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Jerome Froese › Far Side of the Face

  • 2012 • Moonpop Moonpop | CD-705 • 1 CD digipack

cd • 9 titres • 64:32 min

  • 1Flight of Fancy 5:53
  • 2Novembernauts 14:19
  • 3Scroll to Position 7:25
  • 4Her Majesty's Adornments 10:10
  • 5Crystal Red 4:56
  • 6Inner Canon of the Yellow Emperor 5:54
  • 7A Neo-Victorian Romance 5:48
  • 8Control your Curiosity 6:22
  • 9Captain of the Skies 5:51

enregistrement

Composé et enregistré par Jerome Froese, sauf Novembernauts et Crystal Red pa J.F. et Johannes Schmoelling

line up

Jerome Froese (Guitares, Guitartronica, Claviers, Synthé et programmation) Johannes Schmoelling (Synthé et FX)

remarques

Pour connaître un peu plus le monde de Jerome Froese, visitez son site au http://www.jeromefroese.com/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
new berlin, rock'n'teutronica and guitar

Étrange phénomène que celui de Jerome Froese! Malgré de solides albums on hésite toujours à parler de ses œuvres. J'ai fait le test avec “Far Side of the Face” (et par ricochet avec Cases of Recurrence). J'ai délibérément choisi de ne pas en parler, juste pour voir quand apparaîtrait une première critique. Et 6 mois plus tard; Zip! Nada! Rien! Boude-t-on le fils à Edgar? La question se pose. Car malgré une série de très beaux albums il y a peu de chroniques et d'écrits concernant les ouvrages de ce brillant jeune musicien de la relève électronique. Et pourtant “Far Side of the Face” revêt un caractère tout particulier avec la présence de Johannes Schmoelling qui apporte une touche très TD avec ses synthés aussi mélodieux que qu'acrimonieux, caressant à merveille l'univers psychédélico-rythmique bien tapageur de Jerome Froese. Ce 3ième opus studio de Jerome est un très bel album. Différent et plus poussé que ses précédents, mais un album qui laisse une trace indélébile dans vos oreilles et sur vos murs…
De délicats arpèges tombent comme des gouttes de pluie en série de quatre notes séquencées dans la brume introductive de "Flight of Fancy". L'amorce mélodieuse est hésitante. S'accrochant aux pulsations d'une ligne de basse, elle succombe aux très belles et étonnantes percussions qui éclatent et tambourinent parmi les accords égarés d'une guitare solitaire avant de se perdre dans une phase anarchique qui respire à travers les lamentations d'une Guitartronica dont les lourds riffs maintiennent les fragiles harmonies d'une mélodie fractionnée et ses solos distordants. Et doucement, "Flight of Fancy" revient à son point d’origine avec une présence plus harmonique de la Guitartronica. Cette pièce introductive, qui me rappelle A Mellow Morning de Shiver Me Timbers, est l'esquisse des 8 autres aux mélodies fuyantes et aux rythmes grégaires qui caresseront nos oreilles tout au long de “Far Side of the Face”. Jerome continue de mixer ses mélodies noires dans des riffs lourds et assommants qui décrivent des arcs d'ambigüité comme sur le très beau "A Neo-Victorian Romance", qui présente un très beau réquisitoire harmonieux à la Patrick O’Hearn avant de fléchir sous les coups de la Guitartronica, ou encore le superbe "Crystal Red", écrit avec Johannes Schmoelling, et ses stridents solos torsadés qui roucoulent sur une mélodieuse et accrochante rythmique saccadée. Les structures spasmodiques qui fragmentent de fines mélodies sont aussi nombreuses que dans Shiver Me Timbers et Neptunes. On a qu'à entendre le bruyant et hachuré "Control your Curiosity" (et "Her Majesty's Adornments") pour nous retremper dans les ambiances de ces 2 albums.
