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Rainbow Serpent › Voyager

  • 2006 • SynGate CD-R2109 • 1 CD

cd • 15 titres • 72:23 min

  • 1A) Past (22:28)
  • 2Overture 3:30
  • 3Ritual 8:23
  • 4Return of the Dreamtime 5:22
  • 5The Gate 5:14
  • 6B) Present (22:42)
  • 7Growing from Imagination 10:09
  • 8Wind, Rain and Thunder 6:06
  • 9Remnants 4:27
  • 10C) Future (18:45)
  • 11Visualities Labored for Thousands of Years 10:20
  • 12Final: Voyager 5:52
  • 13D) Beyond (Bonus sur Syngate) (13:54)
  • 14Dreams and Darkness 3:07
  • 15Elohim 9:47

enregistrement

Composé. enregistré et mixé entre Septembre 1995 et Juin 1996. Première parution en 1996 syr Ardema Records (ARDEMA | AM965984) Beyond fut enregistré et mixé au printemps 2006 pour la 2ième réédition de Voyager sur SynGate (SynGate|CD-R2109)

line up

Gerd Wienekamp et Frank Specht (Claviers, synthés, séquenceurs, échantillonnages et effets électroniques)

remarques

Pour plus d'info sur Rainbow Serpent et Voyager, on visite le site web du groupe au http://www.rainbow-serpent.de/index.php?page=voyager

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
new berlin school et teutronica

