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Telex › L'amour toujours

  • 1985 - WEA, 249 175-0 (1 vinyle)

vinyl | 2 titres | 10:13 min

  • 1 L'amour toujours (Special Dance Mix) [6:33]
  • 2 I Don't Like Music [3:40]

extraits vidéo

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line up

Marc Moulin, Michel Moers, Dan Lacksman

chronique

Styles
electro
pop
techno
Styles personnels
techno-pop pas rigolote

L’amour toujours, encore et toujours l’amour. Et je n’aime plus la musique. Elle me fait penser aux moments que j’ai perdu, à ce qui est passé, elle me fait sentir que le temps passe trop vite, que l’amour, toujours, n’était qu’une explosion, qui retombe dans la cendre, et cette satanée musique qui me fait danser alors que je ne veux pas danser. Elle me fait oublier pour ne jamais vraiment comprendre, avec elle, tout résonne comme des bons moments d’il y a longtemps, et pour maintenant, y a plus rien. Qui d’autres que des belges pour nommer un titre « I Don’t Like Music » et démontrer par une équation simplissime qu’en effet, il vaudrait peut-être mieux fuir tout ça ? Le tout avec un brio techno-pop ravageur digne de la période sombre du Yellow Magic Orchestra (le titre éponyme, dans sa première version, avait été repris par Miharu Koshi, avec la géniale production techno-kayo de Haruomi Hosono, le lien se dévoile ainsi tout seul entre les trios nippons et belges). C’est qu’ils sont un peu passés à la trappe de l’histoire officielle, les trois de Telex. On leur préfère la rigueur des pionniers germaniques, l’élégance des post-punks de Manchester ou dans le meilleur des cas, l’excentricité plus insaisissable des japonais. Avec eux ils partagent un sens certain de l’humour, voir du sarcasme, ce qui n’aide jamais à se faire prendre au sérieux. Et pourtant, voilà qu’eux aussi participent à inventer la house et la techno. Ce long Special Dance Mix de « L’amour toujours », single tiré de leur quatrième album, fait figure de proto-tout ce que vous voudrez dans le genre. Dans ce genre de 12’ qui tourne dans les dancefloors jusqu’à Detroit ou Chicago, probablement. Avec des voix vocodées à l’européenne, des gimmicks de synthés en cascade et une mélodie pop qui apparait comme un arc-en-ciel, une version shootée à l’énergie des « personal computers », dont l’apparente naïveté illustrée par la pochette entièrement dessinée à la main sur logiciel d’époque est très largement contrebalancée d’abord par les paroles du titre, plus mélancolique qu’il n’y parait, puis par l’antinomique face B évoquée plus tôt. Raide, métallique, oppressante avec ses bandes à l’envers et cette voix aussi froide que les jeunes gens modernes de l’Hexagone, les Telex ne rigolaient pas tout le temps, ou alors, un peu jaune, eux aussi.

note       Publiée le mardi 28 novembre 2017

Dans le même esprit, (N°6) vous recommande...

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mangetout › lundi 19 février 2018 - 10:01  message privé !

C'était 'achement bien Polyphonic Size du peu que j'en avais entendu à l'époque, leur mini tube underground "Je t'ai toujours aimé" est effectivement une tuerie. Il y avait aussi Jo Lemaire & Flouze en Belgique aux débuts des 80's, j'aimais beaucoup leur reprise du "Je suis venir te dire que je m'en vais" de Gainsbourg.

Au même moment, ceux qui se rapprochaient le plus des belges, je trouve, étaient les français de MODERNE, un titre comme "Mercenaire solitaire" est assez significatif :

Moderne "Mercenaire solitaire"

ou d'autres très Kraftwerkiens comme celui-là : Moderne "Dilemma"

Les gusses (ils étaient 3 comme Telex, dont un avec moustache c'est dire) ont sorti 2 albums en 1980 et 81, très bien faits, et se sont, malheureusement, évaporés dans la jungle des 80's...

Dioneo › lundi 19 février 2018 - 05:01  message privé !
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Y'avait Polyphonic Size - également en Belgique (avec souvent JJ Burnel dans coup, certes) et à la même époque - qui étaient capables de balancer des trucs à la fois assez impecc en terme de synht-pop pas à la traîne des autres mondes (Allemagne Japon Brittonie etc.) avec en même temps un humour particulier, un côté glacé et pas lourd du tout à la fois. C.f. l'EP Mother's Little Helper dont je vous causais un coup, qui enchaîne une version bien frigo du titre des Stones avec des machins spleenétiques genre RDA-RFA, ce truc techno-atmo-SF avec voix nippone nommé Kyoto, que je trouve bien réussi... ; ou l'album Leave for Each Moment/Vivre pour Chaque Instant, qui peut se faire succéder le faux délire débile Action Man et le très beau/froid/doux Night Is Coming On... Et puis Je T'Ai Toujours Aimée à la fin, que je peux me passer inlassablement. (L'originale est bien différente de la reprise par Dominique A sur Auguri, en passant, pour ceux qui auraient découvert ça par son biais, à l'Ané - perso je n'avais pas tout de suite épluché les crédits avant d'aller chercher de qui il retournait, derrières ces noms pas tous connus du tout mais c'était venu assez vite vu que la chanson me plaisait beaucoup tout en sonnant un truc différent du reste de l'album, à mes oreilles).

mangetout › vendredi 16 février 2018 - 14:16  message privé !

Effectivement quand Telex reprend "Ça plane pour moi", "Rock around the clock" (la froideur du truc) ou "Twist à St Tropez" (des Chats Sauvages) ça pétille d’intelligence rigolote. On dirait les 4 de Kraftwerk prenant le vol 714 pour Sydney, en compagnie de Goscinny et Gotlib...

(N°6) › vendredi 16 février 2018 - 12:37  message privé !
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Les mecs qui pour leur passage à l'Eurovision te pondent la chanson du passage à l'Eurovision, littéralement. Connaissait pas ce titre "Spike Jones", mais ça prouve que cette disco devrait être explorée de fond en comble. La reprise de "Ca plane pour moi" sur leur premier album vaut son pesant de Kraftkaouètes aussi.

Note donnée au disque :       
mangetout › vendredi 16 février 2018 - 12:22  message privé !

Tiens je n'avais pas vu qu'il était chroniqué ici celui-là, plutôt bien en plus. J'aimais beaucoup à l'époque, il me rappelait un peu leur autre tube "Moscow diskow" sorti 6 ans avant. Ce groupe, il est vrai un peu passé aux oubliettes, était un ovni, à l'époque, dans le paysage musical, l'humour des premiers YMO n'ayant pas atteint les contrées européennes (on a véritablement commencé à parler des nippons peu de temps après leur séparation en 1984 au moment de la parution du live "After service"). Leur passage à l'Eurovision en 1980 fut un grand moment de second degré.

Un autre single des belges que j'adorais : Spike Jones (1986)