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Little Women › Throat

1lp • 7 titres • 41:14 min

  • A
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  • B
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enregistrement

Enregistré le 11 décembre 2009 et mixé le 2 janvier 2010 par Andy Taub, Brooklyn Recording. Produit par Little Women et Steve Joerg. Pre-Mastering par Michael Marciano, System Two,Brooklyn. Gravé par Scott Hull, Masterdisk.

line up

Travis Laplante (sax ténor), Darius Jones (sax alto), Andrew Smiley (guitare), Jason Nazary (batterie)

remarques

L’édition vinyle a été pressée à 500 exemplaires.

chronique

Le fond de la pochette est blanc, cette fois. Le disque – après un mini album nommé Teeth, soient Les Dents – s’appelle La Gorge. On avance, on s’enfonce dans l’organisme. Le dessin, pour peu qu’on le scrute sous certains angles, évoquerait facilement d’autres morceaux d’anatomie. Au dos, imprimée en bas, une citation sans source créditée parle de vertus célestes, du choix qui se pose de les cultiver ou de sombrer dans une routine qui serait mort spirituelle… On la prendra comme on voudra. On remarquera que la phrase juste au-dessus en appelle, elle, à… Pousser fort le volume pour prendre mieux son pied. Ceci, en revanche, ne se discute guère ! Immédiatement, de toute façon, l’écoute nous y incite. Le guitariste n’est plus le même. La musique, pourtant, n’a guère changé – n’a rien perdu de son extrême expressivité, de sa libre puissance, de ses très sensibles frémissements. Elle se développe, ici, sur la pleine longueur, la pleine amplitude de son cycle. Ses contrastes – le son, en passant, est légèrement plus clair, sur celui-ci, plus défini sans perdre pour autant vraiment en abrasion – se marquent encore ; elle les approfondit, les reliefs la travaillent ; les transitions, pourtant, d’une partie à l’autre, trouvent cette fois-ci leur haute fluidité – fractions de seconde imperceptibles d’une délicate ondée d’harmoniques à une embolie de larsens et souffles saturés. Cette fois encore, tout est finement senti : emportements et accalmies. Le tumulte n’est pas là pour faire barrage. De fait il n’est pas bruit mais propulsion, énergie concentrée, libérée ; ses apparentes dissonances ne tiennent jamais de l’engorgement. La technique, à vrai dire, n’est pas méprisée, pas étouffée. Elle est multiple, s’invente à l’aune des trajectoires et des lancées, des débordements et poussées. Ce n’est pas elle qu’on entend car elle n’est qu’une part de l’accomplissement visé : la fête des timbres, l’épaisseur des matières, la grâce des lignes effilées, la beauté solide des battements roulés et basculés. L’émotion, non plus, n’est jamais moquée, jamais prétexte. Une pièce comme la partie IV – manière de valse superbe, illuminée tout autant qu’écorchée – emporte en montée lente puis fulgurante, comme un envahissement soudain d’endorphine, fausses pudeurs dénouées, les peurs absurdes enfin suspendues l’instant de la bouffée. Les explosions mêmes, les brisures – de tempo, de motifs tournés en boucles les secondes d’avant – ne sonnent pas la défaite de ce qui s’y joue, des musiciens, de la musique. Les éclatements, les chutes, les vaporisations, sont impulsions vers le stade, vers l’état suivant. Mutation, échanges organiques. Transformation spirituelle – rappelons-nous l’avertissement premier, l’énoncé sur la pochette – mais ô combien incarnée, vie de la matière, physique. Cette musique distend l’espace où elle se déploie, en éprouve les courbes, en pénètre les angles. Elle dilate et condense les molécules de l’air qu’elle excite, en modifie les densités. L’élévation n’est pas histoire de désincarnation. Elle investit le corps, l’explore, l’éprouve. Elle n’est pas le repos, l’abandon d’une âme impalpable, fantôme gazeux qui flotterait au-dessus des surfaces. Elle est poussée cardiaque enflant la jugulaire, trachée qui se gonfle pour qu’afflue l’oxygène ou que s’expulse le dioxyde. Cette fois encore, à la fin, la guitare et la batterie se taisent. Et dans l’abrupt silence, ce sont les voix qui retentissent, chantées, grognées, criées dans les saxophones. Elles sont, cette fois, fortement vibrées tout au long des colonnes, rageuses ou psalmodies, protestations plutôt que plaintes. Les instruments se font extensions des larynx, organe ajouté, prolongé, plutôt, à l’extérieur. Le pavillon se fait vestibule. De l’orée, vers le fond, on devine l’épiglotte. De là, prenant son souffle, on s’apprête à plonger au sang des alvéoles.

note       Publiée le mardi 6 août 2013

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Dioneo › vendredi 3 avril 2015 - 14:46  message privé !
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Klarinetthor › lundi 14 avril 2014 - 15:52  message privé !

qu'est ce qu'il est decevant le dernier

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › mardi 6 août 2013 - 22:19  message privé !

ah tu as raison pour la dernière piste; après réécoute de l'ensemble, ça permet à l'appareil de s'étirer, le tout sur une période bien dosée de 2 minutes

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › mardi 6 août 2013 - 18:50  message privé !

ben pas grand chose au début; ça s'étire jusqu'au milieu de l'unique piste, pour finir un peu plus agité mais certainement pas au niveau de leurs découpages de morceaux variés précédents. Il est pas encore arrivé dans les magasins: je ne vais pas me presser pour le choper.

Note donnée au disque :       
Dioneo › mardi 6 août 2013 - 02:45  message privé !
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Ah ah ! Je les aime bien moi, les Euuugh ! Waaah ! de la fin.

(Par contre du coup, ayant donc découvert son existence, j'ai vraiment envie d'entendre ce qui se passe dans leur poumon, maintenant).