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Volt › Particles

cd • 3 titres • 59:42 min

  • 1Lepton 17:40
  • 2Fermion 17:23
  • 3Boson 24:33

line up

Michael Shipway et Steve Smith (Claviers, synthés, e-guitares, séquenceurs et échantillonnages)

remarques

Pour en savoir plus sur Volt et entendre des échantillons musicaux, visitez le site web suivants: http://voltmusic.net/

chronique

Album concept sur l'univers microscopique des particules, “Particles” s'inscrit dans la liste de meilleures productions de MÉ de l'année 2013. Moulé sur les mêmes préceptes que Circuits, ce dernier album de Volt propose 3 longs titres dont les structures de séquences proposent des rythmes ambiants ainsi que légèrement fougueux. Mais surtout des rythmes évolutifs avec des séquences qui pétillent d'une effervescence stationnaire dans des enveloppes électroniques aux divines harmonies tisseuses de vers d'oreilles. Un album où la MÉ brille de ses milles feux, de ses influences de la Berlin School tant vintages que contemporaines et d'une parfaite complicité entre les styles et approches de Steve Smith et Michael Shipway, “Particles” est un superbe voyage dans ce que la MÉ a de plus beau à offrir.
Des coups de baguettes sur une corde vocale d'extra-terrestre font sauter des ions grésillant sur un fil de soie extrêmement tendu. "Lepton" amorce ce dernier opus de Volt avec des pulsations éraillées dont les sauts indisciplinés rebondissent dans de belles couches de synthé qui flottent avec un mélange de voix séraphiques. Mielleux et sibyllin, le synthé trace des lignes tant éthérées que menaçantes qui balaient une intro rongée par de faibles explosions électriques. Et on bascule dans l'univers de Volt où les réminiscences des années vintage caressent nos oreilles avec des synthés aux solos torsadés légèrement nasillards qui rappellent les approches cabalistiques du Dream. Après une intro somme toute ambiosphérique, le rythme s'installe avec timidité un peu après la 6ième minute. De fines séquences épousent le mouvement des pulsations entrecroisées, moulant un rythme oscillatoire qui augmente son poids avec des séquences plus noires. La brume d'un Mellotron installe une ambiance obscure, valsant de ses belles strates aux odeurs de violons amers sur un rythme qui ne regardera plus derrière. La magie des synthés opère avec des lignes aussi musicales qu'éthérées. Alliant brises arabiques à des souffles d'oracles sur un tapis de brume opaline, elles laissent passer de fins solos qui roucoulent dans une texture ambiante et flottante que des séquences aux entrecroisements mathématiques bercent de fins cahots. Sous ce maillage de lignes et de couches de synthé se profile un lent crescendo rythmique qui atteint son apogée lorsque "Lepton" ouvre son squelette pour offrir ses séquences, devenues plus incisives, à des percussions qui labourent un rythme devenu de plomb, traçant une chevauchée ascensionnelle qui galope lourdement sous des solos criant comme une guitare que l'on torture. Du très grand Volt qui nous rive à notre siège, les oreilles en alerte sur une finale bourdonnant d'une agressivité harmonique. Plus tranquille dans son bouillon de lignes et brises diaphanes, "Fermion" propose plutôt une structure plus sombre avec des chœurs chtoniens qui fredonnent sur un rythme aux douces inclinations ambiantes. Sans être agressives, les séquences sautillent dans leur ombre comme des coups de ciseaux dans une eau glaciale et dédoublent leurs harmonies sous l'égide des synthés aux doux solos rêveurs.
"Boson" impose une intro lourde avec des brises de synthé orageuses qui gémissent dans le plus noir des trous noirs. Ces brises s'entortillent comme des souffles perdus dans un vent lourd, moulant une symphonie sur l'oubli où errent des chœurs à la recherche de lueur. Intense et noir, l'intro de "Boson" plonge l'auditeur dans un intense 5 minutes morphique avant que des pulsations lourdes n'en secouent l'inertie. C'est la genèse d'une très belle structure de rythme qui s'installe. Des séquences papillonnantes se greffent à ces pulsations, moulant un vol sédentaire qui bourdonne d'une flopée de centaines d'ailes alors que les synthés se divisent une approche harmonieuse en deux lignes, dont une très discrète, moulant ainsi une superbe mélodie aux rêveries de David Wright (Walking with Ghosts). Le rythme se détache. Sautillant en solitaire dans des brumes irisées, il palpite d'une faible cadence sous des pépiements électroniques et de fins solos acuités qui flottent comme une odeur de regrets. Beau de son rythme ambiant et mélodieux, "Boson" tente une 3ième échappée rythmique vers la 14ième minute. Toute douce, cette phase ira en croissant. Alimentée par des percussions, elle bang et bang sous les morsures des solos aux effluves d'une guitare d'un genre heavy-métal ambiant. C'est très bon. On dirait un mélange de David Wright, Code Indigo et Volt.
Des rythmes ambiants, implosifs et des mélodies errantes sur 3 longs titres aux lentes évolutions minimalistes, “Particles” est un pur album de MÉ où Volt prend tout son temps afin d'approfondir les sujets de sa convoitise. Un peu comme des particules dans le LHC, les réminiscences de l'ère analogue et contemporaine ainsi qu'un maillage des genres Berlin School et England School fusionnent à merveille pour atteindre un petit Big Bang musical où les rythmes cosmiques et les mélodies oniriques enchantent des oreilles constamment en éveil.

note       Publiée le mardi 9 juillet 2013

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