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Pollard, Canovas, Dolente & Daniel › Two Roads

cd • 4 titres • 64:58 min

  • 1Compendium 19:02
  • 2Route of Industrial Signatures 14:47
  • 3Vista 18:08
  • 4Conjunction 12:59

enregistrement

Composé et enregistré entre Décembre 2012 et Mars 2013 à Bedford, Liverpool et Tenerife.

line up

Brendon Pollard (Synthés et séquenceurs Modular, Mellotron et Rhodes)Javi Canovas (Synthés et guitares) Adrian Dolente (Rhodes et synthés Modular) Michael Daniel (Synthés et guitares)

remarques

On peut entendre des extraits MP3 sur le site Bandcamp du groupe: http://brendanpollard.bandcamp.com/album/two-roads-2

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
vintage berlin school

Oh que je suis choyé. Et vous pouvez l'être tout autant que moi. Après l'art de la séduction minimaliste à la New Berlin School, signé par E-Tiefengrund, voilà que Brendan Pollard et ses acolytes viennent parfumer nos oreilles avec la quintessence du rock cosmique des années vintages. Mais il y a plus. Ça fait plus de 6 ans que l'ami Brendan n'avait pas planché sur du nouveau matériel. Et il y aura fallu une promesse faite à Javi Canovas en 2006 pour que l'homme derrière Rogue Element, avec l'aide de ses amis, récupère ses vieux équipements et se mette à composer et enregistrer un superbe album. Sans réinventer le genre, mais en l'approfondissant avec sa profonde mélancolie et sa rêveuse touche poétique, Brendon Pollard orchestre une œuvre électronique qui a sa place parmi les plus grands albums d'une époque que les chercheurs ne cessent d'investiguer afin de soutirer le plus beau des joyaux. “Two Roads” soulève les arômes fumigènes des feux intérieurs orangés, remués ici et là par des groupes tels Arc, Ramp, Free System Projekt et Redshift, que Tangerine Dream avait extirpé de ses équipements analogues dans les années Ricochet. Préparez vos oreilles, vous en aurai pas assez de deux!
"Compendium" prend forme dans une noirceur dérangeante où hurlent des sirènes apocalyptiques. Des nappes de synthé étendent des lisières de brume que des oracles percent de leurs voix absentes. S'extirpant paresseusement des nitescences de nappes anfractueuses aux souffles sibyllins, un synthé peine à libérer des solos hurleurs qui flottent comme des ombres difformes jusqu'aux racines des premiers balbutiements des séquences dont les touches alternantes s'entrecroisent au-dessus des soupirs des cymbales, moulant le rythme abstrait des odes électroniques. Un rythme qui trépigne sur place de ses séquences hyperactives et dont les touches ensorcelées s'agglutinent sous les morsures d'une guitare fauve afin de sauter dans leurs ombres pour mouler ces rythmes statiques qui servent de rempart à des ambiances psychotroniques. Une ligne de basse vient donner de la vigueur à ce rythme qui dévale les collines de l'imaginaire sans pour autant déraper de sa route abstraite. Jouant sur les nuances, ce rythme oscille avec discrétion pour donner plus de lustre à de somptueux solos qui virevoltent sur des cymbales tapageuses et découpent les ombres des séquences qui subdivisent leurs limpidités. Le rythme est soutenu et court à perdre haleine tandis que les solos crient de leurs rages torsadées dans des brumes d'éther dont les nappes assouplissent quelque peu un rythme de rêveur essoufflé. C'est la guerre entre ces solos de synthé et ceux des guitares corrosives de Javi Canovas et Michael Daniel. Ils dardent de leurs brises acérées un rythme haché par les frappes incisives des séquences qui perdent le sens d'un rythme toujours statique et qui voltigent vers une finale plus éthérée où les brumes enveloppantes roulent comme des vagues cosmiques sur "Compendium" qui se fait aspirer dans un trou noir.
Les stigmates de l'art électronique démontrent que les bonnes œuvres débutent dans des brumes et fumées hallucinogènes pour tranquillement prendre une forme rythmique, qui peut variée, avant de boucler la boucle et de s'éteindre dans les empreintes morphiques de leurs intros. La clé est dans l'art d’utiliser les séquences, de les embringuer pour former des rythmes où leurs subtiles évolutions confondent nos neurones qui dansent à satiété. Et c'est le principe de “Two Roads”. Les vents creux de "Route of Industrial Signatures" soulèvent des poussières de séquences qui voltigent de leurs cercles imparfaits pour grésiller dans des rotations de va-et-vient. Lugubre de ses souffles résonnants, l'intro ravale ces séquences et recrache un mince filet stroboscopique dont les saccades spasmodiques résonnent dans un écho étouffé par des ambiances de Schulze à la Picture Music, de brume gothique et de chœurs abscons. Tout est de mystère et d'ambiance glauque lorsque les premières ruades des séquences émergent un peu après la 5ième minute. Des séquences qui tournoient fébrilement, dessinant des cercles qui rapetissent astucieusement pour tracer un superbe et lourd mouvement linéaire dont seules les réverbérations en plient la ligne de rythme. Les synthés et guitares y dessinent de suaves solos et des ombres méditatives qui ornent les courbes d'un rythme dont les percussions volantes et une ligne de basse obéissante amplifient un tracé ascensionnel, décrivant les arcs musicaux qui rappellent les années 77 et le majestueux Encore du Dream. "Vista" et "Conjunction" offrent les mêmes configurations sans pour autant méditer sur les mêmes rengaines. Tout est dans les nuances, tant dans les ambiances que les rythmes. Si les ambiances diffèrent dans leurs enveloppes de mystère, les rythmes suivent les mêmes tangentes linéaires mais avec beaucoup plus de vigueur et de férocité. En fait, plus on avance dans “Two Roads” et plus les rythmes se font violence. "Vista" est sans doute le titre le plus éthéré avant de se rebeller furieusement de sa docilité. Les réminiscences avec l'art des rythmes électroniques si habilement confectionnés par Chris Franke abondent, il faut entendre "Conjunction", avec une belle touche contemporaine et c'est la force de “Two Roads”. Malgré les lignes de Mellotron contemplatives, les brumes flûtées et les ambiances de mystères noirs à la Phaedra, cet album issu d'une collectivité électronique de haut niveau respire d'une touche personnelle qui relie les deux époques.
“Two Roads” est tout simplement divin. Brendon Pollard, Javi Canovas, Adrian Dolente et Michael Daniel réussissent un tour de force en présentant 65 minutes d'une MÉ où les influences se perdent dans l'originalité des approches fortifiées par d'étonnants et séduisants patterns rythmiques. On a l’impression de danser, de courir dans des champs imaginaires où l'univers est centré dans notre chimère personnelle. Les rythmes et ambiances coexistent avec une fusion extrêmement musicale où l'un se nourrit constamment de la force de l’autre. J’adore tout simplement ces structures de rythmes, ces séquences qui s'abreuvent de ces ambiances métaphysiques dont les fumées argentées brillent avec abondance sur des rythmes hypnotiques qui dansent comme des coups de ciseaux dans des parcours mathématiques troués de fautes de frappes. Tout simplement superbe! C'est l'un des meilleurs dans son genre. Le seul os est que l'album n'est offert qu'en 500 vrais CD. Et j'ai bien peur qu'au moment où vous finirez de lire cette chronique il n'y en reste plus. Par la suite, on peut la télécharger sur le site Bandcamp du groupe.

note       Publiée le mercredi 31 juillet 2013

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