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Harvey Milk › My Love Is Higher Than Your Assessment Of What My Love Could Be

cd • 9 titres • 66:31 min

  • 1A Small Turn Of Human Kindness
  • 2Women Dig It
  • 3The Anvil Will Fall
  • 4Merlin Is Magic
  • 5My Father's Life's Work
  • 6Where The Bee Sucks, There Suck I
  • 7Jim's Polish
  • 8F. S. T. P.
  • 9All The Live Long Day

enregistrement

Brook Carter's Studio, 1994

line up

"Harvey Milk is Cronos, Mantis, Abadon"

remarques

chronique

Voici le premier et le plus difficile des Harvey Milk. Un album long, interminable même, brouillon comme la mauvaise humeur, fait de bric de broc et même de brocs en brique (rooooh), qui égrène des carcasses et des carcasses dézinguées de jams massives. Je ne vous casserai pas les pieds à lister tous les matériaux forgeant ce monstre sludgifère, qu'ils soient évidents (doom, grunge, hardcore punk, noise rock) ou moins évidents (musique minimaliste ? ok ok désolé je repose mes lunettes !), sans parler de toutes scories hard rock velu et rythmiques virant indus tribal... mmmh; donc je les ai listés quand même... bon... avec ces conneries j'en oublie par quoi je voulais commencer, vous faites chier ! Ah oui: déjà, ce qu'on constate, c'est que les jeunes Harvey Milk ne savent pas comment commencer un album. Ni le finir, d'ailleurs. Ce qui surnage de cette tambouille pas touillée et pleine de cornes et d'autres trucs corporels très durs - les calculs rénaux, aussi, ouais - c'est bien l'aspect le plus offensif et pesant du groupe. Encore vert, et à l'heure de mort du grunge (d'ailleurs, question people à moi-même, ce melvinsophile de Cobain a-t-il eu le temps de les découvrir avant de se faire péter le caisson ?), ce groupe était forcément là pour inquiéter. Harvey Milk jouent ici un peu tout et n'importe quoi, tant que c'est de préférence le plus lourdement et lentement possible. Trop farouchement sauvages et absurdes sans doute, ils ne feront aucune transition d'ordre progressif pour huiler la quenelle ; ça rentrera de force, ou ça rentrera pas. Sentiment renforcé par cette panoplie de textes souvent forts de roquefort (du genre "mon amour est plus profond que ton minou et plus costaud que ton ex-copain"), racontant faits divers ruraux sordides, souvenirs d'enfance peu agréables ou étalant des répliques de drague pour le moins sociopathes. Au milieu de la pluie de massues, il y a ces éclaircies aussi soudaines qu'incongrues : la plus connement marquante est cette chanson de l'enfant-soldat, "The Anvil Will Fall"... Croyez-moi qu'en concert, y a cinq ans lors de ma découverte ébahie du groupe, ils avaient tout simplement troué le donut à toute l'assemblée avec cette réécriture très personnelle de Gustav Holst. Tout à fait le même genre de touches de goût que chez Type O Negative, pour résumer l'esprit. Passé cet hymne du Harveyland, les moments les plus violents et lourds de l'album vont pouvoir s'épanouir... et j'insiste bien sur le LOURD. Car même pour l'initié, qui y trouvera ses Apports Journaliers Recommandés en boue et en rouille, ce machin pèse son poids, même à côté de bestiaux comme Enemy Of The Sun. Et puis quand il prend une tournure acide, aïeaïeaïe... "Jim's polish", rogntudju, quelle sauvagerie noise... Un autre exemple de violence notable tiens : "F.S.T.P.", du vieux Swans bourré au whisky de seigle. Très, très méchant. Et puis, à citer obligatoirement, Creston Spiers. Quand il débarque là-dessus au début, façon Howlin' Wolf, ben c'est sauvage et beau... Ce mec a définitivement toujours eu son blues à lui, un blues de gros bébé dangereux un peu comme Eugene Robinson, la tension sexuelle en moins et la débilité paysanne en plus. Ce Harvey Milk des origines vaut finalement peut-être tout autant pour ses moments chouquette que pour ses généreuses décharges de plomb qui viennent les écraser sans ménagement. Toujours vaillant dès il s'agit de bourrer son gros mufle dans notre étroite gamelle, avant de nous attendrir bassement à coups de berceuse printannière... pour mieux nous humilier plus fort l'instant d'après sous son humeur d'enclume.... Gmfffmblbmlbl... avec ce premier Harvey Milk y a bien qu'une chose dont je sois certain : même avec toute la bonne volonté que vous y mettrez, vous ne l'apprivoiserez jamais, et en retour il vous piétinera avec ses gros sabots jusqu'à ce que votre tronche se mélange à la terre et aux pâquerettes. Pénible, mais culte.

note       Publiée le mardi 9 avril 2013

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dariev stands › mercredi 10 avril 2013 - 18:02  message privé !
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Jamais vu en concert hélas mais beaucoup écouté à une époque, avec le suivant. Celui-là ne se laisse jamais apprivoiser en effet, d'où la non-chronique. Extrêmement méchant et vicelard, idéal pour ceux qui veulent du gutsien pur plomb.

Note donnée au disque :       
empreznor › mardi 9 avril 2013 - 14:49  message privé !

aussi bons que soient les albums, l'expérience ultime est sur scène et près des amplis. J'ai mis un peu de temps à l'aimer totalement celui-ci; mais courtesy reste certainement le plus difficile d'accès.

Note donnée au disque :       
cyberghost › mardi 9 avril 2013 - 13:07  message privé !

Plussoyage
Et leur passage au Glaz'Art, un des tout meilleurs concerts de 2012 !

saïmone › mardi 9 avril 2013 - 11:46  message privé !
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"Croyez-moi qu'en concert, y a cinq ans lors de ma découverte ébahie du groupe, ils avaient tout simplement troué le donut à toute l'assemblée" Je souscris, j'ai acheté tout les disques du groupe suite à la même expérience