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Grateful Dead › The Grateful Dead

cd | 15 titres | 79:20 min

  • 1 The Golden Road (to unlimited Devotion) [2:12]
  • 2 Beat it on the Line [2:31]
  • 3 Good Morning Little School Girl [6:35]
  • 4 Cold Rain and Snow [2:29]
  • 5 Sitting on the Top of the World [2:47]
  • 6 Cream Puff War [3:21]
  • 7 Morning Dew [5:20]
  • 8 New New Minglewood Blues [2:44]
  • 9 Viola Lee Blues [10:24]
  • Bonus Material
  • 10 Alice D Millionaire [2:25]
  • 11 Overseas Stomp [2:27] [ (the Lindy)]
  • 12 Tastebud [4:22]
  • 13 Death Don’t Have No Mercy [5:24]
  • 14 Viola Lee Blues (Edited Version) [3:05]
  • 15 Viola Lee Blues (live) [23:14]

extraits audio

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enregistrement

Enregistré par Dick Bogert au Studio A, RCA Victor, Hollywood (Californie) en janvier 1967, sauf 1, enregistré au Coast Recorders, San Francisco (Californie), en janvier 1967. Produit par Dave Hassinger.

line up

Jerry Garcia (guitare, voix), Bill Kreutzmann (batterie), Phil Lesh (basse, voix), Ron "pigpen" Mckernan (claviers), Bob Weir (guitare, voix)

remarques

Les plages 10 à 15 sont les bonus de l’édition CD (digipack) sortie chez Warner Bross/Rhino en 2003.

chronique

Rien n’était prêt, en fait. La technologie pas en place – encore en travail, plutôt, comme on dit en obstétrique. Le marché, cette fois là, n’avait pas encore muté pour accueillir la déferlante, l’écouler en tranches mesurées, bien pesées, épater juste assez – sans vraiment satisfaire, afin d’ourdir les suites qui à leur tours relanceraient l’attente. Le groupe lui-même n’avait pas compris qu’on pouvait déborder autrement que sur scène, qu’il restait à trouver d’autres façons, d’autres manières de tordre les racines, de faire craquer les enveloppes. Les grands bouleversements, à vrai dire, restaient à venir, chez ceux-là et en dehors… D’ici quelques mois, le Sergeant Pepper qu’on sait allait dégommer les repères, chambouler les latitudes. Et dans la baie de San Francisco, Garcia, Weir, Pigpen, étaient déjà de singuliers Héraults, donnaient de longs concerts en plages ouvertes, surfaces, anfractuosités d’où ils tiraient, où se glissaient, se lovaient, d’où se défaisaient leurs improvisations tissées lâches mais solides ; Jerry Garcia, personnage débonnaire mais dont le calme presque surnaturel sera toujours comme l’ombre au devant, au sillage de ses pas, pouvait bien chanter le LSD – comme clé, mot de passe pour l’inconnu – avec déjà bien plus de subtilité, d’ambiguïté, que d’autres, parmi les cohortes hippies, amuseurs psychédéliques, marchands de couleurs saturées… Il n’empêche : ici, sur ce premier album, manquent encore des pièces. Des hommes, déjà : Mickey Hart, le second frappeur, le perturbateur Tom Constanten, le parolier Robert Hunter, n’ont pas encore rejoint les autres. Le groupe – partout présent, certes, partout proclamé – ne dépasse pas encore sa stature de Phénomène : remarquable, oui, mais pas encore si distinct, finalement, des autres, autour, sur cette supposée scène soudainement exposée. Acid Rock… Bien sur ! Pour les substances ingérées, encore une fois, ça ne fait ni doute ni mystère. Mais dans la musique même, aussi, dans la couleur qu’elle prend. Le choix des fréquences jouées, les partis pris d’enregistrement, de mixage… Tout, ici, fait rendre aux voix, aux instruments, cette saveur métallique, les pousse dans ce registre aigrelet où versaient si volontiers ces premières heures du son psychédélique. Une musique pas encore si affranchie, à bien y écouter, des traits et habitudes, des prudences et conforts d’une certaine pop sur le point de passer à l’antique. Encore pensée pour une diffusion en radio, avant tout : durées très limitées, bande passante étriquée… Et de rock, il est encore question sans que le terme fasse encore doute, sur ce disque – au sens classique du terme, presque. Blues électrifiés, juste un peu plus. Standards déjà mainte fois repris depuis les pionniers, pas encore étirés, éclatés, réarticulés en idiomes inédits. Les morceaux originaux, même, s’écartent encore à peine de ces modèles : trames simples et droites, une ligne par instrument, avec juste un peu plus d’espace laissé aux variations aux entrelacements de ces voix... On ne dira pas, cependant, que c'est "un coup pour rien". Pas tout à fait. Parce qu’il y a – bien sur ! – ce coup d’éclat ; cette longue flambée, plutôt – Viola Lee Blues et ses guitares intriquées, sa belle montée, sa poussée en bouffées avant que n’envahisse, ne gagne de nouveau l’apaisement – reléguée en fin de disque comme pour la cacher mais qui par effet de contraste semble absorber encore mieux tout ce qui avait précédé, jusqu’à l’effacement presque, d’abord. Mais parce qu’aussi – à y revenir, ensuite – on entend bien déjà, dans les huit autre plages, les prémisses de cette entente miraculeuse entre ces musiciens qui trouveront bientôt leur pleine fluidité, dans leurs notes en coulées, leur rythmes en édifices, perspectives d’égarement, indices familiers fondus en un même flux. Mais voilà, donc : ce ne sont là que prémisses. Alors… Serait-ce "trop peu" ? Oui. Sans doute. Mais à peine. D’un "à peine" qui fait que l’oubli – une fois franchi ce degrés manquant – a tendance à perdurer. Une distraction, pour celui-là, plutôt qu’une amnésie choisie, de dégoût, volontaire… Parce que les mêmes gens, en compagnie renouvelée, étendue, allaient bientôt ouvrir, tailler depuis des lieux voisins, d’autres méandres – plus attirants, plus captivants… Des formes inédites et d’autres profondeurs.

note       Publiée le vendredi 21 juin 2013

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