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Brame › La Nuit, Les Charrues

cd | 7 titres | 48:54 min

  • 1 Monségur
  • 2 Malebête
  • 3 6 Cold Feet
  • 4 Défiances
  • 5 Araire
  • 6 When The Levee Breaks...
  • 7 Démolitions

enregistrement

Növö Local.

line up

José (guitare baryton, boucleurs, granulateurs, cailloux, cajón), Serge (harmonica, voix, mégaphone, appeaux, tamis, tôle, oscillateurs, field recordings)

chronique

Les seules choses que j'ai pu lire sur Brame, je les tiens d'un ami les connaissant lui-même de longue, qui les décrit comme une affaire d'agriculture. Ce que j'ai entendu sur "La nuit, les Charrues", n'ayant jamais écouté leur premier album, est d'abord une affaire d'horlogerie. Tout le monde semble donc d'accord sur la nature profondément artisane de Brame. Leur blues-rock est une grosse horloge, trônant, sinistre masse de bois usé et de mécanismes rouillés, au fond de la salle à manger d'une famille minière. Chez Brame, on a rien à prouver, rien à donner en spectacle, rien à salir où à violenter avec calcul. On ne joue pas le blues, le rock, l'indus, le noise, le hardcore, ouate-seau-héveure. On les fabrique. On les épluche comme des patates dans Germinal. C'est un travail. Un travail qui ne paie pas. Les pincements de cordes sont totalement amateurs, familiers comme le pain. Pesants, gouttes de plomb sur le moral ouvrier, ils tombent. Acharnés, jusqu'au saturnisme de l'âme. Simple mais douloureux édifice sonore dressé en plein boyau de la précarité rurale. Brame sont impavides comme ces vieux ouvriers qui épluchent depuis longtemps, qui fouanent la petite misère. Non, on a pas envie de souhaiter un bon avenir à Brame (comme on le fait pour les groupes du terroir dont nous autres fils de putes entendons habituellement les démos cradingues avec un sourire en coin bienveillant et quelque peu complaisant), tant la musique de Brame nous semble déjà vieille, et usée comme le bois de l'horloge. Pour les affaires de références me venant directement à l'esprit, au-delà de l'effet Swans de leurs insistances, "La Nuit, Les Charrues" est souvent mené façon Bone Machine bloquée sur ralenti-moteur, par ce hurlement emprisonné dans un vieux transistor d'avant-guerre en guise de vaudou, bramant (...). Le brame chez Brame est un outil, pas plus important que le reste. Il est fiché là, simple clou dans nos aubarasses généreusement lardées. Brame, pour enfin en finir avec toutes ces redondances - appropriées au sujet cependant - est épais. Comme la corne sur ses mains. Et comme cette corne, la grosse peau dure des travailleurs, Brame n'est ni malveillant ni bienveillant. Juste corne, se contentant de brunir et d'épaissir au fil des coups de pioche du quotidien. Brame est ainsi : un petit groupe de bordelais de 2013 qui sont peut-être des campagnards du fond du centre de la France en 1913, allez savoir... Un disque fabriqué par deux gars, avec des outils, à conserver sous les débris de nos cartons comme le daguerréotype anonyme d'une locomotive éventrée.

note       Publiée le samedi 22 juin 2013

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Klarinetthor › mardi 24 septembre 2013 - 15:08  message privé !

Le blues electrique c'est bien. Le blues raccordé aux lignes haute tension, c'est mieux.

Note donnée au disque :