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Momus › Voyager

cd • 10 titres • 41:57 min

  • 1Cibachrome Blue04:41
  • 2Virtual Reality03:18
  • 3Vocation03:31
  • 4Conquistador05:32
  • 5Spacewalk03:53
  • 6Summer Holiday 199903:18
  • 7Afterglow04:10
  • 8Trans Siberian Express05:16
  • 9Voyager05:49
  • 10Momutation 302:29

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré et produit par Nick Currie

line up

Nick Currie

remarques

Nick Currie a mis à disposition l'album Voyager en téléchargement sur Ubu.web : http://www.ubu.com/sound/momus_voyager.html

chronique

Styles
pop
electro
trip hop
house
techno
Styles personnels
electro-pop spatiale et futuriste

Le futur est finalement arrivé, en forme de flux électroniques luxuriants, en ondes synthétiques parcourant la surface du globe. Elles se voient mieux avec un peu de hauteur, vu de l'espace. Les micros-connections se multiplient, des rhizomes de fibres et d'informations s'entrecroisent à échelle planétaire, bientôt tout ne sera plus qu'un immense réseau. Nick Currie se laisse emporter par le courant technophile, tournant le dos à ses petites histoires perverses et à ses bricolages synth-pop miniaturisés pour se plonger corps et âme dans un bouillon de modernisme enluminé et gorgé de groove analogique. Dès les premières mesures de rythmique trip-hop sur fond de synthé élégiaque de "Cibachrome Blue", l'atmosphère se dévoile en panoramique de planétarium, la voix de Momus se fait détachée et sensuelle, libérée de toute affectation satyrique ou grotesque. En un sens Nick Currie semble se dévoiler ici en observateur plus bienveillant que grinçant, visiblement submergé par une excitation nouvelle au début de ces années quatre-vint dix porteuses de changement sonores et topographiques. Le second Summer of Love est passé par là, il en reste des traces de house profonde et soulfull, de techno apaisée et rêveuse, comme un lendemain de fête annonçant de beaux lendemains. Un titre comme "Vocation" et son ivresse électronique n'aurait jamais pu être composé dans la décennie précédente par le même Nick Currie tellement elle ressemble peu aux personnages déviants et torturés qui erraient dans les galeries de son imagination. Il y a ici une joie communicative relevant quasiment d'une nouvelle foi en un post-futur, une spiritualité de silicone amenant de nouvelles révélations, de nouvelles élévations. L'avenir est là, Momus l'imagine sur un autre continent "Summer Holiday 1999", fantasme coloré trip et pop où il se projette dans un Japon désiré qui lui sera bel et bien destiné, en bon visionnaire qu'il est (une de ses toutes premières chansons, datant de l'enfance, s'appelait "I can see Japan"). L'enracinement musical de Voyager reste du côté de l'Occident cependant, où le trip-hop naissant croise les pistes ancestrales des premiers pionniers electro, "Trans Siberian Express" embarque dans son périple ferroviaire des fantômes familiers sur les rythmiques plus élastiques et soyeuses de l'époque, jusqu'au confin de l'Asie, là où les glorieux ainés ne parcouraient que l'Europe. Plus rien n'est alors hors de portée, la nouvelle génération cybernétique permet la découverte des réalités virtuelles, dont Momus se délecte avec une certaine ambiguïté : parle-t-il bien de ces mondes nouveaux emplis d'avatars ou simplement de fantasmes convoqués pour une stimulation purement onanique "In moments when I want you so, All I've got to do is dream", portant la virtualité au degré même d'une délicieuse confusion, "This is just like the real thing, only better.", le tout en forme d'enivrante ritournelle housey onirique. Il n'est pas à une ou deux petites déflagrations du genre près, sa production atteint des sommets de technicolor lardé de samples et de boucles montés avec une précision redoutable, la plupart des titres pouvant officier dans tout espace propre à faire onduler les corps, tel ce "Spacewalk" en crescendo intensif, hédoniste, célébrant la cohorte soul et ses lignes de basses, en vision satellitaire, du cosmos où les drogues projettent l'esprit. De là à dire que Momus aurait perdu de son éternelle mélancolie, celle-là même qui rendait bouleversantes certaines de ses chansons y compris les plus déviantes, il n'y a qu'un pas qui ne peut être franchi tellement les paroles de "Conquistador" viennent rappeler, derrière le groove épique et triomphant, que cet enthousiasme immodéré et cette soif d'avenir se heurte bien souvent à la plus triviale des défaites "You can build an empire. You can be a conquistador. And when you've won. What'll you do ? If love…. has left the arena.". La rumeur voudrait qu'il y ait là-dedans un message à peine subliminal adressé à Alan McGee, patron de Creation Records. Le morceau reste dans la forme une petite bombe d'électro-pop post Summer of Love, la prod de luxuriante Currie s'alignant sur tout ce que la pop futuriste produira de meilleurs dans la décennie à venir (le remix "Momutation 3" en fin d'album vient en retapisser une couche luminescente). Le futur, celui qui passe au dessus ne nos têtes, dans les étoiles où se profile la sonde Voyager que regarde passer Momus la gorge un peu serrée, alors que le temps défile sur Terre. Le fabuleux dernier morceau éponyme ranime un sentiment d'angoisse ténue que ne pourra juguler aucune technologie, introduit par une mystérieuse voix féminine "I'm just trying to get out of the rain", la solitude et la peur des sentiments étouffent le narrateur perdu entre l'espace et ses écrans, y compris les plus miniatures, complainte élégiaque version 2.0 avec samples de cordes grandioses hachurés, piano coloré house, beats technoïdes mid-tempo et synthés cafardeux glissant à la vitesse de la lumière en orbite autour du globe.

note       Publiée le lundi 14 janvier 2013

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