Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesMMarc Seberg › 83

Marc Seberg › 83

  • 1985 • Virgin 30129 • 1 CD

cd • 11 titres

  • 1Jour après jour
  • 2Surabaya Johnny
  • 3Personalities
  • 4Sylvie
  • 5Don't fall
  • 6Sans mémoire
  • 7No way
  • 8Tricks of mind
  • 9Strikes
  • 10The shriek
  • 11Venus in furs

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

Studio de Flexanville, Studio Longueville, France. Produit par Steve Hillage

line up

Anzia (guitare), Philippe Pascal (chant), Pierre Corneau (basse), Pierre Thomas (batterie)

Musiciens additionnels : Jean-Pierre Baudry (clavier), Pascale Le Berre (clavier)

remarques

chronique

Si j'espère arriver un jour à la chronique de l'album de Philippe Pascale, il serait peut-être temps de mentionner d'abord l'après Marquis de Sade, soit Marc Seberg (toujours ce goût des noms). Après le brillant 'Dantzig Twist', le second opus des Rennais se fera dans une ambiance de tension avec Philippe Pascal à Londres qui enregistrera les voix de son côté coupé des autres musiciens, brouillé avec Frank darcel. Le split prononcé, il renoue avec Anzia, le guitariste qui avait été le premier à quitter le navire à la dérive, pour fonder un nouveau projet reprenant une idée enfantée à l'époque de 'Rue de Siam', celle d'un personnage romantique traversant plusieurs chansons. Prénommé Marc, il se verra adjoindre le nom de famille de Seberg, vraisemblablement en hommage à l'actrice Jean Seberg. A l'écoute de leur premier album sobrement baptisé '83', une certaine tristesse m'envahit. Qui de nos jours, en dehors d'un public de spécialistes goûterait encore à l'austérité des errances romantiques de 'Sylvie' ? Alors que le public lambda au final pas si âgé se gave de télé-crochets, dans le meilleur des cas des textes prétentieux d'une nouvelle génération d'artiste estampillés 'nouvelle scène', comment pourrait-il apprécier la beauté de la plume torturée d'un Philippe Pascal au sommet de son art, véritable bâtard français de Ian Curtis et Jim Morrison (on lui invente un demi-frère en la personne de Lou Reed aussi ?) ? Bref, ce disque assure la transition entre Marquis de Sade, de par les restes de rock existentialiste, et le Marc Seberg plus new wave (j'ose à peine dire 'serein') qui suivra. On navigue entre climats cold wave gris ('Jour après jour', 'Sylvie') et des attaques plus post punk et noires comme sur la magnifique reprise de 'Surabaya Johnny'; la batterie y est presque tribale, la basse lourde, le chant menaçant. L'influence anglaise se perçoit, sans qu'il ne s'agisse d'une démarche consciente à mon avis, Joy Division ('Personalities', 'Sans mémoire'), The Cure ('Don't fall', 'The shriek'), tout simplement car Marc Seberg expriment à leur manière un mal-être existentialiste et une quête de réponses, d'amour, similaire. Le constat est amer, 'Rien n'a vraiment changé', chante de son timbre profond un Philippe Pascal que l'on devine poète plus que poseur et l'on se prend à frissonner à l'écoute de ces quelques lignes désabusées mais encore emplies de colère, 'le chant des enfants morts'. Impossible de ne pas tracer de parallèle entre le cabaret funèbre et infernal de 'No way' et l'ambiance du 'Pornography' des Cure. Cette noirceur écorchée, celle que le public de l'Hexagone n'a jamais su apprécier à sa juste valeur malgré le succès du single 'Sylvie' et une reconnaissance critique du disque, lui qui a négligé en Marquis de Sade la reconnaissance d'un pendant français à Joy Division, fera de même avec Marc Seberg et on se demande toujours pourquoi leurs albums, au même titre que ceux de Taxi Girl ou Marquis de Sade justement ne sont toujours pas réédités correctement. Mais assez de jérémiades, '83' est clairement l'opus le plus rêche et le plus sombre du groupe, c'est ce qui en fait la beauté terrible et une pure merveille du paysage cold wave français. C'est aussi pour les musiciens la fin d'une étape qui les verra opter vers une approche plus mélodique, travaillée, moins urgente. A noter que l'édition cd est enrichie d'une reprise personnelle et réussie du 'Venus in Fur' de qui vous savez.

note       Publiée le jeudi 25 avril 2013

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "83".

notes

Note moyenne        4 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "83".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "83".

MightyJayM › samedi 27 avril 2013 - 13:33  message privé !

L'intégrale de Marc Seberg est dispo sur iTunes, si ça en intéresse certains... idem pour Marquis de Sade et Orchestre Rouge. Pour Taxi Girl, il faudra vous contenter du premier.

Sinon rien à ajouter à cette très bonne chronique, si ce n'est que le morceau "Strikes" est un des meilleurs moments de toute l'histoire de la wave française (et même mondiale, si si...)

Note donnée au disque :       
Solvant › jeudi 25 avril 2013 - 22:28  message privé !

t"assure twili , t'assure !

Note donnée au disque :       
novy_9 › jeudi 25 avril 2013 - 16:18  message privé !

Comme c'est souvent le cas pour les rééditions, il y a un problème de droit d'auteur, de protagonistes, entre ceux qui sont d'accord, ceux qui ne le sont pas ect ... j'ai connu le cas pour quelques projets avortés ... il y a aussi les protagonistes qui ne veulent plus entendre parler de ce passé qu'ils jugent révolu (souvent le cas).

Note donnée au disque :       
stankey › jeudi 25 avril 2013 - 14:50  message privé !

Ils auraient pu rééditer les albums depuis longtemps tout de même, sous forme de longbox, de coffret slim ou je ne sais quoi...après tout on le fait bien pour plein de groupes de rock français !

novy_9 › jeudi 25 avril 2013 - 12:03  message privé !

du grand ! du beau ! du noir ! de l'essentiel ! Sylvieeeeeee ! le chant des terres est chouette aussi, ceux qui suivent sont plus mitigés, mes intéressants.

Note donnée au disque :