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Model 500 › Classics

  • 1993 • R&S RS931RM • 1 CD

cd • 9 titres • 56:59 min

  • 1No UFO's (Remix)07:00
  • 2The Chase (Smooth mix)05:44
  • 3Off To Battle (Remix)06:07
  • 4Night Drive (Time, Space, Transmat)06:06
  • 5Electric Entourage06:48
  • 6Electronic (Remix)06:02
  • 7Ocean To Ocean (Instrumental)06:44
  • 8Techno Music (M500 Version)05:37
  • 9Sound of Stereo06:51

extraits vidéo

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enregistrement

Titres enregistrés quelque part à Detroit par Juan Atkins.

remarques

chronique

Styles
techno
electro
black music
Styles personnels
séminal de detroit.

Pour sortir une compilation titrée très simplement "Classics", il faut pouvoir assumer, assurer. Et le pépère Juan Atkins, c'est un des rares qui a la légitimité pour le faire dans le milieu de la techno, on ne l'a pas surnommé le Godfather pour rien. L'histoire est connue, The Electrifying Mojo, DJ légendaire de Detroit, au son duquel se greffent les oreilles des Belleville Three, Saunderson, May et Atkins. L'expérience Cybotron avec un acolyte qui voulait coller des guitares un peu partout. Des guitares ? Et pourquoi pas une batterie tant qu'on y est ? Alors qu'on a la Roland TR 808 à disposition et d'autres joujous technologiques qui produisent déjà depuis quelques années les sonorités du futur. Juan Atkins prend le large, fonde son label Metroplex et pose les bases en forme de bombes larguées de la stratosphère. Classics, tout juste, une collection de titres incontournables, légendaires, la substantifique moëlle de la techno naissante. A peine remixés, Atkins a tout juste peaufiné certaines de ses oeuvres sans trahir l'esprit originel ni passer de coup de polish, le son reste profondément old-school, ça respire le milieu des années quatre-vingt. "No UFO", 1985, le titre emblématique par excellence : la techno, c'est du funk les enfants. Du P-funk joué par les Transformers sur Cybertron. Les lignes de production des usines désaffectées de Motor City qui débloquent à force de chômage technique, qui se mettent à muter en une étrange armée de danseurs aux lignes angulaires, aux mouvements saccadés évoquant une sexualité mécanique mais encore bien débridée, comme rendus fous par un rayon venu d'une autre galaxie. Une cérémonie tribale autour du grand ordinateur. Tout est sous contrôle, tout est programmé, les lignes de basses, les percussions électroniques, les patterns mélodiques, les boucles rythmiques, reste juste à broder des éclats cosmiques sur les synthés. Model 500, c'est l'artisanat du futur à votre portée, c'est la révolution technologique sur le dancefloor. A peine quelque voix vocodérisées, héritage du funk filtré dans des circuits imprimés made in Europe, ou made in Japan, ou trainantes en écho pour accompagner les dérives nocturnes le long des autoroutes bordant l'industrieuse en péril, "Night Drive (Time, Space, Transmat)", dernière station avant le néant, décollage vers les étoiles grâce à des ritournelles cybernétiques, boostées par des lignes de basses abrutissantes à force d'insistance forcenée. Carbonisation des boites de nuit par des transes sans fin, groove en anneau de Moebius, "Electronic", sonorités profondes et graves qui sous-tendent une inquiétude latente derrière l'oubli de soi en fin de soirée, "Off To Battle", voir même une mélancolie rêveuse qui fera les grandes heures de la house de Chicago "Ocean to Ocean" et ses volutes analogiques enivrantes. Il y a déjà tout dans ces premiers titres de Juan Atkins, toute l'électro de l'époque et celle à venir, tout ce qui fait remuer les culs depuis toujours, l'âme de sa techno est intemporelle, son futurisme déborde de chaleur humaine, "The Chase" illumine de toute part les friches industrielles à coup de mélodies suaves et élégiaques rebondissantes sur sa rythmique robotico-funky éminemment contagieuse. C'est R2-D2 qui scatte sur "Techno Music", souple dans ses boulons, c'est du transistor sexy en guise de claviériste qui se tape du solo, ça module du fion et ça racole de la diode multicolore. Son afro-beat à lui, Atkins, il vient des clubs ultra-modernes aux résonances de new-wave synthétique, "Sound of Stereo" au downtempo hypnotique, métallique et hachuré, strié de cordes artificielles, carnaval de paillettes grises en limaille d'acier, aux couleurs luisantes comme une flaque d'huile. Electro, techno, house, tout est dedans. C'est la base, et contrairement à ce que pensent les ignorants, il y a un esprit dans la machine, un esprit pour faire bouger les corps et voyager les âmes.

note       Publiée le lundi 12 novembre 2012

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GinSoakedBoy › dimanche 13 avril 2014 - 00:16  message privé !

Maintenant que la formation s'est élargie à quatre machine men au teint sombre et regard sévère (dont Mike Banks), "kraftwerk afro-américain" leur colle plutôt bien comme qualitatif ouais.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › vendredi 11 avril 2014 - 20:44  message privé !

C'est vraiment du kraftwerk sous EPO par moments (ah ces ricains toujours l'air de prendre le meilleur de l'europe et de muscler un peu la bête). Mais no Ufos est vraiment une grosse piste

Note donnée au disque :       
zappymax › jeudi 3 janvier 2013 - 14:11  message privé !

Merci à Guts, sans qui rien de tout ça n'aurait été possible ; quel pied, quel pied, quel pied. Un groove de Detroit identifiable depuis la Lune, avec un côté, un côté, mais ?? Mais oui, un côté kawai. Rien qui taquine le japonais qui veille en toi, derrière les tympans ? Mais si ! Ces arrangements clairs et multicolores, posés en équilibre/déséquilibre sur une pulsion tellurique impossible à contrer. Un pont entre la Motor City et l'archipel du Soleil Levant. Merci Guts, et merci Juan, le plus japonais des afro-américains de mon coeur, sur ce coup-là. Je mets 15 boules sur 6.

dariev stands › mardi 13 novembre 2012 - 16:51  message privé !
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la bonne vieille base... transition entre l'electro-funk de cybotron et la techno (parfois housey, et pas pr le meilleur) de la suite...

Raven › lundi 12 novembre 2012 - 20:42  message privé !
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Le seul truc que j'aie d'Atkins... bien sympa en effet

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