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Alice Coltrane › Journey in Satchidananda

  • 1997 • Impulse! IMP 12282 • 1 CD digipack

5 titres - 37:24 min

  • 1/ Journey in Satchidananda (6:40)
  • 2/ Shiva Loka (6:37)
  • 3/ Stopover Bombay (2:54)
  • 4/ Something about John Coltrane (9:44)
  • 5/ Isis and Osiris (11:29)

enregistrement

Coltrane Studio, Dix Hills, New York, USA, novembre 1970

line up

Rashied Ali (batterie), Alice Coltrane (piano, harpe), Charlie Haden (contrebasse), Cecil Mcbee (contrebasse), Pharoah Sanders (saxophone soprano, percussions), Majid Shabazz (tambourin, clochettes), Tulsi (tamboura), Vishnu Wood (oud), Tulsi (tamboura)

remarques

chronique

Styles
jazz
world music
Styles personnels
avant garde

Que de chemins parcourus en trois années et quatre albums pour la veuve de John Coltrane ! L'influence de son mari était, bien sûr, multiple, et ici, c'est au travers de son ouverture de plus en plus grande vers d'autres cultures, qu'elles soient africaines ou orientales, qu'elle consolide l'approche spirituelle qui a cimenté le couple dans les dernières années de sa carrière. Les premiers essais en trio semblent bien loin, l'aspect médidatif déjà développé sur son prédécesseur, "Ptah the El Daoud", étant d'avantage renforcé sur cet enregistrement par l'emploi permanent du tamboura qui, à l'instar du sitar, dessine une trame surlaquelle va venir se greffer la musique hautement spirituelle distillée par les deux formations qui l'accompagnent. On se croirait presque en plein trip fumette, vapeur d'encens à l'appui sur coucher de soleil embrasant la ligne d'horizon d'un océan qui pointe vers l'infini. On se croirait presqu'en train de visiter l'Inde à dos d'éléphant, ou la pointe sud de la Méditerranée lorsqu'on laisse le soin à nos paupières de se refermer pour nous y guider. L'album s'ouvre d'ailleurs de bien belle manière avec sa plage titre ; aux côtés d'une Alice Coltrane qui délaisse son piano au profit du son toujours magique et cristallin de la harpe, on retrouve un Cecil McBee en toute grande forme - magistral de bout en bout - et un Pharoah Sanders beaucoup plus apaisé que d'habitude, à un tel point qu'on a même l'impression d'entendre Wayne Shorter sur "Stopover Bombay" ! "Journey in Satchidananda" revêt, de fait, l'habit du disque le plus chaudement recommandé aux timides qui ont peur de s'y engager, le plus communément reconnu aussi de cette musicienne éclairée qui, peu à peu, est parvenue à s'extirper de l'ombre de son imposant mari en se révélant en tant qu'artiste à part entière, avec sa propre vision, faisant preuve, disques après disques, d'une forte et indiscutable personnalité. Un disque plein, apaisant et réellement habité par une âme.

note       Publiée le samedi 8 juin 2002

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notes

Note moyenne        11 votes

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Reflebe › lundi 15 janvier 2018 - 13:04  message privé !

J'ai plus de sensibilité pour cet album que pour les albums de Pharoah Sanders (trop marqué par l'influence de John Coltrane, mais il me faudra me pencher à nouveau sur sa discographie). Cela dit l'approche plus mélodique du saxophoniste sur cet album est parfaite. La pulse lente de "Journey in Satchidananda" (le morceau) vaut toute les séances de relaxation.

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Dioneo › vendredi 29 septembre 2017 - 16:10  message privé !
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Eh eh... Précisons : quand je dis "planant", ça a facilement une connotation "senteur patchouli/merguez" hippie ou post-hippie, voire, pour moi... Ce qui d'ailleurs n'est pas forcément négatif - y'a ça dans une partie du kraut et conséquences et du rock psyché versant que j'aime bien ou plus, plus largement, c'est pas douteux... Mais là je sens pas ça. (Je trouve ça plus fin et moins "sur un seul mood contemplatif", aussi, que nombre des trucs en question, quoi, surtout). (Et bon, je vais pas te contredire sur les Coltrane John dernière période, vu l'effet intense qu'ils me font).

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Rastignac › vendredi 29 septembre 2017 - 16:06  message privé !
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J'aime beaucoup cet album mais il ne m'a jamais fait autant "spirituer" que Pharoah Sanders (sans les voix de tyrolien de Leon Thomas qui me font un peu crisser des dents) ou le mari Coltrane, seulement bassement planer... mais ça reste du planage de haute qualité.

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Dioneo › vendredi 29 septembre 2017 - 15:49  message privé !
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Ça vole bien haut, ce truc - plutôt que de juste "planer" tel une vague occurrence de jazz-hippie-orientalisant... Enfin, soyons clair : il y a beaucoup de disques de cette veine - "spiritual jazz" oui, comme on disait je crois déjà sur le coup - qui font mieux qu'un "exotisme agréable", à commencer par un paquet de Pharoah Sanders, oui, sans doute (de ces années là en tout cas, plus tard ça n'a pas été aussi... constant), et sans doute une grosse partie de ceux de ladite Alice. D'autres choses un peu plus "convenues" même sans doute sur le coup (même si c'est dur à dire avec le recul qu'on a maintenant, ça), qui vu d'ici sonnent, je dirais, un peu raides, très "écrites" et moins "fluides" - certains trucs de Charles Loyd pour ce que je m'en souviens, les débuts de ce qui deviendra la touche ECM (ECM core ?), les Indo Jazz Fusion de Joe Harriott/John Mayer quelques années avant (Harriott est d'ailleurs bien meilleur, sa musique plus vivace et belle dans un contexte pas "indianisant")... Et bref, je trouve que celui-là, parmi tout ça, reste un de ceux qui percent et persistent. Rien de flou dans la "fusion" - parce que justement ça ne sonne comme une fusion d'éléments mais comme un truc singulier, entier même si nettement "ouvert", pas collage ni soudage, quoi -, un niveau de jeu élevé mais personne qui cherche à briller au détriment des autres ou "devant", c'est vraiment une musique d'ensemble mais avec ce côté "soli simultanés", parallèles mais tenus, apparentés, liés par le morceau, le mode (au sens strict d'ensemble de notes articulées selon des règles précises et/mais aussi au sens "mode d'expression" pour chaque plage). Ils ont tous des sonorités magnifiques, en passant, sur leurs instruments (ces contrebasses...). Et Alice est une pianiste dont on mésestime ou méconnaît sans doute parfois le jeu (encore cette histoire de "succession", sûrement, aussi, vu qu'elle avait remplacé McCoy Tyner sur les derniers disques avec son mari) et c'est dommage... Parce qu'il est très beau aussi, son jeu - très "net", ferme, articulé mais en même temps très coulant, fluide, avec un "sens chromatique" (dans l'acception "jeu des couleurs") assez exceptionnel.

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nicola › jeudi 25 mai 2017 - 19:47  message privé !

Exact et pour le peu que j’en ai écouté, j’ai cru entendre Nico chantant dans un ashram.