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Simple Minds › Sons And Fascination / Sister Feelings Call

  • 1981 • Virgin 2207 • 1 CD

cd • 78:59 min

sons and fascination • 8 titres

  • 1In Trance As Mission
  • 2Sweat In Bullet
  • 370 Cities As Love Brings The Fall
  • 4Boys From Brazil
  • 5Love Song
  • 6This Earth That You Walk Upon
  • 7Sons And Fascination
  • 8Seeing Out The Angel

sister feelings call • 7 titres

  • 1Theme For Great Cities
  • 2The American
  • 320th Century Promised Land
  • 4Wonderful In Young Life
  • 5League Of Nations
  • 6Careful In Career
  • 7Sound In 70 Cities

enregistrement

produit par Steve Hillage

line up

Jim Kerr (chant), Charlie Burchill (guitares), Mick MacNeil (claviers), Derek Forbes (basses), Brian McGee (batterie)

remarques

Initialement, les deux albums étaient sortis séparément. La partie Sister Feelings Call est même parfois considérée comme simple EP du fait de sa durée assez nettement inférieure. Même si le sens strictement technique tenterait tout un chacun de s'insurger pour hurler le contraire à un contradicteur dont les motivations obscures n'auraient d'égal que l'entêtement borné, il ne s'agit pourtant pas d'une compilation, mais bien d'un seul et unique album.

chronique

Guère évident de parler de ce disque immédiat et si frondeur de la rythmique qu'il en est souvent dansant, mais aux saveurs entremêlées et complexes. Un album de fusion comme de transition, ou un groupe post punk intellectuel, bizarroïde et relativement inclassable - en tout cas tout autant sinon plus que Devo pour qui on réserve trop souvent l'adjectif - devient progressivement l'affaire de sentiments pop exacerbés, de puissance mélodique. Quelque part entre la glace des synthétiseurs et le feu des veines humaines, avec, au milieu, cette inquiétante pulsation d'acier. Et les lamentations intranquilles de Jim Kerr. Simple Minds sont probablement le groupe situé le plus au carrefour de toutes les tendances - underground comme mainstream - de l'époque, que ce soit la naissance de la synth pop ou le recyclage des cendres punk en saccharose new wave.... Ils sont plus qu'aucun autre au cœur de toutes ces scènes, comme un hybride biomécanique magnifique... et une genèse d'hybrides. Au même titre que Killing Joke, ou Public Image Limited - le rapport étant évidemment cette passion commune pour le krautrock, dont on récupère apparemment aussi bien les idées que les musiciens (rappelez-moi de penser à arrêter définitivement de faire mon Progmonster du pauvre, un de ces quatre). L'évolution de Simple Minds équivaut à plusieurs strates successives de sophistication technologique et mélodique, jusqu'à la (dé)confiture populaire que sera la période américaine en plein milieu des 80's, mais pour le moment, suivant la logique implacable de Empires & Dance, Simple Minds est devenu la définition du post-punk mélodique, littéraire et mystérieux. Pensez aux Stranglers de Black & White, ceux qui avaient bouffé (et bad trippé sur) du Kraftwerk, qui auraient migré dans un décor à la Blade Runner, et un frontman encore plus lyrique, ayant biberonné du Roxy Music et du Bowie période Eno dans ses jeunes années, et qui aux heures italodisco recyclent l'armada de claviers de papa Schulze pour futuriser le cadavre encore chaud de Joy Division - celui dont New Order fera cette momie aussi vide de sens que d'émotions. Du sens, je ne sais pas si Simple Minds en a systématiquement, tant leurs textes et leurs artworks aussi ésotériques qu'amateurs peuvent laisser perplexe, mais qu'importe puisque l'émotion, il faudrait être né sans tympans et encore pour ne pas la sentir affleurer de partout. L'aspect tordu et doucereusement malade initié par Reel to Real Cacophony n'a pas encore complètement disparu, cependant. Il y a des vibrations cancérigènes dans un titre comme "Sons and Fascination", qui me rappellent Klaus Nomi, ou Japan... bref des trucs pas tout à fait légers et confortables. A côté de ce genre de détails biologiques, leur son s'est étoffé, encore plus gorgé de synthétiseurs, et en même temps la rythmique n'a jamais été aussi abrupte, aussi dure, froide, sans parler de ces stries quasi-industrielles qui parsèment certains morceaux et influenceront certainement le style de Martin Gore sur Construction Time Again, Some Great Reward et Black Celebration (dont la pochette est d'ailleurs dans l'esprit urbain et nocturne de celle-ci). Notez par exemple les bruits de perceuse/disqueuse qui zèbrent "70 Cities" (sans parler de ce refrain puant la jamaïque d'albion - les Clash, en somme - mais nous voilà à deviser d'autre chose) et ressortis pour le final. Ou les dernières secondes stroboscopiques et ébouriffantes de "The American" (dont les paroles auraient pu être signées Jaz Coleman). Ecoutez le martèlement militaire sur "Boys From Brazil", plutôt approprié vu la légèreté du sujet ("Is it safe ?", comme disait ce vieux dentiste). La basse outrageuse de "Wonderful In Young Life". Mais surtout, recueillez la mélancolie noctambule d'un chef d'oeuvre de cold wave minimale comme "Seeing out the Angel". Ce Simple Minds-là est bien celui de la mutation, et il n'y a rien de stupide même à faire le lien avec des formations sensément plus sombres comme Death In June, ou Trisomie 21... Simple Minds était un groupe tourmenté, en ces temps reculés. Un groupe gutsien. Malgré un titre aussi criard que "20th Century Promised Land" - presque grossier chez eux, mais qui serait vulgaire chez d'autres - le romantisme aveuglant et épique de New Gold Dream n'est encore qu'une petite flamme tremblotante dans l'ébène d'une nuit d'hiver dans Sons / Sister... Les robots mangeurs d'âmes y sont encore milice, les cœurs y saignent cachés derrière de hauts murs de percussions... quelque part entre le sucre, et le béton. Simple Minds n'est pas encore Roi Fuchsia. Il rêve de ses landes sauvages, au loin, dans la campagne écossaise... mais est encore captif des usines de la ville aux géométries menaçantes, pris de convulsions affolées. Au milieu des containers froids.

