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KRS-One › Return Of The Boom Bap

  • 1993 • Jive 01241-41517-1 • 1 CD

cd • 14 titres • 55:46 min

  • 1KRS-ONE Attacks
  • 2Outta Here
  • 3Black Cop
  • 4Mortal Thought
  • 5I Can't Wake Up
  • 6Slap Them Up
  • 7Sound Of Da Police
  • 8Mad Crew
  • 9Uh Oh
  • 10Brown Skin Woman
  • 11Return Of The Boom Bap
  • 12"P" Is Still Free
  • 13Stop Frontin'
  • 14Higher Level

line up

KRS-One (MC, production)

Musiciens additionnels : Dj Premier (production), Kid Capri (MC, production), Norty Cotto (production), Ill Will (MC), Showbiz (production)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
boom bap

Pourquoi Return Of The Boom Bap ? Parce que KRS-One est un gros nounours relou mais tellement chaleureux, généreux et charismatique ? Parce qu'il contient "Higher Level", un des morceaux pour lesquels j'ai eu envie de parler de hip-hop dans nos pages ? KRS-One, au sortir de la fin de BDP (qui après la mort de La Rock restait officieusement pas un groupe mais l'oeuvre de KRS seul pour rappel) a jamais été foutu de faire autre chose que du rap sans façade, gonflé à bloc comme un esclave provocateur qui aurait réussi a s'extraire de ses chaînes en faisant gonfler ses chevilles à l'egotrip. Sur ce faux-premier, KRS-One était alors au point de calcification de son flow, une sorte de gourou gueulard et un peu assommant, de big boy au débit maouss raggamuffin devant lequel nul gangsta, nul pimp, nul thug ne pouvaient rivaliser sérieusement, une fois dépouillés de leurs sapes et de leur métal. Se confronter à Return Of The Boom Bap, c'est goûter la puissance du côté lumineux de la force Hip-hop, les énergies mentales en mouvement dans le studio d'un seul MC, créant et envoyant des ondes positives en perpétuel entrechoc métaphysique, avec pour seuls armes sa voix, son micro, et quelques vinyles en vrac (que l'on peut entrevoir sur le livret). Et bien sûr l'aide du père Preemo, avec qui il se partage les prods... dans un esprit ouvertement puriste, car le titre appelle à un retour au son lourd, puissant et bitumé, à l'heure où Dr Dre joue la carte du synthétique. Faisant parfois jeu égal avec le patron des crate-diggers même si son style est plus sec et abrupt, même si les angles du vieux style BDP ont été arrondis, KRS-One mène la barque sans trop se soucier des wack MC's qu'il méprise avec un sourire à la Forest Whitaker. Return est aussi, il faut le préciser quand même, constitué de beaucoup, beaucoup d'auto-citation à répétition... un radotage jusqu'au bourrage mental. On parle bien de KRS-One... Mais il pouvait se le permettre, il a toujours été un des rares à pouvoir se le permettre sans sonner faux ou forçé, même s'il est vite saoulant sur long format pour le non-initié. Et il savait entrecouper d'éclairs "conscients" dans l'esprit pacifique-guerrier de By Any Means Necessary : "Black Cop". Jusqu'au plus profond des sillons... et avec une mâchoire à croquer des têtes de wack MC's. Qu'extraire alors de ce skeud aussi compact qu'une bible de poche ? Je ne suis pas fondu de tous les morceaux, ni de tous ces refrains bouboulesques et rondouillards, ni du côté versatile-verbeux tournant parfois dans le vide, mais "Mortal Thought", le morceau éponyme, ou la séquelle post-BDP "P" Is Still Free" tachetée de ces sons-onomatopées abstraits typiques de Premier et supporté par une basse dodue, restent des émeraudes inoxydables - même si ça me coûte un pléonasme grotesque. Et "Sound Of Da Police" si elle est devenue une scie - en France surtout (finalement était-ce à cause d'un jeu de mot trop tentant ou d'Edith Piaf ? je me le demande) reste l'un de ses plus grands moments... KRS joue aussi les hypnotiseurs, sur "I Can't Wake Up", se gave de beatbox à l'ancienne, puis surplombe ce beau gâteau mental d'une cerise magnétique intitulée "Higher Level" : l'un de ces morceaux de rap capables de suspendre les horloges pour souder l'auditeur aux lyrics, entamée par une introduction sortie de nulle part et aussi magnétique que le convecteur temporel collé par Doc dans la Delorean, KRS nous invitant à le rejoindre en cette heure avancée de la nuit, dans la pénombre de son studio, pour savourer cette montée au niveau supérieur du hip-hop, et cette instru moelleuse-ondulante qui évoque enfin les teintes lagon de la pochette... Une fin pur curaçao pour un album mi-malabar mi-vindicatif. Avec un rappeur dont les chevilles ont la circonférence d'un baobab... et avec des beats de bûcheron. Quelle admirable équation.

note       Publiée le lundi 19 août 2013

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dimegoat › jeudi 22 août 2013 - 14:01  message privé !

Je suis encore marqué du concert que j'ai vu de lui voilà deux ou trois ans. Il est casse-burnes le père Krs mais il donne toujours autant et vit sa musique avec une telle conviction! c'est presque un sacerdoce à ce niveau. Et cet album est un peu son manifeste.