirko Lüthge le groupe SYNCO (pour SYNthesizer COoperation) au milieu des années 80. Le duo achète alors des instruments de Tangerine Dream et Klaus Schulze. Il compose une MÉ qui s'inspire de la nouvelle vague digitale électronique, tout en ayant un fort penchant pour les longues structures musicales d'antan. SYNCO réalisera 5 cassettes entre 1985 et 1993, tous discontinués dont on peut par contre retrouver les charmes sur 2 compilations offertes par SynGate. Parallèlement, Frank Klare entreprend une carrière solo qui compte une vingtaine d'œuvres depuis son tout premier; “Solodreams” en 1986. Réalisé seulement en cassette, “Solodreams” fut longtemps discontinué et a vu le jour sur quelques versions piratées. Le label Allemand SynGate, toujours dans sa quête de faire découvrir les plus beaux joyaux de la MÉ contemporaine, dépoussière les tablettes du temps et met dans les bacs une version remasterisée par Pete Farn, de “Solodreams”. Érigé sur les mêmes préceptes que les œuvres de SYNCO, on entend à travers “Solodreams” une nette influence pour les rythmes fougueux et les structures mélodiques de Tangerine Dream et surtout pour les longs crescendos hypnotiques de Klaus Schulze avec le superbe "Monomode (Part II)" qui s'inspire des périodes Timewind et Moondawn. On y sent une nette influence de Tangerine Dream et surtout de Klaus Schulze avec deux longs mouvements qui s'inspirent des périodes Timewind et Moondawn et Body Love de même que celles plus modernes du maître Allemand. Le projet de SynGate est ambitieux. En plus de remasteriser “Solodreams”, Pete Farn retouche des musiques totalement inédites des premières années en solo de Frank Klare pour un album intitulé Solomode. Chaque album est vendu séparément, mais si on achète les deux albums on obtient un album boni; Monomode qui mixe en un seul morceau les deux parties de Monomode. Projet audacieux parce que les limitations des sources d'origine sonnent avec tout le charme d'antan. Bref, c'est un véritable retour dans le temps avec une merveilleuse surprise qui justement ouvre “Solodreams” pour le plus grand plaisir des oreilles épicuriennes.
On ne peut parler de Monomode, les deux parties, sans constamment faire des rapprochements avec les structures ambiosphériques et flottantes de Klaus Schulze et de ses années Body Love. Les ululements des chauves-souris électroniques et les fins solos timides qui déroulent leurs harmonies torsadées dans de nébuleuses brumes qui s'agrippent au crescendo d'un rythme fantôme sont de superbes éléments qui ont convertis des milliers d'adeptes à la musique de Klaus Schulze. Mais ce n'est pas juste de l'imitation. C'est une œuvre qui se serait faufilé aisément entre Moondawn et Body Love. Je parlerai plus en profondeur de Monomode (Part I), qui est un titre en prime sur cette réédition, et Monomode (Part II) lors de mon analyse de l'album Monomode. Sauf que je peux d'ores et déjà vous dire que nous avons là 55 minutes de pur bonheur analogique. Tout simplement merveilleux! De douces lignes de synthé ondulent dans un ciel paradisiaque où les étoiles chantent avec de délicats solos rêveurs. Après cette douce intro onirique, "New Age" s'accroche à un rythme teutonique qui palpite de ses soubresauts arythmiques sous de fins solos dont les harmonies, tant flûtées que digitales, rappellent l'univers de Tangerine Dream. "Sequence Spheres" présente un convoyeur pulsatoire où les séquences trépignent ardemment autour des lourdes pulsations. C'est un rythme en deux phases parallèles enlevantes qui évolue subtilement vers un lourd synth pop où chantent des solos aussi lyriques que mélodieux. "Fantasia" sort des limbes électroniques avec de longilignes élans de synthétiseurs qui tranquillement laissent entendre un pattern sonique et rythmique qui respire la trame sonore Thief de Tangerine Dream. Bien que l'approche mélodieuse diffère, le rythme linéaire de "Rhythm Runner" s'approche de celui de "Sequence Spheres" avec des séquences indomptables qui pétillent et sautillent sur les résonnances des pulsations et les galops des percussions. L'enveloppe harmonique est difficilement descriptible, mais les ambiances du Dream pullulent. De même que ces étonnantes percussions et/ou séquences qui résonnent comme des castagnettes en bois. Très accrochant, "Living Dreams" tisse un superbe ver d'oreille où le rythme et les harmonies embrassent ces trames sonores des films français des années 70. C'est une belle ballade électronique dont le parfum analogue respire les accrochantes phases mélodiques du Dream terrées dans leurs longues structures d'antan. "Monomode (Part II)" clôturait une cassette, dont les charmes n'auraient jamais dû être cloîtrés, avec un rythme lourd, pulsatoire où les spectres cristallins de Schulze ornaient un lourd crescendo dont je vous parlerai dans Monomode.
Malgré son son vieillot, ses rythmes et ses harmonies teutoniques qui rappellent inlassablement les belles années où la MÉ explosait de tous ses charmes, tant analogues que numériques, “Solodreams” de Frank Klare demeure un incontournable. C'est un véritable voyage auditif dans le temps avec des structures, des rythmes et des mélodies où l'on peut y apposer un soupir, un souvenir. On se ferme les yeux et on se rappelle les harmonies du Dream, le pattern séquencé de Chris Franke et l'essoufflement des rythmes nourris de ses percussions bucoliques. Et Monomode…hum…Brillant!

note       Publiée le samedi 26 octobre 2013

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