note       Publiée le dimanche 16 juin 2013

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notes

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commentaires

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Hazincourt › samedi 28 janvier 2017 - 16:05 Envoyez un message privé àHazincourt

"Seeing Out The Angel" me fou une claque à chaque écoute, et quelle basse dans Simple Minds !

Note donnée au disque :       
Richard › vendredi 27 janvier 2017 - 18:00 Envoyez un message privé àRichard

Plus je l'écoute celui-ci et plus je l'apprécie. A chaque nouvelle lecture se dévoilent des petites trouvailles, des petites choses qui m'étaient encore inconnues ou passées au dessus de la tête. Comme un puzzle, j'y place tranquillement mes pièces écossaises. Un travail de longue haleine mais aussi un véritable plaisir.

Note donnée au disque :       
Walter Smoke › lundi 16 juin 2014 - 16:18 Envoyez un message privé àWalter Smoke

Je ne comprends pas pourquoi Sons/Sister bénéficie d'une telle aura, d'une telle fascination (OLOLOL). Certes, le premier disque (Sons, donc) de ce double album est incroyable et formidable, avec au moins 7 tueries en règle. Cette new-wave répétitive et hypnotique surprend et enchante, c'est fou. Cependant, et hélas, "This Earth You Walk Upon" me parait être la cheville faible de Sons. Quant à Sister, en dehors de "Theme for Great Cities" qui m'enterre à la pioche, je trouve vraiment que le reste, sans être mauvais (comme si la bande à Kerr pouvait l'être, mouhaha), n'est pas aussi extra, et justifie bien le statut initial du disque, à savoir un bonus. Bref, encore un double album raté.

Note donnée au disque :       
nicola › jeudi 6 mars 2014 - 19:52 Envoyez un message privé ànicola

The call ? Qui a dit The call ?

Seijitsu › samedi 25 janvier 2014 - 23:11 Envoyez un message privé àSeijitsu

Les instrus de cette période sont bluffant de modernisme (Sound In 70 Cities !!). Je n'en reviens toujours pas que ça date de 1981.

Clairement un groupe à part.

Note donnée au disque :