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Dynfari › Sem skugginn

  • 2012 • Code666 Code074 • 1 CD

cd • 9 titres

  • 1Glötun
  • 2Hjartmyrkvi
  • 3Svartir himnar
  • 4Myrkrasalir
  • 5Stillt
  • 6Augnablik
  • 7Sem skugginn I
  • 8Sem skugginn II
  • 9Eilífð

extraits vidéo

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line up

Jóhann Örn (guitare, basse, orgue, chant, percussions), Jón Emil (percussions, guitare)

Musiciens additionnels : Holly Bidgood (flûte)

remarques

La track list sur l'arrière de la pochette n'indique que huit titres et ne correspond pas à l'agencement réel.

chronique

Styles
metal extrême
black metal
Styles personnels
black metal atmosphérique

Je n'aime pas trop le black metal mais qu'elle est loin l'époque où je me regardais avec des gros yeux dans le miroir parce que je m'étais acheté 'A blaze in the northern sky' ! Je n'aime pas trop le black metal mais j'ai aussi appris (notamment grâce à ce site) que ce genre englobe une multitude de démarches, parfois très expérimentales, et ne se limite pas pas à une bandes de pandas couverts de clous hurlant à la lune sous un déluge inaudible de décibels. Je n'aime toujours pas le black metal pourtant je vais vous parler d'un groupe de black metal. Vous serez moins surpris quand je vous révélerai qu'il s'agit d'un duo originaire d'Islande...Aaah, tout s'éclaire, non ? Cela dit, il ne suffit pas qu'une musique vienne de cette île pour que je sois conquis et si j'ai fini par acheter ce disque, c'est qu'il a, à mes yeux, de vraies qualités. D'ailleurs en termes de metal, il va falloir se montrer patient parce que le titre d'intro se limite à une suite toute simple de notes de guitare nocturne, appuyée d'un coup de basse, rien de plus, sur près de six minutes. Quant à la suite, elle ne s'annonce pas beaucoup plus mouvementée non plus, 'Hjartmyrkvi' démarre sur un petit orgue lointain tandis qu'un sample de dialogue entre un homme et une femme tiré du film '1984' occupe vaguement l'avant-plan et ce n'est qu'après plus de deux minutes qu'arrive du lointain une musique pesante sous forme d'un rythme lent qui doit plus au doom qu'au black, même les lentes successions d'accords de guitare n'ayant rien de saturé ni de violent...Et toujours aucun chant. La chanson d'après paraît construite sur le même modèle puisque c'est l'orgue qui la lance à nouveau mais après une minute, la musique se lance enfin sous forme d'un black tendu alternant entre envolées rapides et tempi plus lourds qui m'évoquent des échos de Drudkh mais version dépouillée et hivernale. La géographie de l'Islande, voilà la clef, car la mélancolie dépouillée, souvent instrumentale de Dynfari, à l'image des paysages l'ayant engendrée, requiert de l'espace, de l'ouverture. Et c'est ce que parvient à évoquer le duo dans une veine beaucoup moins intense et désespérée que leurs compatriotes de Sólstafir, plutôt rugueuse au sens minéral du mot, hivernale. Nos jeunes gens n'hésitent pas à se frotter à des durées relativement longues, à prendre le temps de développer des ambiances, pari risqué malgré les nombreuses cassures, accélérations, ponts. L'impression générale reste contemplative, plutôt lente en terme de rythmes malgré quelques beaux passages serrés comme 'Myrkrasalir' plus traditionnellement black dans l'écriture et le chant hurlé, écorché, lesquels ne durent jamais très longtemps avant quelques notes hivernales en guise de break, même si le propos repart de plus belle. Bien sûr, l'écoute d'une telle galette n'est pas aisée et requiert une immersion complète mais je trouve que le tandem gère plutôt bien l'équilibre des forces; il y a bien sûr des longueurs mais l'album suit une progression relativement cohérente et l'ennui n'est pas vraiment le sentiment prédominant grâce au pouvoir évocateur des compositions, des ambiances maîtrisées et des variations régulières dans les structures. L'aspect héroïque de 'Stillt', par exemple, permet de lâcher la pression avant que le cristal glacé d'une guitare solitaire ne nous replonge dans un paysage sous la neige. Les coups de sang sont à l'image des rafales durant une tempête et c'est exactement ce à quoi me fait songer 'Sem skugginn' ('Une ombre'), une portion de terre soumise aux caprices d'une tempête. Les tourbillons succèdent aux accalmies qui elles-mêmes cèdent aux souffles puissants du vent qui se calme par intermittence. Tout cela vous est résumé dans le superbe morceau final qui englobe tout ça, avec un discret jeu de flûte soulignant le tristesse de certaines ambiances. Le black de Dynfari n'est pas de eux qui glorifient la haine, il agit comme une forme d'ode aux puissances de la nature et c'est ce qui en fait la beauté même si s'envoyer le disque d'une traite reste une expérience peu évidente.

note       Publiée le dimanche 3 février 2013

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Darkstar Seven › lundi 4 février 2013 - 13:36  message privé !
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Intéressant. On sent un réel travail de peaufinage des compositions. Belle découverte.