Ah que j'ai eu de la difficulté à apprivoiser “Voyager”. Mais n'est-ce pas la qualité des œuvres intemporelles? Faut dire que j'ai tellement entendu parler de cet opus de Rainbow Serpent que mes attentes étaient très hautes. Et avec raisons! Et si vous avez entendu Sebastian im Traum de Frank Specht avant, l'apprivoisement peut s’avérer encore plus tortueux car la similitude entre les deux œuvres est trop pour en faire abstraction. Mais ne désespérez pas, car vous avez entre les mains un petit chef d'œuvre du duo Gerd Wienekamp/Frank Specht. Composé entre Septembre 1995 et Juin 1996, “Voyager” est considéré comme étant l'œuvre la plus complète de la New Berlin School des années 90. Et je dois être en accord avec cette observation. On retrouve de tout sur ce 3ième album de Rainbow Serpent; de gros élans giratoires de synthé Schulzien, une parfaite balance entre les éléments terrestres et cosmiques qui amènent des structures tribales-cosmique en perpétuel indécision, d'intenses arrangements orchestraux, des rythmes hypnotiques et rotatoires à la Software et des ambiances hallucinogènes cher aux errances électroniques des années vintages avec des synthés aussi musicaux que lyriques. Bref, un joyau musical où le plaisir croît avec l'usage et ce peu importe la dépendance qui en découle.
C'est dans l'anarchie harmonique la plus totale que débute Past. En 3:30 minutes, "Overture" fait un survol très singulier de ce qui nous attend dans ce 3ième opus de Rainbow Serpent. Un piano imbibé d'une approche nostalgique étend une délicate approche mélodieuse qui sera la genèse mélodique de “Voyager”. Cette approche ne dure que 45 secondes. Par la suite, de violents coups d'archets dessinent une course infernale contre le temps jusqu'à ce que des douces strates violonées déroulent des tapis de brumes où les étoiles et leurs scintillements sont perturbés par des tempêtes électromagnétiques. Ce paysage ambio-sphérique se glisse jusqu'aux premières secondes de "Ritual" qui flotte carrément dans l'espace. On se croirait alors dans les corridors cosmiques de Stanley Kubrick et de son 2001. Des percussions claniques animent une transe floue, tambourinant à contretemps dans une valse lunaire nourrie de violons enveloppants. Le rythme s'anime un peu après la 4ième minute, remoulant une course circulaire avec des séquences et percussions qui palpitent avec une frénésie pondérée dans des toiles de brumes. Les parallèles avec Sebastian im Traum continuent d'abonder. On se croirait dans les poèmes errants de Steve Roach avec cette fusion tribal-cosmique qui guidera la versatile faune rythmique de Past et Present. Les flûtes morphiques de "Return of the Dreamtime" (étrange coïncidence) embrassent le noyau mélodieux de “Voyager” (et de Sebastian im Traum) avec une savoureuse hypocrisie, caressant de leurs douceurs de sinueuses réverbérations qui contournent d’éparses percussions claniques. Des percussions aux frappes timides et éparses qui graduellement s'arriment à des pulsations sourdes dont les palpitations lourdes se perdent dans de suaves orchestrations pour mouler une douce transe cérébrale qui se perd encore dans cette mélodie fragmentée qui rôde tout au long de “Voyager”. Agaçant et délicieux! "The Gate" conclût cette première portion avec un rythme semi techno, semi disco. De frénétiques pulsations dressent une approche séquentielle circulaire où les palpitations indisciplinées, les tsitt-tsitt des cymbales et les percussions manuelles insistent sur le tempo clanique de Past dont la présente mélodie embrasse une originalité confondante. Superbe, "Growing from Imagination" est un pur joyau d'un croisement entre le Berlin School et le New Berlin School. Le rythme est fluide et tressé par des séquences scintillantes qui tournoient dans les courbes d'une très bonne ligne de basse. Cette spirale rythmique inversée tournoie avec une ivresse hypnotique, glanant les souffles d'un synthé lyrique qui roucoule dans les sillons vertigineux de sa turbulence. Un synthé qui libère aussi des solos torsadés et qui nous plonge dans l'univers de Klaus Schulze (Body Love). Et c'est dans cette ambiance très Schulzienne que "Wind, Rain and Thunder" atterrit dans nos oreilles. Un synthé perce l'opacité de sa nébuleuse intro, libérant des harmonies sifflées qui tournent en boucles. Les souvenirs d'une mélodie oubliée dans Past resurgissent. Elle charme de par son approche éthérée qui se perd dans les violents tourments d'un mouvement orchestral en staccato où les archets labourent un lourd rythme statique, conduisant ce titre polyphasé dans une autre tempête électromagnétique. "Remnants" termine le 2ième verset de “Voyager” avec une autre lourde approche technoïde. Les percussions y déboulent avec agilité, tonnant dans les résonnances d’une puissante pulsation hypnotique alors que la portion mélodieuse est soumise à des lignes de synthé bizarroïdes qui psalmodient un dialecte électronique dans une ambiance pesante où virevoltent accords éparpillés, nappes harmoniques et lignes fragmentés.
Future est la pierre angulaire de “Voyager” où les 45 premières minutes ont constamment titillées notre ouïe avec cette approche mélodique qui a toujours refuser d'éclore. L'intro de "Visualities Labored for Thousands of Years" est brodée dans le suspense avec des ondes de synthés qui accueillent une chute d'ondes cosmiques qui flottent autour d'autres lignes de synthé plus ondoyantes. Un accord limpide se hisse entre cet amas de lignes, amassant dans son écho un chapelet d'autres accords qui forment une séquence d'ions charmeurs sautillant dans une douce cacophonie harmonique. Et tranquillement le rythme se forge. Fluide il est harponné par une ligne de basse dont les notes lourdes courent en contre-harmonie, créant un doux paradoxe musical qui fond dans l'oreille. On est charmé par ce bazar de séquences et de notes de basse qui circulent en tout sens, créant une parfaite symbiose sphéroïdale à laquelle s'ajoute des percussions dont les éparses roulements amplifient l'ingéniosité de "Visualities Labored For Thousands of Years" qui atteindra son apogée avec le puissant rythme technoïde de "Final: Voyager". Et ça mes amis, c'est un des grands moments de la MÉ. C'est comme atteindre un violent orgasme après 1 heure de langoureux ébats sensuels. J'adore et c'est plus que génial. Et c'est là que le goût d'écouter Sebastian im Traum atteint son paroxysme. "Dreams and Darkness", un des deux titres offert en bonus sur cette réédition de SynGate, prolonge la finale très mélodramatique de "Final: Voyager" avec de puissant éléments orchestraux dont un superbe violon qui nous entraîne dans les fantaisies de "Elohim" et de son approche tribale berbère qui surdimensionne et étire une grande finale que l'on voudrait sans limite de temps. J'achète, car ça sied très bien à la genèse de “Voyager”. Superbe!
Intense, dramatique et cinématographique; les 4 chapitres de “Voyager” forment une longue fresque électronique où les univers de Gerd Wienekamp et Frank Specht s'entrechoquent dans une impressionnante vision futuriste propre à une imagination sans frontières. C'est une intense œuvre musicale qui promène l'auditeur parmi un enchevêtrement de rythmes et ambiances dont les subtiles variances orbitent autour d'un même pattern mélodique, dessinant une forme de long coït qui inéluctablement nous amène vers un superbe orgasme auditif. Superbe! Et ça donne le goût de réécouter Sebastian im Traum à tout coup, fusionnant ainsi deux superbes odyssées qui ne forment qu'un.

note       Publiée le vendredi 14 décembre 2012

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