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Infiniti › The Infiniti Collection

  • 1996 - Tresor, Tresor 48 (1 cd)

cd | 10 titres | 65:37 min

  • 1 Impulse [05:56]
  • 2 Sunlight [07:11]
  • 3 Flash Flood [08:07]
  • 4 Moon Beam [07:40]
  • 5 Raindrops [05:09]
  • 6 Game One [05:42]
  • 7 I-94 [04:32]
  • 8 Harddrive [06:02]
  • 9 Martians At Work [05:28]
  • 10 Think Quick [09:50]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré quelque part à Detroit ou Berlin par Juan Atkins entre 1991 et 1996. (6) Produit par Juan Atkins & Orlando Voorn. (10) mixé par Moritz Von Oswald

chronique

Styles
techno
Styles personnels
techno de detroit onirique

Si Model 500 est la face groovy et dancefloor de la techno de Detroit façonnée par Juan Atkins, le Godfather lui-même, une sorte de P-Funk actualisé aux sonorités futuristes des synthés et boites à rythme des 80's, Infiniti dévoile un paysage plus cérébral et tourmenté, plus enclin aux longues séances d'hypnoses, aux plongeons en soi dans des recoins cachés de la psyché. Une musique à écouter au casque dans la pénombre plutôt que sous les stroboscopes de clubs épileptiques ? Pas forcément, car Atkins continue de produire de la pure techno, secouée de partout, assaillie de beats en cascade, du son qui produit du mouvement, pas de l'ambient en flottement incertain. De la techno plus en creux, mais de la techno pure et dure malgré tout, qui vient travailler au corps alors que les premiers bombardements ont déjà eu lieu. Model 500 c'est la frappe aérienne qui nettoie le terrain, Infiniti, ce sont les unités terrestres d'élites, chirurgicales, qui s'insinuent dans tous les coins non sans la même efficacité terrifiante, mais en déployant des stratégies d'assaut beaucoup plus subtiles. Des prototypes formés pour atteindre leur cible, des armes neurologiques de plaisir jusque-là disséminées sur différents label berlinois, londoniens, new-yorkais et bien sûr aussi de Detroit, enfin regroupés en escouade. Du groove il y en aura toujours ici ou là, comme dans ce "Sunlight" magnifique portant bien son nom, effleurant d'un doigt de fée délicat les clubbeurs pour les élever tout doucement au dessus de la piste, ou ce "Game One" en saccades multicouches de synthés vibrionnants qui s'entortillent. Fourmillement de notes aigrelettes et cristallines sur rythmique un peu plus frénétique, techno d'igloo scintillant, "Flash Flood"; ambiance de club sur objet stellaire satellitaire, petit matin lunaire, "Moon Beam" tout en ondulations sensuelles et pulsations cardiaques au repos; goutelettes synthétiques qui glitch et bleep imprimant une cadence sur laquelle se superposent des couches de beats miniatures mais inaltérables, transe aquatique dans un bocal gelé, "Raindrops". Des surfaces, des textures, des souffles de toutes sortes émergent du coeur des machines de Juan Atkins, tournant le dos à ses vieilles recettes, le parrain ne reste pas engoncé dans son passé de précurseur. Les rythmiques emberlificotées se complexifient, la gamme s'enrichie de sonorités toujours plus alambiquées, au sens premier du terme, un morceau comme "I-94" ne dévoile pas de suite toutes ses qualités, c'est de la techno longue en bouche, qui se déguste à petites gorgées, qui se décrypte petit à petit au fil des nuits, une sorte de sortilège un peu dissonant, propulsive avant tout mais traversée de petites ritournelles charmeuses. "Harddrive" fait monter la cocotte-minute, façon slow-burn, crescendo en vrille parfait quand la soirée est déjà bien avancée, les esprits déjà bien égarés dans des mondes parallèles, et en compagnon de voyage pour des explorations embrumées, "Martians At Work" se développe sur des beats en déroutante arythmie, les extra-terrestres préparent des cocktails singuliers aux effets secondaires qui envasent les synapses. Les sens méchamment détournés par cette opulence de vibrations aliens pourront se laisser bercer jusqu'à ce que perte de conscience s'en suive sur "Think Quick", délicieux faisceau cosmique irradiant à se prendre de plein fouet pour digérer sa nuit de fête, faire l'amour en gardant les yeux fermés ou se perdre dans les brumes de la voix lactée. De la pure techno ciselée qui fait danser jusqu'aux neurones, caresse l'épiderme et se fond dans le subconscient.

note       Publiée le mardi 13 novembre 2012

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dariev stands › mardi 13 novembre 2012 - 16:54  message privé !
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... ça, en revanche, c'est terrible... techno pure, minimale et no bullshit. Maurizio, qui mixe cet album, a su s'en inspirer pour Basic Channel & co... (Atkins était alors à Berlin pour récolter la gloire, comme Jeff Mills et autres pionniers de Detroit)