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Boddy-Smith & Molloy › Other Rooms

  • 2013 • DiN DLL DiN | DDL15 • 2 Téléchargement Web

cd • 4 titres • 93:47 min

  • 1The Basement 31:33
  • 2Two Postcards 17:37
  • 3From Where I Sit 23:16
  • 4Spirits Rising 21:21

enregistrement

The Basement (Composé et joué en direct par Ian Boddy au The Basement, Spectro Arts Workshop. Ian Boddy; Analogue synthétiseurs et recording loops) Two Postcards (Composé par Sid Smith au printemps 1980. Sid Smith; basse et échantillonnage-field recordings et Ian Boddy; recording loops et électronique) From Where I Sit (Composé par Sid Smith au printemps 1980. Jane Molloy; voix et Ian Boddy; recording loops et électronique) Spirits Rising (Composé par Ian Boddy quelque part entre 1979 et 1980. Ian Boddy; Analogue synthétiseurs, string machine et recording loops) Restauré et remasterisé par Ian Boddy entre Janvier et Mars 2013

line up

Ian Boddy (Synthétiseurs analogues, string machine, électronique et recording loops) Sid Smith (Bass, échantillonnages et effets électroniques) Jane Molloy (Voix)

remarques

Pour en savoir plus sur Ian Boddy et les artistes de DiN, ainsi que pour y entendre des extraits MP3, visitez le site de DiN: http://www.din.org.uk/index01.html

chronique

Dans le cadre d'un coffret de 3 disques vinyle (Spectroscopic) produit par Vinyl on Demand (VOD110), qui regroupait ses 3 premières cassettes (Images, Element of Chance et Options), Ian Boddy a fouillé dans ses archives musicales afin de sortir du matériel composé à la même époque. Et il y en avait! Tant que le synthésiste Anglais avait encore plus de vieux matériel inédit à soumettre à ses fans. D'où vient “Other Rooms” qu'Ian Boddy a mis à la disponibilité de ses fans via le compte Bandcamp de son label DiN. “Other Rooms” regroupe 4 titres qui étaient trop longs pour être insérés dans ce coffret. Des titres composés par Ian Boddy, et son complice de l'époque Sid Smith, qui sont purement ambiants, exploratoires et expérimentaux. Et j'aime le titre. Il est très représentatif d'un album qui a été extirpé d'une autre dimension dans l'univers d'Ian Boddy. Un univers sombre et expérimental où les expériences sonores des années analogues donnaient des cocktails soniques aussi étranges que déroutants et parfois même étrangement envoûtants. Les autres chambres crèchent dans le studio Workshop dans le Newcastle-upon-Tyne au tout début des années 80. C'était à cet endroit qu'Ian Boddy a passé ses années de formation dans les sphères de la MÉ. C'était aussi l'époque des expériences soniques où Boddy travaillait tant sur des synthés analogues que sur des boucles et effets sonores qui étendaient leurs voiles réverbérants dans des genres d'échos acoustiques. Et le résultat est une intense musique d'atmosphère qui est le témoin des ambiances sombres et noires qui ont guidées les premières œuvres d'Ian Boddy et dont on entend encore les vestiges sur ses travaux tant en solo qu'avec Mark Shreeve sur Arc.
Il peut s'en passer des choses dans le sous-sol de l’imagination. Et il s'en passe pendant les 31 minutes de "The Basement ". Des cognements lourds, comme des frappes de poltergeist dans des murs creux, retentissent dans une toile sonore aux textures de schizophrénie embryonnaire alors que "The Basement " attaque nos oreilles avec une intense atmosphère de frayeur. L'air est rempli par un maillage de lignes de synthé, des couches nébuleuses et des ondes spectrales qui coordonnent leurs frayeurs obsessionnelles. Les cognements se sont tus mais des voix, des ululements et des chuchotements camouflés dans des bruits blancs rongent notre effroi alors que les premières pulsations tracent un rythme noir vers la 7ième minute. Un rythme qui sautille comme un gnome géant boitillant dans un univers glauque d'où se répercutent des détonations qui claquent comme des fouets dans un tourbillon sonore qui nous rappelle que les portes de l'aliénation ne sont jamais complètement fermées. Ce tintamarre d'apocalypse féérique se calme peu à peu laissant ces pulsations, devenues comme des battements de machines, s'estomper dans les crissements d'ondes, que l'on peut comparer à celles de Martenot, qui errent comme des soufflements aigus de fantômes. La 2ième phase de "The Basement " reste toujours aussi énigmatique avec un mélange de sérénité et de terreur abscons où des bruits bourdonnent de leurs tintements plasmatiques dans un néant orné de sonorités aussi iconoclastes que sereines. Troublant et plein d'ambiances. J'imagine parfaitement l'effet dans une forêt noire, surtout avec les respirations et halètements de la bête électronique, que "The Basement " peut avoir sur le contrôle de la peur intestine. "Two Postcards" est le premier des deux titres composés par Sid Smith, qui y joue la basse et étale ses échantillonnages de field recordings. Le titre emprunte les mêmes couloirs musicaux que "The Basement ", sans l'approche de frayeur viscérale, avec une structure ambiante nourrie de curiosités expérimentales où Sid Smith étend ses échantillonnages d'une société en plein essor à la recherche d'une paix rurale dans une faune sonique remplies par de denses couches de synthé. Des couches de synthé, tantôt noires et tantôt stridentes et aussi tantôt vaguement musicales, aux ambiances lourdes et aux réverbérations caustiques dont les souffles acuités et les harmonies érodées flottent et recouvrent les ronflements imperceptibles d'une basse plus créative que vivante. "From Where I Sit", toujours composé par Sid Smith, est un titre très pénétrant. La voix de Jane Molloy envahit l'espace avec des hums, des ahs et des souffles mi-séraphiques et mi-spectraux qui flottent et roulent en boucles sur des tonalités plaquées par un système de tape delay. C'est tellement près des sources des synthés que je me suis fait piéger. C'est un titre extrêmement envoutant où la Jane Molloy épouse à merveille ces sonorités oblongues et planantes qui flottent et s'entrelacent tels des spectres irisés aux ombres aussi stridentes que des fils d'argent que l'on triture à coup d'égoïne Si, au début, les couches de synthé sont mi-sombres et mi-lumineuses, elles deviennent des mamelles d'incandescences à mesure que le titre évolue. La voix de. Et ces lamentations fantomatiques se poursuivent sur l'introduction du très intense, mais toujours ambiant, "Spirits Rising" dont les strates qui roulent en boucles font l'effet de grosses cloches d'église qui carillonnent dans un néant peinturé de stries angoissantes. Des souffles plus chaleureux traversent les esprits confus des clochers alors que tranquillement "Spirits Rising" traverse ses phases de sérénité et replonge dans ses affres, étalant la nette ambigüité de ses paradoxes.
“Other Rooms” est une œuvre qui s'adresse autant aux fans des expériences d'Ian Boddy que ceux qui affectionnent une MÉ expérimentale que les orfèvres de l'art analogue pouvaient sculpter à partir d'un simple souffle. De l'anti musique? Peut-être! Sauf que les atmosphères qui y rodent sont tout simplement aux portes de l'angoisse. Ils déchirent l'oreille comme la peur le ventre, témoignant d'une efficacité que le temps n'a jamais pu dompter.

note       Publiée le vendredi 17 mai 2013

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