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René Splinter › Modern Ruins

cd | 8 titres | 62:43 min

  • 1 Urbex [ 9:00]
  • 2 Pod City [ 13:01]
  • 3 Scenic Reels [ 7:23]
  • 4 Footprints in the Dust [ 9:28]
  • 5 Regeneration [ 4:49]
  • 6 Modern Ruins [ 8:18]
  • 7 Nostalgia [ 4:29]
  • 8 The Pendulum [ 6:14]

enregistrement

Composé par Rene Splinter et enregistré entre Décembre 2012 et Février 2013 Masterisé par Ron Boots

line up

René Splinter (Synthés Elka Synthex, Korg DSS-1, SCI Pro-One, Korg Mono/Poly et Yamaha CS2M. Séquenceurs Roland CSQ600 et Drums Computers Korg DDD1 et Roland TR808)

remarques

Pour en connaître un peu plus sur l’univers de René Splinter et visionner une couple de vidéos, on visite son site web à l’adresse suivante : http://www.renesplinter.com/Home.html

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
new berlin school

Faire revivre les bâtiments désaffectés. Faire parler ces ruines de par leurs souffles des fantômes du temps qui sont les témoins silencieux des joies, des peines, des naissances, des morts, des meurtres, de la violence et de l'oubli. Les ruines sont les vestiges de notre civilisation. Et celles plus modernes le seront dans des centenaires si l'avidité pour des bâtiments neufs n'érode le paysage de désolation qui tapisse ces ornements désertés pour un appel à une vie meilleure. Pour son dernier album, René Splinter a décidé de faire parler les ossements des civilisations détruites par les guerres ou abandonnés par leurs occupants afin d'occuper les ruines de demain. Un étrange projet où les embûches sont à tous les coins lorsque l'on connaît le style très mélodieux du synthésiste Hollandais. Et non, l'univers René Splinter n'a pas changé. Seul derrière ses claviers, il se plait toujours à imaginer ce que Tangerine Dream serait devenu avec lui. Et le résultat de ses fantasmes est toujours aussi délicieux, même si tranquillement René Splinter commence à ressembler à Johannes Schmoelling. “Modern Ruines” est son 4ième album et son 2ième sur Groove. C'est un album qui offre une autre vision de Splinter avec beaucoup plus d'ambiances que sur ses œuvres précédentes. Mais n'ayez crainte, les rythmes construit sur les séquences et leurs échos en forme de cascades et les mélodies accrochantes sont toujours de mise. C'est juste que Splinter a décidé d'être plus audacieux…comme un certain Johannes Schmoelling. Des notes nostalgiques tintent avec la limpidité du verre dans des vents qui sifflent à travers les pyramides urbaines. Timide de son rythme polyphasique, "Urbex" entend les murmures sous la pluie et les cercles réverbérants qui flottent de leurs contours difformes avant de secouer sa gêne avec des frappes de percussions éparses. Des frappes qui résonnent comme des coups d'enclumes et moulent un rythme lent. Des accords tombent en série de cascades, formant une structure de rythme finement saccadé qui hoquète sous des souffles de synthé Jarresque. Et "Urbex" étend sa structure de rythme. Une structure où les séquences sautillent dans une névrose collective, bousculant leurs échos pour forger un rythme nerveux, comme on va retrouver sur le puissant "Pod City", "Footprints in the Dust" et "The Pendulum". C'est un rythme où les percussions chevauchent un lit de séquences qui miroitent comme des vagues d'harmonies dans une structure qui nous plonge dans les années Virgin du Dream et celles d'un Jarre plus synth pop que cosmique On ne peut ne pas aimer "Pod City". L'intro est d'ambiances à la Exit avec ces brumes opalines qui flottent comme des menaces d'éther, étendant des voiles morphiques sous les gargouillis de voix électroniques qui répondent comme des percussions dans l'oubli. Une superbe ligne de séquences s'évade et fait danser ses ions dans une symphonie de rythmes décalés qui roule comme des cascades. Les percussions tombent et martèlent un rythme de plomb alors que les couches de séquences irradient d'effets miroitants, guidant "Pod City" à travers ses permutations dans des rythmes et harmonies qui courent et reprennent haleine dans une étonnante anarchique. Ces deux titres sont des bombes dont l'aura aura de la difficulté à survire aux minutes qui suivent. Après un titre assez atmosphérique en "Scenic Reels" où des carillons tintent dans une vie bouleversée par des vagues de bruits comme des roulements de tramways, "Footprints in the Dust" présente une autre structure de rythmes polyphasée. À prime abord doux, le rythme scintille de ses séquences de verre. Des séquences dont le pattern très reconnaissable chez les rythmes harmoniques de Splinter gambadent en cascades, forgeant un rythme qui épouse la forme d'un mouvement de canon cadencé. Des accords d'un clavier mélancolique tracent une mélodie toute belle dans sa robe de Schmoelling alors que les percussions viennent marteler ce rythme qui devient aussi lourd, même saccadé par moments d'une approche technoïde, que les solos de synthé stridents déchirent de leurs ailes acérées. Disons que c'est un bon titre qui s'inspire de "Urbex" et "Pod City" sans en avoir la profondeur. Un titre en suspension avec une foule d'éléments soniques perturbateurs, "Regeneration" reste de vapeur dans son approche de nébulosité métallisée. Des éléments soniques que Tangerine Dream exploitaient dans les années Exit et que nous retrouvons sur le rythme tranquille, même si un lit de séquences y frétillent, de la pièce-titre dont la structure des harmonies subdivisées me rappellent constamment une fusion entre les premières œuvres de Yanni et de Johannes Schmoelling. "Nostalgia" porte à merveille le poids de son titre avec un superbe et délicat piano qui chante sa mélancolie dans des poussières de carillons et des souffles irisés qui tremblotent de nostalgie. C'est aussi beau que son titre. "The Pendulum" conclût avec un rythme fou. Des séquences agitées, dont les frappes alternatives moulent des rouleaux de bille qui hoquètent comme sur un convoyeur déréglé, façonnent un rythme complexe qui crache ses explosions tempérées dans un désordre qui respire une étonnante coordination rythmique. Les ondes de grosses nappes de synthé étendent les pans d'une approche mélodieuse Dantesque qui ne peut venir à bout de ces séquences folles, aliénant et fractionnant tant le rythme que la mélodie qui se perdent dans les dédales archi déséquilibrés d'un pendule pendu dans la tourmente. “Modern Ruines” est un autre bel album de René Splinter. Un album qui plaira à ses fans, de même à ceux qui sont à l'aise avec les énergiques rythmes électroniques où le rock et le synth-pop fusionnent avec une violence inouïe tout en s'agrippant constamment aux racines de la New Berlin School. J'aime bien que Splinter sorte de sa zone de confort et qu'il ose aller dans des phases atmosphériques plus exploratoires où le vide trouve du sens. Cela donne de la profondeur aux phases de rythmes. Et de Jean Michel Jarre à Tangerine en passant par les fortes réminiscences du monde harmonique de Johannes Schmoelling, “Modern Ruines” respire la dualité entre ces rythmes indomptables, dont les mouvements de cascades harmoniques repoussent encore plus les chemins des audaces séquencées tracés par Chris Franke, et ces ambiances de morts oubliés dans les vestiges des ruines contemporaines.

note       Publiée le vendredi 21 juin 2013

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