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Roland "Rahsaan" Kirk › The inflated tear

  • 1968 - Rhino, R2 75207 (1 cd)

10 titres - 40:26 min

  • 1/ The Black and Crazy Blues (5:59)
  • 2/ A Laugh for Rory (2:47)
  • 3/ Many Blessings (4:36)
  • 4/ Fingers in the Wind (5:07)
  • 5/ The Inflated Tear (4:46)
  • 6/ Creole Love Call (3:45)
  • 7/ A Handful of Fives (2:35)
  • 8/ Fly by Night (4:09)
  • 9/ Lovellevelliloqui (3:59)
  • 10/ I'm Glad There Is You (2:13)

enregistrement

Webster Hall, New York City, USA, 27 - 30 novembre 1967

line up

Jimmy Hopps (batterie), Roland Kirk (saxophone ténor, manzello, stritch, clarinette, flûte, sifflet, cor anglais), Ron Burton (piano), Steve Novosel (contrebasse), Dick Griffith (trombone)

remarques

Il s'agit de la réédition de luxe de 1998 de la firme Rhino pour les 50 ans d'Atlantic. Il contient également un titre bonus : "I'm Glad There Is You".

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
post bop

En ces années là, Atlantic menait une rude bataille face à la concurrence. L'écurie gagnait ses galons et sa notoriété autant dans le domaine de la soul (via Atco) que dans la scène pop à venir (avec très bientôt Led Zeppelin et Yes). En jazz, elle avait déjà hébergé Ornette Coleman, John Coltrane, mais aussi Charles Mingus. Aucune raison, donc, de croire que l'on fait pâle figure. C'est un des disciples de ce dernier, le saxophoniste aveugle Roland Kirk, qui devient leur nouvelle recrue. Sans atteindre la magie de l'explosif "Volunteered Slavery", cette première livraison pour Atlantic recèle, elle aussi, ses charmes, et non des moindres. Bien entendu, de prime abord, l'handicap du musicien suscite la curiosité. Mais ce comportement de bête de foire, on l'attribuera plutôt volontiers à l'exubérance de sa technique. En effet, avide de recherche sonore et de textures en tout genre, Kirk démultiplie ses talents aux instruments à vents, jouant du saxophone, de la trompette, du cor anglais, et plus encore. Bref, tout ce avec quoi il y a moyen de produire un son, et le plus puissant possible, par le souffle. Plus fort encore, il n'hésite pas une seule seconde à jouer de deux, voire de trois saxophones simultanément ! Cela a pour effet de lui donner un son sans nulle autre pareille. On peut d'ailleurs l'entendre très clairement sur la plage titre. Le reste de l'album s'inscrit dans un style hard bop des plus classique. Mais Roland Kirk et sa bande y introduisent quelques notions de dissonances, quelques digressions bienvenues, qui laissent à penser que sous ses apparences conventionnelles, il y a bien plus à découvrir. La marche funèbre "The Black and Crazy Blues" qui ouvre l'album en est la preuve flagrante et, aussi, un de ses moments les plus déterminants.

note       Publiée le vendredi 31 mai 2002

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aur › samedi 8 avril 2006 - 09:42  message privé !
Ah, ce cher Roland Kirk ! Quoi qu'il joue ; malgré un fort attachement à la tradition, ce personnage haut en couleur tire son épingle du jeu et surprend l'auditeur par des trouvailles de chaque instant. Il surprend toujours ! C'est peut-être le fait d'être aveugle qui développe la sensibilité ? En tout cas, le morceau titre est poignant. C'est là qu'est le blues dans ce qu'il a de plus profond : chez Kirk, Mingus et Lateef ! çà me prend aux trippes parce que Roland ce met à nu, il les mes a nu ses entrailles. La musique de cet homme orchestre est curieusement intîme, tactile, tendre et bouillonnante, proche ! Un de mes albums préféré, avec son premier et "Please don't cry beautiful edith".
Note donnée au disque :       
william › vendredi 12 novembre 2004 - 11:24  message privé !
Une très bonne introduction à Roland Kirk. Il joue également de la flûte. Il a d'ailleurs fait un SUBLIMISSIME album dans lequel il joue uniquement de la flûte : I TALK WITH THE SPIRITS, sorti du Verve (label avant-gardiste de jazz, mais qui a aussi sorti les 2 premiers Velvet Underground). En tout cas, Roland Kirk fait parti des grands, l'album chroniqué est vraiment bon je trouve, et I TALK WITH THE SPIRITS, assez spéciale je l'avoue, est un chef d'oeuvre.
Note donnée au disque :