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Jeru The Damaja › Wrath Of The Math

  • 1996 • Payday 697-124-119-2 • 1 CD

cd • 15 titres • 51:46 min

  • 1Wrath Of The Math
  • 2Tha Frustrated Nigga
  • 3Black Cowboys
  • 4Tha Bullshit
  • 5Whatever
  • 6Physical Stamina
  • 7One Day
  • 8Revenge Of The Prophet (Part 5)
  • 9Scientifical Madness
  • 10Not The Average
  • 11Me Or The Papes
  • 12How I'm Livin'
  • 13Too Perverted
  • 14Ya Playin' Yaself
  • 15Invasion

enregistrement

1995-1996

line up

Dj Premier (production), Jeru The Damaja (MC)

Musiciens additionnels : Afu-Ra (MC)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
rap conscient

"The Frustrated Nigga", le second titre du second album de Jeru The Damaja, est sans doute une des plus belles productions de Premier. Du reste, si cet album parvient à se placer juste en-dessous du goudronneux The Sun Rises In The East dans mon esprit préférant la noirceur brute, c'est surtout grâce à Premier, le Damaja se contentant de rejouer la partition du MC Prophète briseur de rotules de maquereaux, un peu moins percutant qu'à ses débuts à mon goût (même si ses lyrics restent globalement ultimes de précision chirurgicale meurtrière, et que sur "Ya Playin' Yaself" son flow administre une sévère rouste à tous les gangsta rappeurs de L.A. à N.Y.) - mais le challenge était autre : asseoir son blase sur cette scène aux contours flous et mal définis dite "consciente", conforter ses positions, lustrer le trône en os nettoyés au dissolvant de ses verses, après la méchante curée noire mazout de 93. Et surtout s'opposer en rappeur purificateur contre la montée du pognon dans le business et le désaxement des concours de bitte vocaux, non plus basés sur les "skills" au micro comme ils devraient mais sur la taille du stock de coke ou l'épaisseur du rouleau de billets. Jeru cible notamment la main-mise récente d'un certain Biggie Smalls sur le hip-hop new-yorkais, mais pas que; ne supportant plus d'être rappeur au milieu des jeunes poseurs mafioso, se sentant comme un mollah planté au milieu du casting de Scarface, il s'est armé du producteur le plus en vue pour dégommer ce petit monde au moeurs légères, celui-là même qui avait contribué à la boucherie The Sun Rises In The East, son parrain de la GS Foundation. Et sans grosse surprise, le maître sur Wrath, c'est Premier, concoctant quelques-unes de ses mixtures les plus lourdes et venimeuses. Qu'il évoque la mélancolie ("The Frustrated Nigga") ou frôle le breakbeat ("Physical Stamina" et son sample dissonant), plonge dans ses propres prods passées pour en extraire le fréon le plus pur ("Scientifical Madness") marche sur les plates-bandes du style RZA ("One Day") ou aiguise ses éternels miniatures pianistiques déstabilisants ("Not Average", "Too Perverted"), le sens aigu de la prod toxique du Texan, son funk minimal et glaçé, "autre" et en même temps totalement assimilable au premier coup d'oreille, est ici plus savoureux que jamais. Il varie les approches plus que sur aucune autre de ses crêpes, Gang Starr inclus, sans perdre une once de cohérence. La rigueur même et la force des grands peintres japonais, qui évoluent vers l'épure et la perfection dans le geste en vieillissant. Des instrus aux petits oignons qui provoqueront Jeru a être au minimum imparable, en tout cas toujours bien plus belliqueux qu'un Guru... Les prods ouais : voilà peut-être la raison qui doit vous pousser à essayer Wrath Of The Math, plus encore que le rap menaçant et mental craché par le Damaja, pourtant toujours efficace dans son rôle de prêtre-hitman du mic aux syllabes débitées comme des makizushis ensanglantés. Spirituel genre constipé depuis trois semaines, arrogance froide, attitude anti-gangsta bilieuse, paranoïa complotiste... Jeru nage entre toutes ses eaux. Et on constate toujours ses relations très saines avec les femmes, sur "Not The Average" notamment, où il ne peut pas s'empêcher de livrer du storytelling d'amourette plus du genre à refroidir l'ambiance qu'à faire déconner dans l'insouciance enfumée des blunts... la légèreté chez Jeru est a peu près aussi présente que le rouge dans la pochette de Wrath of the Math. Mental shit, encore et toujours : le mercure restera aussi bas que le Q.I. des cibles. Et l'écrin brillera cette-fois plus que le couteau.

note       Publiée le lundi 19 août 2013

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Seijitsu › dimanche 8 mars 2015 - 16:34  message privé !

Ce disque est pas mal et différent de The Sun Rises In The East. Bien plus calme et nocturne, mais également beaucoup moins jouissif.

dimegoat › jeudi 22 août 2013 - 13:59  message privé !

hum, pas facile de le distinguer du premier. Pour moi, ils se valent largement et c'est du haut niveau même si Jeru est le genre de MC qui me gonfle à haute dose.