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Triptykon › Eparistera Daimones

cd • 9 titres • 72:41 min

  • 1Goetia
  • 2Abyss Within My Soul
  • 3In Shrouds Decayed
  • 4Shrine
  • 5A Thousand Lies
  • 6Descendant
  • 7Myopic Empire
  • 8My Pain
  • 9The Prolonging

enregistrement

Août-Novembre 2009.

line up

Tom Gabriel Fischer (chant, guitare, claviers), V. Santura (guitare, chant), Vanja Slajh (basse), Norman Lonhard (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Simone Vollenweider (chant), Nadine Rimlinger (violon)

remarques

chronique

Styles
metal extrême
gothic metal
dark metal
Styles personnels
noir et ostentatoire

J'aimerais avoir les capacités littéraires pour vous décrire avec force mots l'odieuse envergure prêtresse de Eparistera Daimones... mais seul Sheer-Khan le pourrait. Je ne serais donc qu'évocateur timide de cette Lune noire... il faut dire que Thomas Gabriel Fischer, Grand Baron des Catacombes et des Forêts (et encore, là je suis même pas assez pompeux), n'a jamais été pour moi une entité clairement définissable dans l'univers quadrillé du métal. Père, sans doute, d'un nombre incalculable de progénitures ingrates. Mais Père Difforme - voire hermaphrodite, ne pouvant décidément pas rêver meilleure façade pour son oeuvre la plus gourmande et imposante que cette obscène partouze gigerienne de la pochette. Eparistera Daimones représente, plus encore que le massif et jouissif Monotheist - dont il a, selon ses détracteurs, des airs de chutes studio et de faces B - son apothéose, son Temple Visqueux, l'album sur lequel on peut vraiment parler de condensé d'une oeuvre et d'un feeling unique qui en ont fasciné plus d'un et laissé sur le marbre un paquet d'autres (demandez donc à notre patron Chris). N'y allons pas par quatre chemins : ce Triptykon est énorme, énormissime. Une véritable pièce-montée, un trône aux moulures ignobles, gravé dans la jouissance onaniste et mortifère à la gloire d'une déité tant reconnue de ses petits qu'elle en est devenue plus grandiose et méprisante que jamais, préférant désormais caresser les gros miroirs et les sceptres que savourer le bruit de ses épées tailladant les chairs barbares. Une fois n'est pas coutume, Eparistera Daimones contient un livret généreusement garni de petites annotations personnelles, dans lesquelles le Baron s'étend sur les détails intimes et personnels qui l'ont poussé à composer tel titre, tisser telle atmosphère, dans quel "mood" il était au moment de tel morceau, etc etc... et si cela est mignon dit comme ça, c'est aussi approprié qu'on l'imagine : le personnage n'a peut-être jamais été aussi généreux sur album, même pendant la période fantasque Into The Pandemonium - dont le petit interlude un peu grotesque au piano sur "Myopic Empire" rappelle d'ailleurs la saveur surannée. Triptykon est cet autoportrait atroce, sculpté avec les gravats des forteresses ennemies abattues jadis par son auteur au prix de la sueur ingrate des pionniers. Pas moins de soixante-douze minutes, dressées face à lui comme la tertre infranchissable, attendent l'auditeur, simple petit mammifère à sang chaud auquel il est sommé de se prosterner sans broncher. Et de ramper. Ce qui n'est pas difficile, tant la sinistre et faramineuse messe à laquelle Fischer se livre sans complexe aucun est exempte de toute idée de légèreté, d'ironie ou de demie-mesure. On traverse, difficilement mais souvent impressionné, ces cascades noircissantes de riffs qui firent la gloire de Monotheist. Bien moins basiquement accrocheurs, néanmoins. Abyssaux, protéiformes. Ni black ni doom ni thrash ni death, mais un peu de tout ça - car origines. Barbares origines. On savoure les martèlements gargantuesques. On se repaît de "My Pain", clairière aux mélancolies vénéneuses, comme d'une Lune promise. On se délecte de cette aura gothique pesantissime sur "In Shrouds Decayed". On contemple les ombres de nos vieux albums de métal extrême cultes, évoqués comme les souvenirs de victimes sans nom... Et on échoue sur des accalmies attendues comme le repos du guerrier, durant lesquelles le Baron prend sa voix rauque-parlée à faire agenouiller un grizzli, juste avant de virer dans ses intonations de sorcière mâle. Définitivement pas définissable, car éternel métamorphe gothique issu des temps les plus ancestraux du métal : tel est Fischer, et tel est Eparistera Daimones. Une véritable orgie occulte au plus profond de l'Antre. Même si je chronique et note, je n'en ai pas encore complètement terminé, loin de là, avec ce copieux barnum, aussi épuisant qu'un exorcisme. Allez, courage... mon crucifix... ma lanterne... j'y retourne... je DOIS y aller... croiser son regard...

note       Publiée le mercredi 26 juin 2013

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Note moyenne        17 votes

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zugal21 › mercredi 7 octobre 2020 - 20:25 Envoyez un message privé àzugal21
" Satan, saviour " . Bonne posture !
Note donnée au disque :       
nicola › samedi 25 novembre 2017 - 08:02 Envoyez un message privé ànicola

Et montrer une sodomie sur une pochette.

No background › samedi 25 novembre 2017 - 00:21 Envoyez un message privé àNo background

Seul un vrai straight edge peut faire de la musique si evil.

fonfongre › vendredi 24 novembre 2017 - 20:34 Envoyez un message privé àfonfongre

Il se dit que le Tom ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, ne mange pas de viande.

Kagoul › samedi 11 avril 2015 - 18:33 Envoyez un message privé àKagoul

Superbe chronique pour un de mes albums de métal favori ! Noir et ostentatoire :-) Quelle voix aussi

Note donnée au disque :