Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesLThe Legendary Pink Dots › The Maria Dimension

The Legendary Pink Dots › The Maria Dimension

cd • 13 titres • 00:00 min

  • 1Disturbance
  • 2Pennies For Heaven
  • 3Third Secret
  • 4The Grain Kings
  • 5The Ocean Cried 'Blue Murder'
  • 6Bella Donna
  • 7A Space Between
  • 8Evolution
  • 9Cheraderama
  • 10Lilith
  • 11Expresso Noir
  • 12Home
  • 13Crushed Velvet

cd 3 pouces • 5 titres • 00:00 min

  • 1I Dream Of Jeannie
  • 2Little Oyster
  • 3She Gave Me An Apple
  • 4Stirred But Not Shaken
  • 5Where No Man

enregistrement

??

line up

Edward Ka-spel (chant, claviers, machines), Bob Pistoor (Father Pastorius) (guitares, basse, percussions), The Silverman (claviers, machines, percussions), Niels Van Hoorn (cuivres, percussions)

Musiciens additionnels : Hanz Myer (Hans Meyer) (machines, électronique), Jason (chant additionnel sur 'Pennies To Heaven') et Marie

remarques

"Khata Clim Sa Vecchi Kalemsa" - Artwork par Stephan Barbery
Les 5 titres bonus sont issus d’un petit cd 3 pouces, présent dans le 3000 premières copies de l’album, et réédité sur le double-cd "Chemical Playschool 8 & 9"

chronique

Leur meilleur album ? C’est en tout cas la réputation qui le précède, presque une étiquette collée au fil des années. Le piège qui en découle étant d’acheter ce disque (plus grosse vente du groupe de loin, devant Crushed Velvet Apocalypse), de classer les Pink Dots dans la catégorie "hébétés planants aux sonorités dépassées" et de passer à autre chose, bien contents de ne pas avoir à se pencher sur cette discographie casse-tête. Alors oui, on y trouve deux des "tubes" les plus lyriques du groupe (Pennies for Heaven et Third Secret), de nombreuses chevauchées en transe déferlant sur des séquences presque berlin school (Space Between et le fameux Grain Kings, qui lorgne sur un space-rock cinémascope) et une production homogène comme rarement chez eux, spacieuse, luxueuse, une new age corrompue par un songwriting folk unique au monde. C’est l’un des sommets du groupe, donc un indispensable, sans problème. Mais un chef d'œuvre escamoté, incomplet. En effet, les 3000 premières copies – vendues en rien de temps – étaient accompagnées d’un cd bonus qui fait en réalité partie intégrante de l’album. Les éditions vinyle et cd simple ont une cohérence trompeuse, toutes deux se terminant par une longue dérive qui finit par exploser, s’effondrant tel une sculpture qui s’effrite… Par deux fois l’album est ainsi prolongé, continuant sa succession d’accalmies tantôt d’une tristesse irréelle, mystique (Belladonna, The Ocean, Cheraderama - ballades de l’au-delà), tantôt désertes dans ces instrumentaux aux drones évanescents (Home, Lilith, Evolution…). Et puis au milieu de Crushed Velvet, quelque chose se casse. On croirait que la machinerie steampunk de Grain Kings se remet en branle, mais non, cette fois nous décollons bien vers un ailleurs sans retour. Un nulle-part arraché à l’autre bout des entrailles de l’univers, de l’autre côté du trou noir. C’est ce que peignent les 5 titres du cd bonus, en réalité prolongement de ce Crushed Velvet dont la soupape a sauté à mi-parcours. L’arpège esquissé à la fin nous en faisait entrevoir les fluides en sourdine, et l’enchaînement avec l’échevelé I Dream of Jeannie est logique, évident. Derrière nous, le nouvel age tant espéré, désormais oublié. Devant nous, galaxies inconnues et interdites. L’imagination maniaque des 4 musiciens a tout repeint, tout réinventé. Les arrangements sont au-delà du psychédélisme, vibrants, flamboyants, désespérément sublimes. Est-ce un souvenir de la période K7 du groupe qu’on entend là, petite comptine moléculaire fascinante (Little Oyster) ? Tout ce qui fait leur folie est là, et plus… A partir de She Gave Me An Apple, les Dots semblent flotter pour de bon dans cet éther mystique qu’ils nous promettaient, intouchables, souverains. Nos oreilles se sentent alors perdues à jamais, dérivant au fond d’une galaxie inventée, cherchant un repère, en vain… On comprend, alors que démarre en trombe l’ultime morceau, le bien nommé Where No Man, que non, aucun homme n’a encore contemplé ces constellations, ces astéroïdes fusant à un mètre de nous, Ka-Spel, chantant toujours à nos côtés, chaman à trois têtes, décroche un rire enfantin, ses ailes enfin déployées alors qu’il nous emporte, toujours accélérant. "We never ever shall return…". Lorsque le trip s’achève - oh, ce disque à une fin ? - dans une remontée de souvenir d’enfance comme figé et lyophilisé, on a des fourmis dans le cerveau. Les Points Roses : meilleure drogue légale au Pays-Bas depuis 1987.

note       Publiée le samedi 20 avril 2013

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "The Maria Dimension".

notes

Note moyenne        15 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "The Maria Dimension".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "The Maria Dimension".

zugal21 › dimanche 26 avril 2020 - 11:24  message privé !

Nombreux sont les disques qui tendent à vraiment faire effet quand on monte le volume. Celui - ci n'a pas besoin de ça . Il passe très, très bien en sourdine.

Note donnée au disque :       
zugal21 › samedi 11 juin 2016 - 11:52  message privé !

A mon tour de m'y mettre, sortir de l'impasse que je me faisais de ce groupe. Débuté par celui-ci. J'aime son homogéneité si paradoxale car faite de bric et de broc, son continu planant et lyrique. Quant à Ka-Spel, il me semble l'entendre sourire sur certains passages... Pas de second cd sur mon édition, par contre

Note donnée au disque :       
Aladdin_Sane › jeudi 14 avril 2016 - 15:18  message privé !

Ca y est, j'ai franchi le pas, j'ai acheté l'édition complète en 5 vinyles. Superbe objet (c'est juste un peu galère pour se repérer entre les disques, aucune face et nom n'étant notés). J'écoute ça religieusement avant de donner mon avis mais rien que pour l'album, ça vaut déjà au moins 5 boules...

Aladdin_Sane › mardi 5 avril 2016 - 15:06  message privé !

Je découvre peu à peu la discographie foisonnante de ce groupe incroyable. Quelques extraits de Synesthesia entendu sur la toile m'ont même poussé à commander l'album (dans une belle édition vinyle).

dariev stands › vendredi 10 avril 2015 - 17:12  message privé !
avatar

ah, visiblement le groupe a enfin eu l'idée de restaurer l'album dans sa version d'origine (avec le fameux cd 3 pouces), et plus encore : https://www.soleilmoon.com/shop/legendary-pink-dots-maria-dimension-complete-recordings-5xlp-box-11912/

j'en referai pas un article fleuve je pense, même si c'est sympa de voir enfin une photo de cette époque-là (je sais enfin quelle tête a Bob Pistoor le guitariste!). Les "maria sessions" ci-chroniquées ont été inclues dedans aussi.