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Brainwork › The Other Works

cd | 12 titres | 57:52 min

  • 1 French Love [ 4:43]
  • 2 White Desert [ 4:54]
  • 3 Bird Dance [ 3:46]
  • 4 Drive [ 6:20]
  • 5 Sweet Honeybee [ 4:01]
  • 6 Urban Groove [ 3:35]
  • 7 Spring Mood [ 3:37]
  • 8 Easy Go [ 5:06]
  • 9 Go Happy [ 5:27]
  • 10 Shirin [ 5:06]
  • 11 Skyscraper [ 5:49]
  • 12 White Desert- Impro Cut [ 5:04]

enregistrement

Composé au début des années 90. Mixé et enregistré en automne 2012

line up

Uwe Saher (Synthé, claviers, séquences, Plug-Ins, PC et FX)

Musiciens additionnels : Piotr Bal (Trompettes) Erdal Tosun (Saxophones)

remarques

Pour en savoir plus sur Brainwork et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.brainwork.net/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
acid jazz, lounge et groove

Un des dangers qui guette un artiste ayant une entité artistique bicéphale est d'empiéter sur l'approche d'une personnalité au détriment de l'autre. Uwe Saher mène deux carrières de front dans l'univers de la MÉ contemporaine. Il y a son projet Element 4, qui est de la dynamite compressée avec des rythmes forts et puissants, et celui-ci de Brainwork, qui est une MÉ plus onirique moulée dans les sentes de la Berlin School et parfois du New Berlin School. Sur Earcatcher, paru en 2010, Uwe Saher avait déjà amené son bouillant personnage d'Element 4 dans l'univers poétique de Brainwork avec un résultat qui avait déstabilisé ses fans. Après un doux retour aux sources en2011 avec City Lights, Saher fond ses deux entités avec un projet musical qui a pris racine au début des années 90. “The Other Works” désigne parfaitement son appellation. C'est un album qui est totalement aux antipodes d'Element 4 et de Brainwork avec une musique qui est néanmoins une délicate fusion des deux approches. Un peu comme Software l'avait fait, Uwe Saher incorpore des rythmes de groove et de funk dans des enveloppes de brumes et des ambiances un brin cosmique qui restreignent la vivacité de ces rythmes. Si le résultat laisse perplexe le fan de Brainwork, ce dernier est vite séduit par ce mélange musical où les éléments de la Berlin School étreignent à merveille des rythmes qui sont parfois purs, sans jamais être durs. L'écriture de “The Other Works” remonte à une époque où Uwe Saher avait les oreilles inondées par des fragrances de jazz progressif et expérimental. Flanqué du trompettiste Piotr Bal et du saxophoniste Erdal Tosun, Uwe Saher propose une collection de 12 titres avec de fines variances dans les rythmes où les percussions règnent en maitre absolu sur des mélodies finement sculptées par une section de cuivres et un synthé aux solos accrocheurs. Et "French Love" donne le ton en étendant son envoûtant ver d'oreille par le biais d'une mélodieuse ligne d'arpèges qui scintillent avec hésitation sur un lit de séquences papillonnantes. Même si le rythme est finement saccadé, son enveloppe de funky-dance reste figée dans une ambiance feutrée où murmurent des souffles suggestifs, flottent des brumes de Vénus qui couchent ces ambiances de disco planante et chante un solo racoleur. Ces doux rythmes, un brin suggestif, qui sont trappés dans des ambiances morphiques légifèrent la beauté de cette ode à la dance-music lunaire. Plus près du groove avec une chétive approche sensuelle, "White Desert" met en vedette la section cuivre de “The Other Works” avec Erdal Tosun au saxophone qui étend ses solos rêveurs sur une structure de down-tempo lunaire. "Bird Dance" offre une approche de trip-hop cosmique avec un rythme très entraînant qui sautille sur un beau tapis de percussions aux frappes scintillantes et une ligne de basse aux lentes notes vibrant de sensualité rauque. La table est mise par un très bon duel entre une trompette aux harmonies enlevantes et un saxophone aux souffles nasillards étouffés par son cornet de solitude. On aime? On aimera "Spring Mood" et son envoûtant hip-hop qui tinte dans nos oreilles avec des percussions frappées sur des bouteilles et sa section de cuivre très jazzé ainsi que "Easy Go", qui est un peu plus du style lounge, et ses criants solos de saxophone qui pleure sur un beau maillage de percussions aux tonalités vivantes. Et plus on avance dans “The Other Works” et plus on reste subjugué par cet étonnant jeu des percussions qui roulent en boucles. Sur "Drive" elles forgent un fougueux rythme Antillais avec des mitrailles de percussions et de steel-drums qui percutent une ligne de basse aux gargouillis élastifiés. On croirait entendre un mélange d'Earth Wind and Fire, Phil Collins et Software sur ce titre très entrainant ainsi que sur des titres plus relax comme "Sweet Honeybee" qui est un beau mélange de hip-hop et down-tempo avec un synthé très lyrique. Parlant de synthé et de solos poétiques, "Skyscraper" est un très bon titre de New Berlin School avec de superbes solos de synthé qui défilent sur un rythme incernable. Purement funky, "Urban Groove" ensorcèle les sens avec son rythme cahoteux qui trépigne dans de suaves odeurs de jazz aux souffles harmoniques bourrés d'acide. Il y aurait un Herbie Hancock de cacher derrière les consoles que l’on le découvrirait avec "Go Happy" et sa structure de funk au rythme sec et hachuré qui croule sous des percussions de styles Tablas. Très entraînant, comme "Shirin" et sa complexe structure d'acid jazz. Même mélodie, même thème à quelques variances près, White Desert - Impro Cut met en vedette le saxophone très mélodieux d'Erdal Tosun. Évidemment que “The Other Works” peut dérouter les fans de Brainwork, parce que ce n'est pas une œuvre à la Brainwork. C'en est une d'Uwe Saher qui se donne à fond dans un univers de dance music aux rythmes difficilement étiquetables tant le métissage des genres se fond à l'intérieur de ces structures de 5 minutes. Sauf que Uwe Saher étant Uwe Saher, la musique, surtout les mélodies, est toujours aussi envoûtante. La section cuivre? Bah…Elle coule doucement sur ce jeu des percussions qui est aussi vivant qu'imaginatif. Et enfin de compte on se plait à découvrir ces 12 pièces de dance music qui ont tous cette empreinte de Brainwork, même si très partielles. Et Brainwork étant Brainwork, on finit par succomber et aimer. Il faut juste essayer.

note       Publiée le lundi 29 avril 2013

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