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Masayuki Takayanagi New Direction › Live Independence

  • 1994 • P.S.F. PSFD-57 • 1 CD

cd • 2 titres • 42:34 min

  • 1Herdman’s Pipe of Spain21:27
  • 2Mass Projection21:07

enregistrement

Enregistré par Jin Inshinati les 11 et 12 mars 1970, Station ’70, Tokyo.

line up

Masayuki Takayanagi (guitare), Sabu Toyozumi (batterie), Motoharu Yoshizawa (basse)

remarques

Ces enregistrements sont issus de deux concerts donnés les 11 et 12 mars 1970 à Tokyo ; le disque Call in Question, tiré des mêmes concerts, en constitue le complément.

chronique

Ce groupe, disais-je, a des ressources. De multiples attaques, de surprenantes variétés de vitesses, passée l’évidence de la déferlante. Des techniques qui comme partout sont mouvements de corps, gestes précis sur des solides, souffles maîtrisés, formés dans l’instant. Mais qui veulent ici dépasser la circonstance ou bien s’en faire indistincte, la contrarier ou l’épouser, la confronter, encore. Déjouer les ressassements d’apprentissages. Et voici que sur ce Live Independence – deuxièmes moitiés de deux concerts dont les premières se trouvent sur le Call in Question paru en même temps – on soupçonnerait le New Direction de posséder un certain humour. Dans ce curieux titre. Du moins, un sens de l’incongru – du sien, des propres attentes des musiciens comme prises elles aussi par surprise. Le Flutiau de Berger d’Espagne… Est-ce pour cette guitare, l’Ibérie ? Acoustique. Et en effet comme en écho de certains folklores d’Europe. Presque. Déformés. Par fragments de timbres plutôt que de phrases proprement dites. Et puis cette flûte, justement… On se demande bien quel troupeau elle pourrait rassembler. Aucune bête de trait, ici. C’est l’attention, plutôt, qu’elle captive. Et cette pièce – où le battement des tambours se fait plus en sourdine, plus retenu, désaturé – est comme un moment d’un curieux répit. Une beauté s’en dégage qui serait le contraire d’un jeu esthétique. Une sensation, encore, un écheveaux de celles-ci, plutôt, qui se desserre. Toutes localisées, indéniables et passagères. Comme à l’instant parfait où, reprenant son souffle, la respiration se fait la plus vaste et plus lente. La perception rendue plus nette, toutes les surfaces de contact absorbant la fraicheur, dégageant la chaleur. Les musiciens n’attendent pas. N’attendent rien. Guettent activement, plutôt, cherchent l’instant de trébucher à nouveau l’équilibre, de lancer le prochain emballement. Calme plein mais pas annonciateur car rien n’est su de ce qui va suivre. Et de fait Mass Projection – en dernière pièce, et la plus longue, aussi – n’est pas la trop prévisible explosion. L’air s’y charge, à nouveau, certes. Mais cette fois encore – comme sur Intermittent, sur l’autre disque du doublé – en sons qui enflent sans qu’on on reçoivent l’attaque, le point d'émission. En volumes plus amples, toutefois, cette fois, ondes faites pour envahir l’espace, renverser tout obstacle. Larsens aux arrêtes escamotées pour que leur frappe, sur toute la surface, pousse, propulse au loin tout corps résistant. Pièce qui s’étend à la vitesse d’un liquide libéré au même instant de tous les bords qui le contenait. Sans à-coups – la batterie cogne mais de nouveau son mouvement est flot, lui aussi, plutôt que mur érigé ou éboulis – mais impossible à enserrer. Incompressible. Pièce qui longuement gagne, emplit l’espace. Encore une fois, le titre est curieusement adéquat. Parce qu’à ne pas se passer de mot, autant pousser le littéral jusqu’au point où il prend de court la description. L’indépendance est processus. L’autonomie se meut, elle n’est rien d’autre que ce déplacement. Au faîte de la pièce, l’onde tremble sans pouvoir exploser, en vibration accélérée qu’on ressent dans les os, derrière les tempes, dans les dents, au pommettes, dans l’occiput, à la jointure des vertèbres. L’indépendance est mouvement de corps. Le corps est masses, densités. Les corps émettent. Le son en sort et les traverse et les bouscule. Et si l’esprit existe, allez savoir où il se loge.

note       Publiée le mardi 12 mars 2013

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WZX Envoyez un message privé àWZX

Ba je sais pas alors... Parce que la page discogs de Live Independence indique Herdsman... Bref, c'était juste l'histoire de flute que je voulais évoquer au départ !

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Ui, c'est orthographié comme ça sur le disque, hein ! Et il ne s'agit peut-être pas d'une faute... On parle peut-être d'un homme-troupeau ! D'un homme-horde ! (Encore ces histoires de devenirs-hordes, groupes, populations ?).

WZX Envoyez un message privé àWZX

Je viens de découvrir que Takayanagi avait déjà enregistré Herdsman's Pipe of Spain (écrit avec une faute dans la tracklist d'ailleurs ^^) en septembre 69, avec Toyozumi et Yoshizawa sur Independence : Tread on Sure Ground, dans laquelle on trouve... une flûte !

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Ah ah ! Oui... Mais pas le premier soir.

Alfred le Pingouin Envoyez un message privé àAlfred le Pingouin

Nooooon? On peut faire ça avec une guitare? O_O

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