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Sutcliffe Jügend › Pigdaddy

cd • 6 titres • 45:06 min

  • 1Insult4:56
  • 2Defacer8:26
  • 3Pigdaddy5:23
  • 4Filth7:10
  • 5Dirty8:03
  • 6Nonce11:35

line up

Kevin Tomkins, Paul Taylor

remarques

chronique

«Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis» affirmait Vanessa Demouy dans une récente interview. Qui oserait se détourner d'une telle évidence ? Qui surtout, à l'écoute de «Pigdaddy», ne donnerait pas raison à cette bougresse si superbement bustée ? Car oui, sachez-le, cet album m'a réconcilié avec SJ, que je croyais perdu à jamais après ses errances death-factoriennes. Aux chiottes, les concepts de snobinards au petit doigt levé, et place au PE déglingué, intuitif, de celui qui se pâme sur les visages tuméfiés, le sordide, le trop-humain, la sourde injustice et vas-y que je te pisse au visage, territoire de ma petite impunité, parce que ça fait du bien par où ça passe. Ce «Pigdaddy», c'est de la bande-son torche-cul pour papa-caïds qui n'ont de courage que face à leur gamine de 6 ans, mais qui s'écrasent comme une merde devant le reste du monde. Ca fout des mandales à tire-larigot, voire, pour les plus créatifs, du kick coqué dans l'innocence d'un nombril dodu qui n'en demandait pas tant ; on est à la foire à Neuneu, regarde la belle rouge que tu vas prendre ; attends que je retrouve mon ceinturon, honey, râââââââle ! Rarement PE aura été si noir-drôle. Pas cynique, non, ça Sutcliffe Jugend le laisse aux autres. J'allais presque dire, même si c'est à priori impropre : burlesque. Ouais, je crois qu'on frôle la juste qualification : noir, et burlesque. Telle est la mise en scène du sordide que je préfère ; ici, c'est sans vergogne, et avec une jouissance communicative, qu'elle déboule comme un bulldozer à trois roues. Tomkins y excelle enfin, enchaînant divers registres vocaux avec nuance et énergie, supporté par une électronique de collages distordus, bancals et tordus, fonctionnalisés à mort, soulignant chaque étape du calvaire. Quel bonheur d'entendre un frontman retrouver un charisme inspiré, pendant que d'autres s'enlisent dans quelque niaiserie afro-noise pour petits blancs au cul serré. «Pigdaddy», j'y retrouve même par moments les délicieuses sensations alcoolisées des vrais-faux péquenots de chez Tanzprocesz. En un mot : bravo.

note       Publiée le dimanche 20 janvier 2013

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Solvant › dimanche 20 janvier 2013 - 21:33  message privé !

Ah ! Je ne suis plus le seul sur Guts à trouver que Sutcliffe peut être capable de pondre du fameux dans le fumier de sa propre disco !

Note donnée au disque :