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Uwe Reckzeh › Mirror Images

cd • 8 titres • 69:27 min

  • 1Mirror Images 11:40
  • 2Waiting Steelness 7:41
  • 3Contribution 10:04
  • 4Most Diversion 6:17
  • 5Imaginations 8:49
  • 6Always Sunday 6:50
  • 7Holding Sympathies 8:00
  • 8Tomorrow with no Morning 8:09

line up

Uwe Reckzeh (Synthétiseurs, séquenceurs, percussions électroniques et FX)

remarques

On peut avoir plus d'informations sur Uwe Reckzeh en visitant le site web de MellowJet Records: http://www.mellowjet.de/Webshop_V4/

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
new berlin school et teutronica

On ne peut ignorer les parallèles entre la musique d'Uwe Reckzeh et le berceau de ses influences. L'ensemble des œuvres du synthésiste Allemand s'en abreuvent sans pour autant les copier. En fait, la musique de Reckzeh dépasse les frontières abandonnées par les différentes formes de Tangerine Dream. Si Subsesizer explorait ce qu'aurait donné le son du Dream avec Peter Baumann sur Exit, “Mirror Images” nous donne plutôt un aperçu du Dream avec Johannes Schmoelling en son sein après l'ère Poland. Mélodieux mais porté lourdement par un superbe mariage de séquences aux multiples formes rythmiques et de percussions électroniques aux frappes teutoniques écrasées par de puissantes lignes de basse aux amples oscillations destructrices, ce dernier opus de Reckzeh est lourd et puissant avec des rythmes s'appuient sur des structures mélodiques évoluant à l’intérieur de canevas tissés de fines subtilités.
C'est avec un concert de brises enchantées irradiant dans un brouillard de particules irisées que débute ce superbe album d'Uwe Reckzeh. Tôt, des voix insoumises chantonnent dans cette fine bruine musicale d'où émerge une fabuleuse ligne de basse aux amples et juteuses oscillations. Le rythme s'installe avec une ligne de séquences dont les ions papillonnés épousent la furieuse tangente oscillatrice d'une ligne de basse qui alimente son rythme croissant avec l'arrivée de sobres percussions Teutoniques et d'une autre ligne de séquences aux touches hoquetant sous l'égide de splendides solos torsadés. Nous mettons l'oreille dans la 2ième phase de "Mirror Images" où le rythme tranquillise ses ardeurs et engraisse son approche harmonique avec des séquences qui tournoient en de courts spasmes saccadés sous les frappes plus tenaces des percussions qui harponnent une phase désarticulée qu'un synthé recouvre de ses harmonies divisées. "Mirror Images" dépeint à merveille les 55 prochaines minutes d'un album renversant. Et c'est un titre très fort, tout en nuance qui s'arrime à "Waiting Steelness" et à son rythme galopant sous des avalanches de percussions et des solos ululant dans une continuité rythmique et harmonique qui rappelle indéniablement le Dream de la période Schmoelling. "Contribution" continue de nourrir “Mirror Images” de séquences hypnotiques qui s'entrechoquent délicatement sous les cliquetis symétriques de cymbales. Le rythme est hyper mélodieux. Hypnotique, il dessine ses nuances dans les coloris d'un synthé dont les lignes de voix se fondent à des harmonies qui se perdent dans de fugaces solos. Très lourd, "Most Diversion" explose dans nos oreilles avec une intro bourrée d'un drame orchestral. Les percussions d'un genre claniques ajoutent une dimension surréaliste à ce titre dont les harmonies des synthés accrochent un sourire à l'oreille. On ferme les yeux et on imagine aisément ce que Tangerine Dream aurait pu sonner si Johannes Schmoelling serait resté avec un groupe qui nourrit les inspirations d'Uwe Reckzeh. L'approche est explosive sur ce titre qui cherche constamment à sortir de son canevas rythmique.
On reste dans l'intensité avec le pesant "Imaginations" qui débute pourtant assez furtivement. Timides les lourds accords hésitent à valser avec des percussions dont les coups de sabots se perdent dans une ligne de basse aux notes qui mordent un rythme en effusion. L'ensemble forme une étrange chorégraphique rythmique à laquelle s'ajoutent de légères clés harmonisées qui tintent dans un tintamarre amadouable, alors que le synthé étend de beaux solos qui recouvrent ce rythme plus près du délire que de la poésie. Mais un rythme toujours harmonique qui respecte le schéma dessiné par le synthésiste Allemand depuis les premiers accords de la pièce-titre. Et plus on avance dans “Mirror Images” et plus on est subjugué par des structures aux rythmes et harmonies si près et pourtant si éloignés. Avec ses séquences qui peinent à tracer une figure rythmique soutenue, "Always Sunday" fini par crouler sous le poids de ses percussions alors que les ions séquencés sautillent avec obstination sur une structure rythmique dévastée par sa lourdeur. Vampirique, le synthé déploie ses solos ravageurs qui ondulent comme des spectres assoiffés de rythmes. Des rythmes de plomb qui nourrissent amplement ces solos qui semblent sortir des élucubrations d'un certain Edgar Froese. Lourd, riche et exquis! Les deux derniers titres nous amènent dans les dimensions plus exploratrices et intrigantes de “Mirror Images”. "Holding Sympathies" nous y conduit avec une guitare acoustique qui fait méditer ses notes sous un lourd manteau de brume irisée. D'étranges cloches faites d'un métissage d'accords métalliques brodent les contours d'une approche méphistophélique avant que le rythme ne déboule dans un sombre galop courroucé par des frappes de percussions soutenues et des séquences aux serpentins ardents qui ceinturent une chevauchée rythmique inondée de très beaux solos d'un noir aussi noir que les ténèbres. Et c'est cette ambiance qui se transporte jusqu'à l'intro de "Tomorrow with no Morning" et de ses souffles glauques qui respirent laborieusement sous un ciel noirci d'une nuée de battements aussi apocalyptiques qu'éclectiques. De fines séquences parviennent à y danser, circulant sans but dans un dense tapis de brume ocrée que des ondes de synthé balaient comme les regards d'un phare dans des ténèbres qui tranquillement se réveillent avec un rythme sourd. Mais trop peu trop tard, "Tomorrow with no Morning" ne respire plus que par notre souvenir d'une écoute que l'on va multiplier en remettant le compteur à la pièce-titre.
Sans l'ombre d'un doute, “Mirror Images” est une excellente surprise qui a failli passer inaperçue. C'est un puissant album avec un étonnant mariage éclectique de séquences, percussions et lignes de basse qui tissent des rythmes hallucinatoirement mélodiques. Les ambiances sont vivantes et riches, encerclant et embrassant ses rythmes dont les continuelles nuances et variances nous convainquent encore plus que les périodes post Tangerine Dream avaient toujours quelque chose à charmer. Merveilleux et hautement recommandable.

note       Publiée le vendredi 4 janvier 2013

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