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Dominique A › Tout sera comme avant

2cd • 24 titres

  • 1Tout Sera Comme Avant
  • 2Elle Parle A Des Gens Qui Ne Sont Pas Là
  • 3Pendant Que Les Enfants Jouent
  • 4Dans Les Hommes
  • 5Bowling
  • 6Mira
  • 7Revenir Au Monde
  • 8Le Fils d'Un Enfant
  • 9Où Sont Les Lions ?
  • 10L'Inuktitut
  • 11Les Départ des Ombres
  • 12Dobranoc
  • 13Les Clés
  • 14La Retraite À Miami
  • 15Les Éoliennes
  • Tout n'est plus comme avant
  • 16Tout n'est plus comme avant
  • 17Avant de revenir (instru)
  • 18Les lions attaquent (instru)
  • 19Ceux a qui elle parle (instru)
  • 20Comment c'était déjà ?
  • 21Le dernier couché
  • 22L'inuktidub
  • 23Elle n'arrête pas de parler (instru)
  • 24Les enfants attaquent

enregistrement

Arranged By : Arnaud Devos, Dominique A, Gekko, Jean-Louis Solans, Martyn Barker, Simon Edwards

line up

Martyn Barker (drums, cajón, percussion), Arnaud Devos (Piano, Keyboards, Percussion, Programmed By), Dominique A (Vocals, Acoustic Guitar, Guitar [Electric]), Simon Edwards (basse, contrebasse, percussions), Jean-Louis Solans (Acoustic Guitar, Guitar [Electric], Bass, Percussion, Programmed By), Deyan Pavlov (Conductor [Strings, Brass]), Christine Ott (Organ [Ondes Martenot]), Bulgarian Symphony Orchestra (Strings, Brass), Jean Lamoot (Ukulele)

remarques

chronique

J'ai toujours eu beaucoup d'affection pour Dominique A, et sa ressemblance avec HPG n'y est certainement pas pour rien. Concernant sa musique, en revanche, je suis pas super client. Bien qu'il soit largement moins médiatique que ses homologues de la « nouvelle chanson française » - et qui le rend, encore, éminemment sympathique – j'ai toujours buté sur son maniérisme, sa voix trop théâtrale, malgré des paroles intégralement faites pour me plaire. Je sentais bien qu'il y avait une barrière, entre lui et moi. Jusqu'à ce que j'entende parler de ce « Tout sera comme avant », qu'on appelle à tour de bras l'album de la maturité, du renouvellement, de la remise en question, tout ça. L'argument massue, c'est surtout qu'ici, les musiciens qui l'accompagnent proviennent pratiquement tous des sessions de « L'imprudence », de qui vous savez. Alors, bien sûr. Je ne m'attendais pas à la noirceur de Bashung, non – et la pochette fut un indice décisif, claire, lumineuse, sobre – mais à quelque chose de... cérébral. J'ai pas été déçu. Et à ce titre, il faut absolument que vous preniez la version « limitée » ou « réeditée » ou je ne sais quoi, celle qui contient le disque jumeaux « Tout n'est plus comme avant », phonographie en négatif de l'album dont on parle, négatif qu'on peut clairement qualifier d’expérimental, avec ses longues plages quasi ambiantes, délicatement soufflée de cuivres sensuels, d'échos de guitares saturées, de contrebasse susurrante, de rythmiques claquées, de piano esseulé. Je pense qu'il est stupide d'écouter « Tout sera comme avant », avec ses jolis morceaux mélodiques, à la douce et moderne mélancolie, la voix pleine et étrange de Dominique A, cette voix blanche qui essaye de se moduler, une voix froide qui s'acharne à se réchauffer ; ce serait stupide, disais-je, d'écouter « Tout sera comme avant » sans son compagnon ; car d'un album fondamentalement agréable, qui n'égale à aucun moment le chef d’œuvre d'Alain (et je ne sais pas si d'ailleurs c'en était l'ambition), trop pop, trop chanson, trop accessible, trop « facile », il devient un album profond, fouillé, resplendissant, baroque. Paradoxalement, alors que je trouve que les morceaux du premier disque s'écoutent parfois chanter leur romantisme vieillot (encore une fois, le maniérisme, la too much attitude, la poésie des faubourgs, le côté trop français – le final de « Dans les hommes », c'est du Yann Tiersen -, malgré quelques trouvailles géniales, comme la touche asie sur « Les clés » ou l'étrangeté de « l'inuktitut »), le second disque, qui brille par une certaine arrogance, fait fonctionner la prétention à un double niveau, qui s'annule d'elle-même. Car, quitte à être dans le théâtral, dans le boulimique, dans l'overdose de bon sentiments, de bonnes paroles, de poésie travaillée, autant faire les choses à fond. C'est à mon sens là, que réside vraiment la réussite de cet album. Il devient ludique, labyrinthique, Jamais je ne l'écoute pour un seul titre, ou deux, ou trois. Ça me gave. Non. Quand j'écoute ça, c'est parti pour plus de deux heures, sinon la pilule ne passe pas. Quand je voyage, je n'aime pas rester à l'aéroport. Et c'est là qu'apparaît enfin ce qui m'étais caché : la richesse infinie des paroles, des mots qui serpentent, et cette solitude assourdissante. Le maniérisme n'était-il qu'un résultat, d'une posture ? Sans fard, sans maquillage, sans ambages. Moi qui pensais que c'était cul-cul, je me plantais lamentablement. Dominique A est grand. Désormais, j'écoute les titres un par un, pour mieux les savourer. Vous avez dit paradoxal ?

note       Publiée le mardi 21 mai 2013

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Aladdin_Sane › mercredi 10 octobre 2018 - 19:05  message privé !

Après la sortie de "Toute Latitude" cette année, Dominique A sort un autre album (plus acoustique mais pas moins intéressant) qui s'appelle "La fragilité" (belle pochette qui rappelle Man Ray cela dit en passant).

Richter › jeudi 23 mai 2013 - 19:43  message privé !

Plutôt fan de Dominique A, vu en concert et j'en ai aussi quelques albums (Auguri, La mémoire neuve, Sur nos forces motrices, Remué, L'horizon et le petit dernier Vers les lueurs) mais pas celui qui est chroniqué. Ca serait bien de chroniquer d'autres albums...

Raven › mercredi 22 mai 2013 - 02:31  message privé !
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Jamais écouté un seul de ses albums... ça m'aguicherait presque.

salida › mardi 21 mai 2013 - 16:29  message privé !

Quand on parle du loup...Cet album n'est certainement pas la meilleure porte d'entrée dans son univers. Déjà parce qu'il est très éloigné de ces autres albums, ensuite parce la greffe du collectif Gekko (l'équipe aux manettes de l'imprudence) n'est pas très réussie. Probablement parce que leur arrangements abstraits collent mieux aux paroles surréalistes et à la diction de Bashung qu'aux histoires triviales de Dominique A. Enfin, parce que Dominique A n'est pas non plus à son meilleur, sauf sur "Elle parle a des gens qui ne sont pas la". Par contre je n'ai aucun problème avec le coté théatral de Dominique A. Même si on y sent un plus de coquetterie que chez ces modèles. Et puis remué oui bien sûr (et après Auguri, La musique / La matière).

(N°6) › mardi 21 mai 2013 - 16:15  message privé !
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J'aime pas les mp3 mais tu me tentes quand même sévère je dois bien dire.