Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesNNational Wake › National Wake

National Wake › National Wake

cd • 13 titres

  • 1Wake of the nation
  • 2Dreams in my head
  • 3International news
  • 4Bolina
  • 5Kalabash
  • 6Supaman
  • 7Time and place
  • 8Student life
  • 9Xighangu Xamina
  • 10Stratocaster
  • 11Mercenaries
  • 12Black punk rockers (live)
  • 13Walk in Africa (live)

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

Stabel Studios, Johannesbourg, Afrique du Sud, 1981. Le titre 12 a été enregistré live au Wits Great Hall en 1980 et le titre 13 au Chelsea en 1981

line up

Gary Khoza (chant, basse), Ivan Kadey (guitare, chant), Punka Kohza (batterie, percussions, chant), Steve Moni (guitare, choeurs), Kelly Petlange (saxophone)

remarques

chronique

Je vous avertis d'emblée, ce disque-là n'est ni sombre ni vraiment expérimental...Encore que...Il a en tout cas été engendré au cours d'une période sombre de l'histoire théoriquement révolue du nom d'apartheid et quant à savoir s'il est expérimental, peut-être un peu sachant que National Wake est considéré comme une formation punk. Alors que bien des groupes du genre auraient pu user du slogan: 'Nous ne savons pas jouer, faisons-le', ces musiciens auraient plutôt affirmé: 'Nous savons jouer, faisons-le'. Mais revenons au début de cette improbable histoire. Comment imaginer destins plus différents que ceux de Ivan Kadey, jeune blanc élevé dans la banlieue de Johannesbourg et des frères Khoza, deux noirs dont la famille avait été installée à Soweto où le gouvernement s'activait à parquer les indigènes comme du bétail ? Kadey dès son jeune âge se sent en porte-à-faux avec cette politique de ségrégation et milite activement contre. Il finit par s'installer dans une sorte de communauté sise dans un ancien quartier huppé laissé à l'abandon. L'endroit étant ouvert d'esprit, plusieurs artistes africains y passent. C'est là que que le jeune homme fait la connaissance du percussionniste Mike Lebesi originaire de la campagne avant de grandir en ville avec sa grand-mère employée de maison. Lui qui vient de découvrir le reggae s'enthousiasme pour Bob Marley et jamme des heures avec son nouvel ami dans une combinaison simple de guitare électrique et de percussions. Alors que la situation politique du pays devient de plus en plus tendue, Lebesi lui présente une section rythmique composée de deux frères, Gary à la basse et Punka à la batterie. Le courant passe immédiatement. Flanqué d'un cinquième larron en la personne du guitariste Paul Giraud, le groupe se structure, se précise. La diversité des racines de chacun va rapidement définir un mélange unique qui va devenir la marque de fabrique de National Wake. Nous avons parlé du reggae et des percussions traditionnelles africaines, ajoutons le goût du funk et de la soul des deux frères déjà forts d'une solide expérience musicale au sein de diverses formations ou orchestres, sans oublier le folk engagé cher à Kadey ainsi que sa récente découverte du punk rock naissant dont il apprécie la charge revendicative. A la dureté du quotidien, National Wake oppose l'ironie mais également l'optimisme, au fascisme ambiant, il propose la diversité ethnique. Ne pouvant se produire au sein des circuits rock traditionnels du pays, les jeunes gens vont organiser leurs concerts dans tous les squats et lieux alternatifs ou simplement ouverts d'esprit possibles, rassemblant un public aussi bien composé de noirs que de blancs. Ils uniront également leurs forces avec celles d'autres combos punk ou new wave tels que Wild Youth (chroniqué en ses pages) ou Safari Suits. National Wake va aussi tout mettre en oeuvre pour s'auto-produire et ne pas dépendre des ressources insuffisantes et peu inclines à la sympathie vis à vis de punks, encore moins selon leur couleur de peau. A force d'efforts, ils parviendront à enregistrer un album grâce au soutien financier des amis et de la famille, lequel manquera d'être refusé au pressage en raison des paroles engagées. Un embryon de succès se dessine, un titre est passé en radio, des concerts sont organisés, l'un d'eux devant même être filmé. Mais ces éléments vont pousser le combo à imploser de l'intérieur. Gary, au bord de la dépression nerveuse, veut s'en aller, redevenir un citoyen normal. La communauté d'artistes sera fermée, le disque mis sur liste noire et quand il sortira au Royaume-Uni, le sera sans promotion, d'où des ventes médiocres. Après le split, Gary poursuivra dans la musique, voyagera un peu avant de revenir s'installer dans son pays pour y vivre sa vie de citoyen ordinaire, donnant des leçons ou jouant dans les églises avant de mettre fin à ses jours après avoir longuement combattu la dépression. Son frère Punka rejoindra divers groupes, se verra inquiété puis blanchi par la justice, s'installera en Irlande avant de retourner en Afrique du Sud où il deviendra un professeur de percussions reconnu avant de décéder des suites du sida. Ivan Kadey fondera un label avant d'émigrer aux USA où il travaille comme architecte. C'est néanmoins à lui que l'on doit cette réédition de l'album originel dans la version UK (soit avec 'Mercenaries' en supplément) et enrichi de chansons live. On y découvre d'excellents musiciens nous proposant un melting-pot fluide et rythmé de bases funky enrichies de percussions traditionnelles mais flirtant également avec des accents punky comme sur l'excellent 'National News' plus agressif, sans oublier les influences reggae ('Supaman'). Au cours de sa courte carrière, National Wake s'était également adjoint les services d'un saxophoniste d'où quelques parties cuivrées du plus bel effet tant pour souligner l'énergie que la mélancolie de certaines compositions. Le groupe est clairement doté d'un très bon sens de la mélodie, sa dextérité dans le maniement des instruments (les solos de batterie ou de percussions sont épiques) permet de fusionner les multiplicité des influences en un tout très cohérent, autorise des breaks et des ponts complexes sans le moindre souci. Aucune faiblesse, tout est très bon, du funky entraînant de 'Wake of the nation' au punk rock de 'Black punk rockers', la présence des voix noires apportant une coloration chaude mais convaincue aux morceaux. Recommandé aux fans de Clash ou autres amateurs de fusion des genres.

note       Publiée le mardi 2 avril 2013

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "National Wake".

notes

Note moyenne Aucune note pour ce disque pour le moment. N'hésitez pas à participer...

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "National Wake".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "National Wake".