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Torsten M. Abel › Sequentrips

cd | 8 titres | 67:29 min

  • 1 Circular Movement [ 8:05]
  • 2 Garden of B [ 10:19]
  • 3 Beautiful Moments [ 6:39]
  • 4 Andhere Jangala [ 11:44]
  • 5 Iceland Slither [ 8:50]
  • 6 Tangling in the Modules [ 8:04]
  • 7 Audible Forces [ 10:09]
  • 8 Deja Vu [ 3:39]

enregistrement

Composé et enregistré entre 2009 et 2010, sauf pour Tangling in the Modules; enregistré en concert au Happy Knobbing-Modular Synthesizer Meeting à Fischbach en 2009)

line up

Torsten M. Abel (Synthé Roland, séquenceur Kawai, guitare électronique, percussions électroniques et FX)

Musiciens additionnels : Martin Rohleder (Guitares sur Andhere Jangala et Audible Forces) Benjamin Degen et Eric Schleehahn (Synthés sur Tangling in the Modules)

remarques

Pour en connaître un peu plus sur l'univers musical de TMA, on peut vister son site web à l'adresse suivante: http://www.tma-music.com/indexenglish.html

chronique

“Sequentrips” est le 2ième album solo de Torsten M Abel. C'est un album intimiste où il fait un survol de ses deux dernières années. Intimiste mais pas mélancolique, car TMA nous sert de ces ambiances qui avaient séduites sur SynthsOrganics, paru l'année suivante, où les rythmes spiralés d'une approche de Berlin School hypnotique gravite dans des ambiances qui sont au diapason d'un style toujours versatile et avant-gardiste chez le synthésiste Allemand. “Sequentrips” est principalement un album de séquences. Des ions charmeurs de rythmes qui paradent dans des tourbillons lunaires aux tempos divisés par des percussions électroniques aux cadences d'un rock prog électronique unique au style de Torsten M Abel qui a retenu les services du guitariste Martin Rohleder dont le style et la dextérité nous amène dans des territoires jadis défriché par Ashra et Mind Over Matter. "Circular Movement " amorce la lente virée séquencée de “Sequentrips” avec des ions sauteurs qui oscillent comme deux lignes entrecroisées à la remorque de percussions électroniques. Le rythme est coulant. Multipliant les ions tisseurs d'harmonie rythmique dans un canevas minimaliste nourri d'une fusion entre une ligne de basse et des pulsations arythmiques, Torsten M. Abel étend les accords de clavier qui errent, pensifs, sur une structure finement saccadée où sifflent quelques solos d'un synthé rêveur. "Garden of B" est un titre d'ambiance qui connaît une savoureuse procession. Si au début le titre est sans rythme et animé d'une faune organique aux croassements et bruissements suspicieux et hétéroclites, une rythme embryonnaire se dessine avec des accords de xylophone en verre qui scintillent et tintent dans cet univers en suspension. Ce ballet d'arpèges carillonnés résonne et forge une ligne harmonique qui scintille dans les brises noires d'un synthé aux ondes cosmiques lorsque le vide s'empare de nos oreilles et qu'une approche séquencée offre ses ions sauteurs un peu après la 4ième minute, dessinant un rythme clopinant qui s'agrippe aux lourdes percussions et qui plonge "Garden of B" dans un lourd rock électronique où guitare électronique et synthé s'échangent des solos dans des brumes d'éther argenté. Après une intro aux errances cosmiques, "Beautiful Moments" prend naissance sur des accords de synthé qui rêvent dans l'oubli. L'approche me fait penser à Rick Wright de Pink Floyd lorsque "Beautiful Moments" s'éveille avec une ligne pulsatrice qui dessine des cercles séquencés dans les arômes de ces accords aux harmonies lunaires. Le titre embrasse une fine tangente de synth-pop avec des percussions délicates dont les claquements résonnent sur un rythme légèrement stroboscopique où des arpèges de verre chantent et hoquètent dans les airs d'une belle mélodie électronique. Un beau croisement entre Ashra Temple et Mind Over Matter, "Andhere Jangala" nous plonge dans un univers de transe spirituelle. L'intro présente une fine pulsation qui bat d'un lent pouls hypnotique dans un éden tropical pour oiseaux multicolores. Une voix céleste endort le berceau de notre imagination qui se fait ciseler par les solos flottants de Martin Rohleder. Tranquillement, une forme rythmique circulaire et hachurée prend racine dans l'ombre des riffs de clavier et de guitare dont les boucles s'harmonisent dans un débit légèrement croissant, animant une structure psychédélicosmique qui respire la fumée verte d'un synthé onirique et d'une guitare aux solos tranchants sur les frappes limpides et acérées des tam-tams claniques. Les souffles rauques de "Iceland Slither" balaient une intro alimentée de fines ruades spasmodiques qui oscillent épisodiquement dans des brumes lunaires. Ces couches de synthé imposent une force tranquille et soufflent une ambiance morphique sur un rythme qui graduellement explose à l'aube de ses 3 minutes avec la chute de percussions électroniques. Le rythme est doux. Sautillant de son maillage percussions/oscillations, il s'approprie les rotations d'une ligne de séquences et de ses touches hachurées qui tournoient et valsent dans cet univers mystique où les synthés chantent les douceurs ouatées des brumes morphiques. Enregistré en concert au Happy Knobbing - Modular Synthesizer Meeting, "Tangling in the Modules" fait tourbillonner ses séquences dont les vitesses variables s'entrecroisent dans un superbe ballet astral digne des beaux élans intergalactiques de Software. Les solos synthés y sont pleureurs et voyagent en stéréo au dessus de cette délicate approche stroboscopique et de ces séquences finement saccadées qui tournoient lascivement dans une belle approche lunaire. Les rythmes en spirale et finement saccadés sont au cœur des hypnotiques voyages séquencés de “Sequentrips” et "Audible Forces" n'est pas en reste avec ces séquences qui dessinent une tranquille ascension spiralée. Les percussions tombent et sortent l'intro de son cocon sphérique avec un rythme plutôt dans le genre rock électronique où de suaves solos de synthé s'entortillent au-dessus de cette hypnotique vrille séquencée. Et la guitare de Martin Rohleder s'abat sur ce chaotique mouvement torsadé, libérant riffs et solos aussi étouffés qu'incisifs sur une structure qui divise à merveille son enveloppe de séquences aux tonalités hybrides qui sautillent tel des riffs échoïques trappés dans un magma musical qui coule à l'envers. "Deja Vu" détonne dans cet univers de rythmes brodés en spirale avec une approche très mélancolique où Torsten M Abel nous parle à travers son piano de ces évènements qui l’on profondément affectés au cours des deux années qui ont précédées “Sequentrips”. C'est doux et morose mais en même temps indéniablement beau. Plus musical et moins expérimental que SynthsOrganics, “Sequentrips” est un très bon album de Torsten M. Abel qui se plait à troubler l'auditeur avec des spirales de séquences aux rythmes hallucinatoires. Des rythmes qui valsent avec des vélocités mixtes pour s'adapter aux ambiances tantôt lunaires et tantôt explosives d'un album qui souffle sur les cendres d'Ashra, Software et Mind Over Matter. “Sequentrips” est un album à recommander aux amateurs de Berlin School aux tendances progressives.

note       Publiée le mercredi 27 février 2013

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