Aussi composé avec Johannes Schmoelling, "Novembernauts" déploie une structure harmonique qui s'agrippe à un rythme aux évolutions polyphasées. Les strates de guitares, et ses doux riffs, harmonisent leurs airs sur un rythme qui, de délicat, mord une ligne stroboscopique d'où s'échappent d'hypnotiques boucles musicales avant que les synthés de Johannes Schmoelling déchirent une cohésion qui venait de se soumettre à de solides percussions. Cette éruption rythmique se dissipe peu à peu, plongeant "Novembernauts" vers un passage plus ambiant que l'ex TD assaisonne de solos charmeurs. S'extirpant de son intro de brume ocrée, "Scroll to Position" gigote de ses pulsations et tambourinements frénétiques sous une mare de solos écourtés et de riffs agressifs. C'est un titre très violent qui plonge dans une belle phase plus mélodieuse et qui va virer vos lattes de plancher à l'envers. Autre solide titre, "Her Majesty's Adornments" égrène ses 10 minutes entre une envoûtante approche mélodieuse un brin virginale et une structure rythmique indécise où percussions et arpèges s'étreignent dans les courbes émaciées de filaments stroboscopiques. Sa continuelle indécision et ses déraillements rythmiques en font un long préliminaire musical qui atteint son bref climax vers la 6ième minute. C'est très bon! "Inner Canon of the Yellow Emperor" transcende le style coutumier de Jerome avec un titre toujours explosif mais plus approfondi que celui offert sur le EP Preventive Medecine. L'ambiance de trash métal électronique est nourrie de lourds riffs qui s'enchainent sur une structure empêtrée dans sa lourdeur. Le titre est hésitant et infirme une bribe de mélodie qui s'égare dans un tourbillon de riffs et de trop bonnes percussions. Pas facile à jauger mais assez surprenant, on dirait un croisement entre Red Hot Chilli Pepper et Carbon Based Lifeforms! "Captain of the Skies" conclut “Far Side of the Face” justement avec une ballade morphique du style Carbon Based Lifeforms. C'est une ballade insoumise et piétinée par des éléments ambio-psychédélicosmiques qui dérive dans l’espace-temps comme dans notre subconscient.
L'univers de Jerome bascule entre plusieurs genres et sous-genres et c'est assez difficile d'y apposer une étiquette conventionnelle. On peut appeler ça de l'électronica, mais je pencherais bien plus pour du trashtronica. C'est assez confus avec des rythmes impromptus et des mélodies suicidaires, mais l'ensemble fini par créer toujours quelque chose d'harmonieux même si avec ces structures majoritairement belliqueuses. Ça peut être assez pour éloigner les amateurs de MÉ qui ont de la difficulté à s'identifier au style peu coutumier de Jerome Froese dans un univers où la douceur fait rêver de longues structures oniriques. En fait Jerome me fait penser au Dr Frankenstein qui, dans son labo/studio, fait du collage, insère des riffs percutants et momentanés, construit ses rythmes tempétueux et plantent des percussions, qui sont franchement étonnantes sur “Far Side of the Face”, et forge des mélodies fantômes sur des monstres de rythmes tellement énormes qui font peur. Mais une fois que l'on se donne la peine d'écouter toutes les subtilités et nuances qui cernent les 9 titres de “Far Side of the Face”, on s'aperçoit que Jerome est un solide musicien électronique avec un sens de l'écriture qui accote et surpasse même plusieurs gros noms de la MÉ. Et même si la présence de Johannes Schmoelling sur cet opus apporte une touche Dreamienne plus près des années vintages que Miramar, l'approche mélodieuse de Jerome n'a pas à rougir face à cette légende de la MÉ contemporaine.

note       Publiée le mercredi 9 janvier 2013

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MANUMIRAGE › mercredi 20 février 2013 - 11:18  message privé !

franchement j ai hésiter a le prendre style fils a papa nada mais j ai fait une erreur cet album est tres bon on y fait reference a TD mais je dirait en plus moderne plus fin et la collaboration de schmoelling est un plus qui n enleve en rien du talent de jerome .