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Yeah Yeah Yeahs › Fever to Tell

cd | 11 titres | 39:29 min

  • 1 Rich [03:36]
  • 2 Date With The Night [02:35]
  • 3 Man [01:50]
  • 4 Tick [01:49]
  • 5 Black Tongue [02:59]
  • 6 Pin [02:00]
  • 7 Cold Light [02:16]
  • 8 No No No [05:14]
  • 9 Maps [03:39]
  • 10 Y Control [04:00]
  • 11 Modern Romance [07:28]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par David Andrew Sitek. Enregistré à Headgear, Brooklyn, NYC, mixé par Alan Moulder & Nick Zinner à Eden Studios, London

line up

Nick Zinner (guitares, boîte à rythmes), Karen O (chant), Brian Chase (batterie)

remarques

"Poor Song" se trouve en morceau caché derrière le dernier titre. Le titre "Yeah ! New York" est présent en bonus track sur certaines éditions.

chronique

Styles
indie rock
punk
garage
noise rock
Styles personnels
garage punk revival et plus si affinité

Il y a bien eu un bug de l'an 2000. Un bug musical. A l'orée du nouveau siècle, une flopée de jeunes gens ont fait semblant de redécouvrir qu'on pouvait produire un sacré boucan avec des guitares et une batterie, après une décennie sois-disant noyée par l'électro et le hip-hop. La presse spécialisée et les majors ne s'y sont pas trompé. C'était le fameux "retour des guitares", après lequel soupiraient depuis un certain temps déjà les plus séniles des vieux rock-critiques. Un peu partout sur la planète l'éclosion d'une série d'albums produits par des groupes en The allait inonder la scène musicale. Pourquoi des groupes en The ? Mais pardi parce que tous les vrais groupes de rock, le pur et dur, portent un nom avec un article défini devant, c'est bien connu. Voilà du positionnement clair et précis, les groupes en The font du garage rock, de l'authentique certifié sans saloperie synthétique dedans, millésimé "énergie et fureur de vivre". Autant dire qu'ils auront inventé le fil à couper le beurre, tous ces ersatz plus ou moins sympathiques à l'enthousiasme bizarrement réactionnaire. Le règne du "c'était mieux avant" ne sera jamais porté à un tel point de notoriété et de buzz, comme on ne tardera plus trop à dire, avant bien sûr que ne suive l'interminable revival eighties qui apportera son propre lot d'abominations soniques portées aux nues et décrochant une des dernières timbales de la loterie ankylosée de l'industrie du "wok'n woll". Tout n'étant bien sûr pas à jeter dans cet escadron de revivalistes dont la dernière ligne comportait ce trio des plus louches. Notez déjà le bon goût de ne pas foutre un clichetonneux "The" au patronyme de leur formation. Yeah Yeah Yeahs, plus con comme nom de groupe faut se lever tôt, et quitte à donner dans le méta-garage de l'an 2000, autant y aller à fond. Pourquoi eux plutôt qu'un autre ? Seraient-ils moins poseurs ? Pas vraiment, on a une bande d'étudiants en art qui connaissent à fond leur histoire du post-punk et du rock bruyant new-yorkais. Un son particulier ? Faut reconnaître à Nick Zinner (pas tout à fait un petit jeunot de la dernière pluie, effleurant la trentaine à la sortie de cet album) une qualité bien propre dans le riff et la texture cradingue, aimant à saupoudrer de limaille noisy un jeu inspiré de métal un peu glam et bluesy sur les bords. Allez, on va pas se la raconter, ce qui distingue les Yeah Yeah Yeahs de tous leurs (pauvres, en général) concurrents, c'est la personnalité de leur chanteuse Karen O, importation coréenne bien déglinguée, petite post-punkette nouvelle génération au look aussi recherché qu'ostensiblement vulgos. Avec ses tenues au raz de la salle de jeu, ses collants résilles multicolores, ses maquillages en peintures de guerre urbaines et fluorescentes, son comportement de fofolle très très mal élevée carburant aux mélanges corrosifs, le jeune femme à la frange impose une présence focalisant toute l'attention, une vraie frontwoman comme le rock n'en avait pas vu depuis… depuis quand déjà ? Et même si elle a bien compris que l'attitude était au moins la moitié de la composante des punks, elle a en plus le culot d'assurer vocalement comme une bête, et ce dès le premier morceau qui s'ouvre sur un pattern mélodique qui sent déjà le classique à plein nez. Quand rentre la voix sulfureuse de Karen O, la messe est dite, cette fille-là vous tient par où je pense, et pour peu qu'elle s'énerve vraiment elle risque de faire très mal. "Date With The Night", "Man", les brûlot s'enchainent, Karen O feule et se vide les tripes à qui mieux mieux, Brian Chase dance-punk à mort en assurant tout seul la rythmique (la basse c'est pour les petites bites de l'orthodoxie), et Zinner se révèle rapidement comme un défourailleur d'élite. "Black Tongue", faut l'entendre pour le croire, comment elle y va la fille là-dessus, aucune pudeur déplacée dans le racolage auditif, les handclaps surchauffés et les textures brut de fonderie comme au plus beau temps du proto-punk. Et les paroles qui claquent "Boy you're just a stupid bitch and girl you're just a no good dick". Tout n'est pas de cet acabit, comme chez la plupart des revivalistes, l'énergie primale avant tout, cette obsession du vieux garage qui doit envoyer le bois sans coup férir ni fioriture tombe parfois aussi à l'eau, du décibel pour pas grand chose. C'est là qu'il y a un malentendu, que la fin de l'album vient mettre à jour de la plus belle des façons. Avant de décider de foutre le dawa mieux que les autres, Karen O et ses acolytes écrivaient surtout des chansons, en acoustique. Avec des mélodies. Et un chant sensible et posé. Avec classe. Les voilà qui débarquent, en fin de parcours, "Maps" et "Y Control", bien sûr toujours éprouvées par la guitare indomptable de Zinner, mais là se dévoile vraiment Karen O, de fait une putain de chanteuse, pas juste une hurleuse clownesque de plus, une voix sensuelle et sensitive plus que ouvertement sexuelle, dégagée de toute pose méta-post-punk-garage, écrivez-le comme vous voulez, le postmodernisme n'a plus lieu d'être quand il s'agit juste de pondre ce genre de morceau à la fois bruitiste et envoutant, aux lignes électriques louvoyantes effleurées par un souffle féminin délicat. Le mélancolique "Modern Romance" comme la "Poor Song" qui s'ensuit enfoncent le clou du songwriting mis en exergue. Le coup du retour de guitares furibardes c'était pour mieux dissimuler le fait que derrière le bordel organisé et les excentricités hystériques de Karen O se cache une vraie qualité d'écriture et une sensibilité pop que la suite ne fera que confirmer. Revival garage mon cul. Je t'en foutrais moi des groupes en The.

note       Publiée le samedi 12 janvier 2013

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london calling › lundi 14 janvier 2013 - 09:05  message privé !

Après vérification, je l'ai ce disque ... faudra juste que je l'écoute un jour, j'ai pas encore fini tous ceux en "The .."

Everlasting › dimanche 13 janvier 2013 - 11:55  message privé !

Je l'aime beaucoup celui-là. Toujours surpris que la critique l'encense pas plus (même toi au final, dans ta bonne review).

Note donnée au disque :       
saïmone › dimanche 13 janvier 2013 - 02:13  message privé !
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Un peu inégal, mais des titres tellement bombes que je ne me vois pas mettre en dessous de 5. Y control, Pin, Rich,... le seul bon album du groupe, d'ailleurs

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