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Lycia › Compilation Appearances vol.1

cd • 17 titres

  • 1From foam
  • 2Down
  • 3Excade decade decada
  • 4Byzantine
  • 5The deception
  • 6Everything is cold
  • 7Nine hours later
  • 8Sleepless
  • 9The facade fades
  • 10Wake (live)
  • 11Across a thousand blades
  • 12This lush garden within
  • 13Fields
  • 14Approach
  • 15Dusk
  • 16Dementia
  • 17Wind

informations

The Cave, Gauss, Lycium, The Boiler Room, printemps 1990-été 1994, USA.

Les cinq derniers morceaux ont été enregistrés en tant que Dust, soit un side-project de Lycia.

line up

Mike VanPortfleet (chant, guitare, synthé, programmation, guitare sèche, basse), John Fair (basse, programmation, synthé), Will Welch (basse, synthé, programmation, basse fretless), David Galas (synthé, programmation)

chronique

  • heavenly marécageux et empoisonné

S'envoyer un album complet de Lycia n'est pas chose aisée, ce groupe ayant sa manière à lui de plomber le ciel le plus serein à coups d'arrangements dépouillés, répétitifs, avec une production dense, pour des pièces souvent longues, aux rythmes boueux ou secs, au sein desquelles les atmosphères l'emportent facilement sur les mélodies...Attention cependant au jugement trop prompt, le projet est également une redoutable entité créatrice évoluant dans un univers aux contours reconnaissables mais à la philosophie bien particulière, créature du multi-instrumentiste Mike VanPortfleet. L'exercice de la compilation me semble pertinent pour ce type de formations afin de les appréhender sans voir son âme, au mieux périr d'ennui, au pire s'embourber dans un cloaque létal aux reflets irisés qui n'en rendront l'agonie que plus délectable et étouffante. Ce premier volume rassemble du matériel composé sur une période de quatre ans (1990-94) intitulée 'The Arizona years' qui nous familiarise en une poignée de titres au style du groupe. Une chanson de Lycia s'appréhende comme une expérience quasi mystique, c'est là sa beauté mais parfois aussi son venin ou les deux à la fois. Les morts, le monde, vont vite mais pas nos musiciens; en leur royaume la lenteur ou la lourdeur sont condition sine qua non, la production régulièrement épaisse, expliquant ce goût des ryhtmes ultra dépouillés (parfois réduits à un beat de grosse caisse) et pachydermiques que ne renieraient pas certains amateurs de funeral doom et l'usage intensif de flangers, delays et autres. Il y a également cette volonté d'économie des notes, aussi bien dans les pièces à dominante semi-acoustique ('Everything is cold') que celles où chaque accord s'alourdit d'effets se répercutant à l'infini comme pour précipiter la chute (le glauque et jouissif 'Excade decade decada'). La pochette a beau présenter des éléments de vie (eau, arbre, ciel, désert...), certes dans des teintes blêmes, mais pour ma part, les images qui m'emplissent l'esprit sont des visions de marécages, de nuits sans étoiles, de brumes glacées. Un peu à l'instar de leurs compatriotes de Trance to the sun, Lycia a repris la démarche amorcée sur les premiers essais de Cocteau Twins mais pour la radicaliser, la nettoyer de sa clarté. Pas question de regarder vers les cieux, de se dématérialiser, la musique de Lycia est belle mais également à la limite de l'angoisse par instants tant les sonorités choisies dégagent une obscurité poisseuse. L'option compilation permet justement de reprendre son souffle avec des titres plus 'lumineux' ('Sleepless') avant de replonger de plus belle (le magnifique mais intense 'The facade fades'). Le chant participe à ce sentiment de noirceur car Mike VanPortfleet, s'il refuse de se laisser piéger dans les canons du genre, assume la part gothique de sa création (on frise l'accélération sur 'Across a thousand blades'), son timbre grave légèrement tremblotant (dans la veine de Tors of Dartmoor ou Sweet William), peu expressif mais charismatique, apporte la dimension prédicatrice dans cette transe où chacun s'enlise avec effroi et jouissance. D'un point de vue personnel, cette compilation enfonce n'importe quel album régulier du groupe et permet d'appréhender le projet dans sa cohérence mais également dans sa diversité, évitant ainsi toute forme d'ennui. Des compositions telles que 'This lush garden within', 'The facade fades', 'Excade decade decada' ou 'Byzantine' sont de vraies perles d'atmosphère, empoisonnées certes mais aux reflets noirs irrésistibles pour peu qu'on les déguste par tranches...

note       Publiée le vendredi 23 août 2013

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    vigilante Envoyez un message privé àvigilante

    C'est bien que Mike soit amoureux, mais sa musique s'est affadie à mesure qu'il cédait du terrain à son épouse. On dirait depuis une vague tentative de faire de l'Heavenly. Cette touche vénusienne n'était pas forcément bienvenue dans une musique qui a su séduire par le passé sans nécessairement s'encombrer de ce coté gnangnan. Du coup je goute chaque nouvelle sortie avec beaucoup de suspicion depuis l'insupportable Estrella (je n'ai jamais pu finir ce disque). Comme tu dis Riri pour les deux morceaux autant se renfiler Wake, puisqu'on dirait des chutes tout droit issues de cette période. En moins bien. Non décidément ma réelle vraie surprise de ces dernières sorties a été In Flickers, il a ses défaut mais a su retrouver cette force d'évocation. J'ai snobé A line that connects au départ après le coup de l'édition limitée à 500 ex. Ce n'était pas bien finaud certes mais je ne pense pas avoir perdu grand chose ?

    Message édité le 05-09-2021 à 14:26 par Vigilante

    Richard Envoyez un message privé àRichard

    La créature emmenée par VanPortfleet respire encore. La preuve ? Casa Luna, un six titres qui vient juste de sortir. L'intérêt de la chose ? Except et Galatea, deux morceaux inédits de la fin des années 80 qui sonnent façon Xymox. Pour le reste, c'est du Lycia en moins âpre.

    Message édité le 05-09-2021 à 07:33 par Richard

    Note donnée au disque :       
    Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
    avatar

    Non Richard, je dois bien avouer n'avoir que peu suivi la carrière de ce groupe. Je tâcherai de jeter une oreille.

    Richard Envoyez un message privé àRichard

    Je reste persuadé que Lycia n'a jamais eu la reconnaissance qu'il aurait du avoir. J'aime bien cette fausse torpeur étouffante qui se dégage de la plupart des morceaux. On se laisse ballotter au gré des méandres boueux. Je ne sais pas Twilight si tu as eu l'occasion d'écouter " A Light That Connects ", le dernier album sorti en 2015 mais il vaut son pesant de noirceur anxiogène.

    Note donnée au disque :       
    Kronh Envoyez un message privé àKronh

    Comme quoi Lycia est une vraie source d'inspiration qui fait sortir de nous la lumière ;-) Ce groupe est énorme!