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Emptyset › Demiurge

cd | 11 titres | 35:15 min

  • 1 Departure
  • 2 Void
  • 3 Point
  • 4 Periphery
  • 5 Plane
  • 6 Sphere
  • 7 Tangent
  • 8 Structure
  • 9 Function
  • 10 Monad
  • 11 Return

line up

James Ginzburg, Paul Purgas

chronique

Styles
noise
techno
Styles personnels
minimal tech façon pyramid head

Carglass répare, Carglass remplace - sauf ta face, hélas, qui fera des ondes sous le poids des anévrismes transforeligieux de Demiurge. Ni tes conduits audio, violés avec le tempo imperturbable d'un caviste autrichien. Emptyset, aussi bandant qu'un stage en manutention sur le papier, aurait pu nous livrer le disque bien fichu mais à usage unique, comme ils l'ont déjà fait, mais ces deux ouvriers aussi nerds que cruels qui jouent à manipuler leurs sons, désireux sans doute de retrouver l'essence d'une certaine techno dite intelligente, ont doté la bête de grosses cornes. Pas en bidouillant avachis entre deux parties de Minecraft, mais en plongeant les mains au plus profond du tas de gravier. Pour ressentir, et plus encore : nous faire ressentir, en exerçant une pression qui n'aura jamais le mauvais goût d'être insoutenable, mais qui va quand même bien nous écraser la tronche. La techno minimale façon bûcheron aveugle, si tu préfères, mais avec les gants blancs du mec de Funny Games. La sensibilité humaine des protagonistes, encore lointainement perceptible derrière, fait aussi cette différence de saveur avec les albums-gadgets du genre, de même que la concision, qui appelle des écoutes répétées. On est pas chez Converter, mais on est pas chez Pan Sonic non plus, même si la référence est d'une évidence piégeuse. Le motif de Demiurge est nettement plus simple : un poids - sur nous. Purement physique. Demiurge réclame de l'espace, du volume, et qu'on lui donne ou pas, il les prendra. Dès les premiers frémissements, et ces premiers beats aux basses féroces qui t'appuient sur les tempes comme le gros pouce d'un golem, tu comprends qu'Emptyset va surtout jouer avec toi, avec ton corps, avec ton placo. Mieux qu'un trou dans du verre, en réalité : un trou de ver, reliant directement ton tympan à ta cage thoracique. Entre deux salves de neige cathodique, l'érection d'une messe minimal tech tranchante et appliquée va construire des murs successifs autour de ta tronche. A moins qu'elle ne les abatte un à un... Demiurge te malaxe, te tombe dessus comme l'affliction. Alors qu'importe vraiment qu'Emptyset aie été un peu vite élu par le conclave de la presse spécialisée au point de faire grincer des dents de puristes ou de noiseux perplexes : cet album-là charcle, réellement, et toute considération extra-musicale n'y changera rien. La comparaison avec l'effet produit par les vieux Swans n'est pas stupide : un cycle, un motif, répété en une écrasante messe, mais pas de transe. Tu seras dessous. Dominé, contrit. Ta stéréo sera placée sous la coupe de son rythme, de ses érections soudaines. Ton corps va petit à petit se nourrir de ses vagues de tension aussi nettes que des répliques d'Eva Joly. Et tu vas, par cet effet d'accoutumance bien connu mais toujours délicieux, augmenter le volume, de plus en plus, jusqu'à bien ressentir tout le grain de l'ouvrage et mesurer la pleine puissance de ton Hôte.

note       Publiée le mercredi 3 avril 2013

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A.Z.O.T › jeudi 17 octobre 2019 - 18:12  message privé !

Le nouveau (Blossom) vient de sortir. On retourne dans le sound design et la satu sans le côté bouge boules qui me plaisait bien sur le premier.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › mardi 26 novembre 2013 - 16:43  message privé !

Il est pas mal le dernier, exit les basses et la tech minimale, place à de l'electronique assez noisy.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › vendredi 8 novembre 2013 - 16:19  message privé !

Il y a un tout dernier long qui vient de sortir, tiens.

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › vendredi 8 novembre 2013 - 15:53  message privé !

On dirait des agents de chantiers qui découvrent Alva Noto et qui tentent de rejouer le truc avec des bétonneuses et des grues. Stressant et physiologiquement éprouvant dans le noir, les blocs grincant réclamant une présence indéniable. Reste à savoir si Raven a vu juste concernant la durabilité du truc. Ce truc est tellement physique qu'en enchaînant sur du Byetone j'ai l'impression d'écouter de la musique classique. (edit : l'autre différence entre ca et Converter et Pan Sonic c'est que ces derniers sont encore (un peu) tongue in cheek ; là j'ai rarement eu l'occasion d'entendre un truc aussi antipathique, froid, mécanique)

Wotzenknecht › samedi 6 avril 2013 - 20:23  message privé !

Je voulais dire Zhark Recordings, bien sûr (une faute de frappe ca arrive)