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A Flock Of Seagulls › A Flock Of Seagulls

  • 1982 • Cherry Pop 79 • 1 CD
  • 1982 • Jive HOP 201 • 1 LP 33 tours

cd • 11 titres • 39:45 min

  • 1Modern Love is Automatic
  • 2Messages
  • 3I Ran (So Far Away)
  • 4Space Age Love Song
  • 5You Can Run
  • 6Telecommunication
  • 7Standing in the Doorway
  • 8Don't Ask Me
  • 9D.N.A.
  • 10Tokyo
  • 11Man Made

enregistrement

Battery Studios, Londres, été-automne 1981.

line up

Mike Score (chant, claviers, guitare), Paul Reynolds (guitare, choeurs), Frank Maudsley (basse, choeurs), Ali Score (batterie, percussions)

remarques

La version ici présentée n'est pas celle avec la tracklist originale, mais je vous recommande de prendre la version commençant par "Modern Love Is Automatic", cet agencement rend l'album indéniablement plus percutant.

chronique

Styles
new wave
post punk
Styles personnels
nouveau romantique

Maman m'avait pourtant dit, petit, de ne pas jouer avec le fluo... et me voilà chimiste new wave, manipulant les reliques les plus glacées avec une fascination aussi archéologue que laborantine. Mais établissons d'abord un périmètre de sécurité pour le cas de la bande à Mike Score (a.k.a Le mutant capillaire le plus flipant du cosmos connu). La new wave dans nos archives a ses limites acceptables. Quelques-unes des pires horreurs des années 80 ont été commises au nom de la new wave. Il faut donc la prendre au sérieux, car comme le réacteur fissuré de Tchernobyl, sa toxicité reste hautement active (regardez juste depuis combien de temps dure le complaisant revival 80's)... Etant assez porté sur la matière même si pas le plus spécialiste (nous sommes en 2013, j'ai 27 ans... soyons réalistes deux minutes s'il vous plaît), je demanderais - vêtu de ma combinaison antiradiations la plus épaisse - la frontière gutsienne idéale. Quelle est-elle ? Tears For Fears ? Blancmange ? Adam & The Ants ?... Alphaville ??? Vous donnez votre langue à la mouette hein... je vous aide : c'est A Flock Of Seagulls. La limite plus ténue qu'une fente de goéland, entre ce qu'on doit se permettre et ce qu'on doit éviter. Une sorte de douane du mauvais goût, si vous préférez, avec en guise de barrière de sécurité la corde avec laquelle Ian Curtis s'est pendue, et derrière laquelle Duran Duran se trémousserait, provocateur. Et si A Flock Of Seagulls ont une propension inquiétante à aligner des refrains de pédés émaciés à pantalon moulant, des textes souvent nunuchissimes, des mélodies parfois plus rose bonbon que le plus rose des bonbons, ils ont aussi un caractère indéniablement gutsien. Je parle de leur son, qui est, dans son genre fusion "peau d'pêche-ordinateur malsain", simplement imparable. Une sorte de définition absolue du post-punk dopé au synthétique post-Kraftwerk, si vous préférez. Moelleux comme un mochi, mais pouvant s'orner de riffs aussi nets et tranchants qu'un remerciement de Margaret Thatcher à son chauffeur par une matinée de contestation ouvrière. LE post-punk turquoise, zébré de fines traces noires, vif comme le gardon et qui envoie des petits kicks fuchsia complètement chanmax dans les joues. Notez que l'ordre originel des titres n'était pas celui de ma version, mais celle que je chronique est la meilleure, car quel autre morceau que "Modern Love Is Automatic" pour démarrer cet album ? Essayez de contrer ce gémissement de guitare aussi vil qu'une mouette en pâte d'amande crachant de l'acide chlorhydrique, cette ligne de basse dodue comme un wombat, puis ce riff exécutant des torsions viles... Ultime ! Oh oui je vous l'accorde : si cet album est ici c'est aussi parce qu'il me met un peu dans un état entre malaise, fascination et amusement, car franchement, au-delà de l'aspect aussi éminemment surréaliste et psychédélique que cheap de leur artwork fluoflippé (avouez quand même qu'elle ressort bien sur fond noir, la garce), y a quelque chose de tendrement barré chez ces types au looks de fashion victims reconverties dans la culture de rhubarbe génétiquement modifiée. Avec ce genre de limites toxiques, c'est tout simple, la note est forcément borderline, 3, ou 4 au maxi. L'âme de tout gutsien, même vacillante comme l'aiguille de mon compteur geiger à l'écoute du tube "I Ran" (so far awaaaaaay tududuptup tup) ou de sa petite soeur "Messages" (me-ssageeeeees ! me-ssageeeees !), y survivra... Et puis entre nous, les mouettes, qu'est-ce que c'est, sinon des corbeaux de la mer ?

note       Publiée le mercredi 19 juin 2013

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Note moyenne        4 votes

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Richard › dimanche 16 avril 2017 - 17:44  message privé !

Honte sur moi....je ne connaissais pas ce groupe avant de lire cette caustique et pertinente chronique...et j'aime plutôt bien...même parfois les couleurs criardes.

Note donnée au disque :       
Seijitsu › vendredi 26 juillet 2013 - 20:21  message privé !

Les deux soli sur "I Ran" c'est quand même un des trucs les plus bandants qui soit.

Twilight › mercredi 26 juin 2013 - 02:13  message privé !
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Du coup, je viens de me le repayer...Vraiment pas mal...La pochette résume assez bien le côté tendu...Fluo, kitsch mais version acide, pas pastel...

Note donnée au disque :       
Raven › mercredi 19 juin 2013 - 18:55  message privé !
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@Seijitsu : merci (et non ; quand bien même je possède cinq Pet shop boys, je me refuse catégoriquement à les faire ici, pour des raisons assez évidentes que je ne me casserai pas le cul à ré-expliquer) @Mangetout : c'est bien pour cela que je prends la peine de contextualiser entre parenthèses, espèce de vieux ronchon. Mais bon, si j'avais été plus qu'un hypothétique têtard dans les valseuses du paternel à la sortie de ses albums, j'aurais peut être eu la même tolérance (là je reste poli) que toi. Ainsi va la vie tout fout l'camp...

Seijitsu › mercredi 19 juin 2013 - 18:11  message privé !

En tout cas, toutes ces chroniques de new wave font plaisir à lire (et annoncent l'arrivée imminente des Pet Shop Boys je pense ^^).