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Bardo Pond › Dilate

  • 2001 • Matador ole 459-1 • 1 CD

cd • 11 titres • 00:00 min

  • 1Two Planes
  • 2Sunrise
  • 3Despite The Roar
  • 4Inside
  • 5Aphasia
  • 6Favorite Uncle
  • 7Swig
  • 8Lb.
  • 9Summerflux
  • 10Hum
  • 11Ganges

enregistrement

Enregistré à Lemur House, Philadelphia, PA 10/98-10/00. - Masterisé par Greg Calbi à Sterling Sound, New York City, NY 12/05/0 - Produit par Bardo Pond et Michael Gibbons

line up

Ed Farnsworth (batterie), John Gibbons (synthétiseur, guitare, percussions), Michael Gibbons (guitare), Isobel Sollenberger (flûte, violon, chant), Clint Takeda (basse)

remarques

Dessins par Clint Takeda

chronique

Nom d’une squaw infrasexuée… Qu’il est difficile de parler d’un album aussi physique, et paradoxalement, aussi déliquescent que ce Dilate. Bardo Pond sont les hérauts d’un psychédélisme sans structure, grisant de chaleur, pas cérébral pour un sou mais 100% vénéneux, lourd, si lourd dans ses guitares et dans ses rythmiques. Mais surtout fourbu de désirs inassouvis mais endormis, cédant enfin à une tentation invisible. Quand Isobel la cernée gémit "you’re not alone, I’m all yours", il nous semble soudain contempler une incarnation de cette éternelle succube, celle dont les Them hurlaient les louanges dans "Gloria", ou les Electric Prunes dans "I had too much to dream last night"… Son arrivée est d’autant plus attendue que l’interminable intro de Two Planes se révèle être un instrumental, invitant à la contemplation d’un chant s’embrasant lors d’un interminable coucher de soleil d’été… Les pissenlits volent, les criquets choralisent, et Isobel consent à venir gratter un ou deux accords sur Sunrise, nous apprenant cet état méditatif dans lequel elle veut nous absorber. Ses mots, sur Inside, laissent présager l’état avancé de sa défonce ("it’s up there / downstairs", mmmhokay). Aphasia semble dépeindre cette étape critique du trip qu’on appelle "phase du blocage", et ce pour mieux accoster les délicieuses rives d’un folk teinté de vibrations lointaines (Despite the Roar, Favorite Uncle). Magnifique incarnation des espaces sauvages américains, avec leurs fantômes d’indiens, leurs rumeurs résonnant à travers les montagnes… Entrecoupés d’un interlude orientalisant à la Ghost qui rappelle qu’en ces années 2000, le psychédélisme est déjà mondial. Drogue et sexe, les deux marottes du rock’n’roll – et pas toujours du meilleur – n’ont jamais été aussi poétisés, aussi transcendés. La puissance sonique de Bardo Pond nous absorbe sans résistance dans une dérive hors du temps, sans fin, où le crin devient limaille de fer, et le velours brasier. Chaque seconde jouée par le groupe évoque le trip au LSD de la pochette, dilatation extatique de la perception, ainsi que la caresse des sens engourdis. Isobel, dans ses rares mais liminales interventions, tient de la chamane, de la déesse guerrière, hypnotisant ses dévots pour mieux les préparer à l’au-delà. En passant de L.B. à Hum, on sent qu’une apothéose sensuelle se joue. Le premier est une poussée stoner où tout le groupe semble trop défoncé pour jouer, Isobel ahanant à grand peine ses impressions, les pupilles dilatées, voilées d’un sommeil fiévreux. Hum vient assouvir plus que de raison le désir de l’auditeur-voyeur, troublé par les promesses d’un début d’album en forme d’augure vespéral. Mais Ganges nous réveille comme un bad trip au milieu de la nuit, voilant un peu plus les contours de ce disque – homogène et trouble comme toute l’œuvre de Bardo Pond. Les veines représentées sur la pochette semblent y laisser s’échapper d’étranges volutes de spores, ondulant dans l’air liquide et allant dériver sur fond d’étoiles et de plancton…

note       Publiée le jeudi 5 septembre 2013

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Horn Abboth › jeudi 5 septembre 2013 - 16:09  message privé !

J'ai du mal à cerner cet album de Bardo Pond. Même si la recette est souvent la même chez le groupe (ce n'est pas un reproche, bien au contraire) ce Dilate, un coup il est génial, un autre, je le trouve un peu chiant. Mais dans tous les cas, c'est pas leur meilleure production.

Seijitsu › jeudi 5 septembre 2013 - 07:54  message privé !

Pas le meilleur Bardo Pond, mais la pochette est absolument sublime.

Note donnée au disque :