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VNV Nation › Empires
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Ronan Harris, Mark Jackson.
chronique
Voilà qui ne devrait pas me faire dévier de ma tendance crasse à l'exégèse anecdotique. VnV Nation représente pour beaucoup le cliché fade et pompeux de la future pop, la chose de mauvais goût réservée à des semi-goths attardés qui investissent les dancefloors les larmes aux yeux et les bras en croix comme s'il s'agissait du Golgotha. VnV Nation, malgré son évidente absurdité nunuche, représente surtout un peu toutes mes années sampler Elegy/D-Side = l'insouciance ébahie dans le dark tuning ! Bref rappel : Au milieu des années 90 la frange la plus "club" de l'electro dark connaît sa mutation technoïde. VnV, tout en étant progéniture synth-pop, est un peu le pilier de cette vague de mauvais goût, ce rejet de l'organique pour le tout-synthétique, conspué par les vieux puristes. Fondamentalement, Empires - qui est le seul que j'aie jamais eu le mauvais goût de posséder - sous sa pochette aux airs tenaces d'emballage pour eau-de-toilette de grande-surface, n'a rien de plus grotesque que Suicide Commando, entité dark-beauf qui a plutôt bon pied bon oeil dans nos pages. Il y a un côté un peu paradoxal dans cette synth-pop goth-déospray, qui en fait le modeste intérêt selon moi : les beats sont de pures resucées de l'EBM versant techno, 100% synthétiques et bourrins. A côté de ça, les vocalises chevrotantes de Ronan Harris veulent donner une dimension solennelle, presque ésotérique, comme s'il était un chanteur neo-folk... Et au milieu, sont généreusement appliquées des mélodies de synthés dans une veine post-Orchestral Manoeuvres In The Dark mais - on ne va pas se mentir - nettement plus proche dans l'esprit de la trance la plus basique, ou des travaux les plus grotesques de Jean-Michel Jarre ("Saviour"). Le plus improbable avec ce groupe c'est aussi qu'ils sont, jusqu'à preuve du contraire, anglais. Peu d'anglais peuvent autant sonner comme des allemands que VnV Nation - du reste ils ont fini par s'établir au pays du strudel, comme quoi y a une logique dans ce bas monde. Empires représente probablement leur point de fusion, le moment où leur côté "pouet pouet" inhérent au genre était encore contrebalancé par un feeling relativement "dark", un peu aryen-new age sur les bords, et des visions de fin du monde en basse résolution. Empires est totalement naïf, binaire, mignonnet, et sûrement aussi gutsien que Era : une apocalypse des dancefloors vue par des waveurs sans le moindre recul sur la vaste débilité de leur musique, dansant à la gloire de divinités moches et de visions mystiques en carton pâte faisant frémir leurs âmes, au son du Grand Prêtre Ronan Harris, jusqu'à l'aube où ils devront se remettre au boulot. Evidemment, ce serait être encore trop léger que de ne pas, avant d'achever cette chronique, bien vous rappeler les sonorités exploitées, dont quantité non-négligeable ne feraient pas tâche dans les manèges à sensation des fêtes foraines. Je reste fluo mais lucide. Notation : double-boule vanille, mais avec la petite gaufrette quand même : Empires est une future pop romantico-apocalyptique de rang semi-aristocratique, croyant avoir une envergure religieuse mais incapable de percevoir sa portée kitsch, et pourtant, indépendamment de sa médiocrité fondamentale, d'une aura incontestablement personnelle... Là où Covenant se contentera d'un glacier, VnV Nation va avoir besoin d'y ajouter des pingouins. Et moi, je préfère juste savourer l'aurore boréale, sans honte ni jugement. C'est mon côté Darkstar Seven.
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- Pielle › Envoyez un message privé àPielle
Le nouvel album, "Construct", sortira le 9 mai et sera suivi d'un deuxième album dans la foulée intitulé "Destruct".
- Marco › Envoyez un message privé àMarco

Il y a quand même Automatic qui est une réussite en ce qui me concerne. Noire contient de vraies pépites, mais aussi beaucoup de remplissage et est au moins un tiers trop long. Electric Sun a de belles surprises, mais a peu d'âme en tant qu'album...
Message édité le 26-04-2025 à 23:20 par marco
- Note donnée au disque :
- Code-12 › Envoyez un message privé àCode-12
Alors là, tu m'intéresses. C'est justement ce côté 'un seul bon titre par album' (en plus du fait que cela commencait sévèrement a devenir répétitif) qui m'a fait décrocher après l'album 'Of faith and glory' (qui ne contient justement qu'un seul bon titre : 'Where there is light').
Je suis preneur d'une bonne chronique qui me redonnerai la foi en VNV NATION (et puis, tu as déjà chroniqué des albums dans lesquels il y avait moins de 3 bons titres).
- Wotzenknecht › Envoyez un message privé àWotzenknecht

Electric Sun contient au moins trois titres potables, j'ai meme pensé le chroniquer a un moment donné tant il relevait le niveau du sempiternel "un titre par album".
- Code-12 › Envoyez un message privé àCode-12
Ah ! Je suis tout à fait en phase. 'Chrome' sur Matter+Form est une tuerie (avec 'Arena'). Et 'Nemesis' sur Judgement est vraiment reussie. Après l'album 'Of faith and glory', j'ai totalement lâché l'affaire car cela devenait trop systématique en terme de style et de composition (toujours les mêmes chansons, les mêmes melodies, les mêmes ambiances...) et de plus en plus faible en qualité de compositions.
Mais depuis 'Empires' jusqu'à 'Judgement', il y a toujours 2 ou 3 titres par album qui sont de vraies réussites.
Message édité le 23-04-2025 à 12:33 par Code-12
