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Keller & Schonwalder › Eglise de Betzdorf

cd • 2 titres • 38:09 min

  • 1Silent Running Part I & II 25:01
  • 2Tea with an Unknown Girl 13:05

enregistrement

Enregistré en concert à l'Église de Betzdorf, Luxemburg, le 25 Juin 2010

line up

Bas Broekhuis, Detlev Keller et Mario Schonwalder (Séquenceur Schrittmacher, Manikin Electronic Memotron, Virus TI d’Access Music et VST-Instruments d’H.G.Fortune)

remarques

chronique

On ne badine pas avec l'art de créer de la musique électronique dans les studios Manikin. Le Séquenceur Schrittmacher et le Memotron sont deux innovations des artisans du label Allemand qui propulsent la musique de Keller et Schönwälder vers d'autres cieux numériques. Enregistré à Luxembourg en 2010, “Eglise de Betzdorf” fait tout l’étalage des sonorités cristallines et suit les tangentes oasiennes et poétiques de la série Repelen, notamment Repelen 3, avec des rythmes minimalistes doux où un genre de New Age progressif interpelle les structures hypnotiques du célèbre duo allemand et de leur acolyte Bas Broekhuis.
Des nappes de brouillards teintés de bleu morphique s'affrontent dans une introduction où tintements de carillons et percussions arabiques dessinent les poussières rythmiques de "Silent Running Part I & II". L'intro est de poésie chamanique avec des grelots d'incantateurs qui tintent dans les lentes larmes violonées d'un synthé mélancolique. On devine un rythme sourd répondant aux poussières des vents qui entraînent les prismes des carillons vers des accords d'une guitare forgée dans la solitude des machines électroniques. L'effet sonore est saisissant. On croirait vraiment entendre une guitare acoustique jouée des airs de desperados sur les tintements des carillons et des percussions de style shakers. Et tranquillement la structure de "Silent Running Part I & II" prend forme dans les vapeurs de voix absentes et les sautillements d'un fin mouvement de séquence qui étend un envoûtant et délicieux rythme furtif. Un rythme délicat qui emprunte les mêmes sentes que Sunset Café (Repelen 3) mais avec une approche plus romancée et plus pondérée où les délicats arpèges de synthé prennent une touche plus lyrique, se confondant aisément à des accords de guitare acoustique et des airs de nomades des sables. Bas Broekhuis fait rouler ses baguettes dans de doux roulements de tambours alors que les synthés versent des brumes aux poussières argentées, trempant la douceur contemplative de "Silent Running Part I & II" dans des ambiances un brin cosmique. L'influence d'un Schulze contemporain est criante sur cette longue ode minimaliste qui s'enorgueillit de richesses sonores à mesure qu'elle progresse. Les flûtes arabiques y caressent les fines ruades des percussions, alors que le rythme se fait moins rêveur et devient plus électronique avant de s'évaporer dans des vents désertiques et des voix astrales. Là où traînent des accords et des percussions qui dénient l'abandon d'un rythme, là où des chants Persiens et des voix séraphiques endorment "Silent Running Part I & II". "Tea with an Unknown Girl" est tout aussi délicieux. Le rythme campe sur des lignes de séquences finement stroboscopiques qui s'entortillent et s'entrecroisent dans un pur mouvement de délice statique où les percussions de Broekhuis supportent à merveille la danse de ces ions rotateurs. L'ambiance harmonique est toujours aussi près des approches oasiennes que le trio semble affectionner depuis les aventures musicales de Repelen. Les fûtes oniriques et les voix angéliques sont le lit d'ambiances éthérées qui bercent ce rythme passif tandis que les accords de guitares volés à des synthés contemplatifs dessinent des harmonies empruntées à la nostalgie et chantent de leurs pincements émotifs dans les brumes astrales des synthés. Des synthés qui caressent notre ouïe avec de superbes solos aussi délicats que créatifs mais surtout très électroniques. C'est un très beau titre avec un rythme aussi doux que les harmonies qui le tempère.
Même si on a toujours la vague impression d'entendre une musique que l'on a déjà entendue, la musique de Keller et Schönwälder reste toujours aussi attrayante que ses structures hypnotiques. “Eglise de Betzdorf” nous retrempe dans les ambiances arabiques des magies des milles et une nuits que le trio embrassait dans Repelen 3. C'est doux, onirique et c'est un délicieux mélange entre l'électronique minimaliste Teutonique et la tranquillité d'un New Age progressif. Et j'aime bien cette initiative que label Manikin implante en réalisant sous formes de EP les performances de ses artisans en concert ou des albums qui n'atteignent pas obligatoirement la marque des 77 minutes. Vous vous souvenez du temps où les albums duraient en moyenne 45 minutes. Plus court, plus beau. C'était la belle époque où la MÉ produisait plus d'œuvres intemporelles… et ce même si on a toujours la vague impression d'entendre une musique que l'on a déjà entendue.

note       Publiée le mardi 20 août 2013

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